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| 24/11/2006 | |||
| Questions internationales (2) Des chrétiens attachés à leur terre | |||
| (MFI) Malgré les difficultés croissantes qu’ils rencontrent, les chrétiens d’Orient s’estiment souvent bien intégrés dans leur pays. L’étendue de leurs actions caritatives et leur engagement politique en témoignent. Tous se revendiquent autant arabes que chrétiens. | |||
| Les chrétiens d’Orient ont profondément conscience d’être les héritiers de l’Eglise syriaque d’Antioche où ont été formées, au premier siècle, les premières communautés chrétiennes du monde. Aujourd’hui, quelle que soit celle, parmi la soixantaine d’Eglises existantes, à laquelle ils appartiennent, ils se revendiquent aussi arabes et attachés à leur pays que leurs concitoyens musulmans. C’est pourquoi les discriminations dont ils sont l’objet, les accusations d’être des « croisés » leur sont insupportables. Nombre d’entre eux ont joué un rôle politique important, que ce soit dans l’Egypte d’avant Nasser, l’émergence du mouvement palestinien après 1948, la création de partis panarabes comme le Baas, sans compter l’influence des maronites au Liban. Chrétiens et nationalistes arabes Aujourd’hui encore, les chrétiens collent au nationalisme arabo-musulman. Ainsi le pape copte Chenouda III a interdit à ses fidèles de se rendre à Jérusalem « tant que tous les musulmans et tous les Arabes ne pourront pas y aller ». Mgr Michel Sabbah, le patriarche latin de Jérusalem – et premier Palestinien à occuper ce poste –, dénonce régulièrement l’occupation israélienne et la construction du mur de sécurité. Mgr Sabbah critique aussi sévèrement « ceux qui veulent faire croire que les relations sont mauvaises entre musulmans et chrétiens. Le problème vient d’une poignée d’islamistes, peut-être pas suffisamment dénoncés en effet. Nous souffrons d’un manque de solidarité, mais les fondamentalistes font peur à tout le monde ». Le père Constantin Karmash, archiprêtre grec-orthodoxe d’Amman, a multiplié les prêches tonitruants contre la guerre en Irak. En Irak précisément, le grand ayatollah Ali Sistani a dénoncé les attentats contre les églises et appelé les chrétiens à participer au jeu politique. Pas moins de huit partis chrétiens se sont présentés aux élections législatives. Mais en pratique, les chaldéens ont été empêchés de voter. Au Liban enfin, le Comité du dialogue islamo-chrétien a rendu hommage à la « résistance du Hezbollah » lors du conflit contre Israël, en juillet dernier. Un avis que ne partageaient certes pas tous les maronites. Ces gages de fidélité à leur pays ne suffisent cependant pas toujours. On l’a vu : les discriminations et les violences restent nombreuses. Le silence des Eglises occidentales Les chrétiens d’Orient sont également intégrés dans leur pays par l’étendue de leurs actions caritatives. Ils dirigent beaucoup d’écoles, d’orphelinats, de dispensaires, de léproseries, de centres sociaux… Des institutions qui accueillent avant tout des musulmans. Comme tout culte minoritaire, ils vivent leur foi avec une intensité particulière. Comme l’expliquait au Monde un prêtre chaldéen de Téhéran : « Je suis optimiste pour l’avenir. Même si nous sommes peu nombreux, notre communauté est active, dynamique, solidaire. Nous accueillons régulièrement de nouveaux chrétiens dans ce que nous appelons les Eglises du silence, c’est-à-dire que, pour ne pas être accusés de prosélytisme, nous prions dans des appartements, des arrières-boutiques. Tant que nous sommes discrets, les autorités nous laissent en paix. En fait, nous souffrons autant des discriminations et des violences des fondamentalistes que de l’indifférence des Eglises occidentales. » Jean Piel Combien sont-ils ? Où vivent-ils ? (MFI) On estime à environ 10 millions les chrétiens d’Orient sur 150 millions d’habitants dans la région. Certaines communautés sont désormais plus importantes à l’étranger que dans leur pays d’origine. C’est le cas des Assyriens, qui sont 250 000 aux Etats-Unis et en Europe, mais seulement 30 000 en Irak où ce culte est pourtant né il y a mille cinq cents ans. Turquie : 80 000 chrétiens, soit 0,1 % de la population ; 50 000 d’entre eux suivent le rite arménien et 15 000 le rite syriaque. Les autres sont orthodoxes, protestants ou catholiques romains. Liban : 1,5 million de chrétiens, soit 37 % de la population ; 800 000 sont des catholiques maronites, 200 000 des grecs-orthodoxes et 150 000 des melkites. Egypte : 7 millions de chrétiens, soit 10 % de la population. Six millions sont des coptes orthodoxes, 200 000 des coptes catholiques et 100 000 des coptes évangéliques. Syrie : 800 000 chrétiens, soit 4,2 % de la population. La moitié suit le rite grec-orthodoxe, 200 000 le rite melkite et 100 000 le rite arménien-grégorien. Irak : 650 000 chrétiens, soit 3 % de la population ; 350 000 suivent le rite chaldéen, 35 000 le rite arménien et 30 000 le rite assyrien. Jordanie : 120 000 chrétiens, soit 2 % de la population. Le tiers suit le rite syriaque, 25 000 sont des catholiques romains. Iran : 180 000 chrétiens, soit 0,3 % de la population ; 150 000 suivent le rite arménien, 20 000 le rite chaldéen et 10 000 le rite assyrien. Israël et Palestine : 150 000 chrétiens, soit 2 % de la population ; 50 000 grecs-orthodoxes, 40 000 melkites et 35 000 catholiques romains. J. P. Source : L’œuvre d’Orient, http://www.oeuvre-orient.fr/ | |||
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