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| 26/06/2007 | |||
| Darfour: comment résoudre l’imbroglio régional ? | |||
| (MFI) La communauté internationale a décidé une fois de plus de se mobiliser pour mettre fin au conflit du Darfour dans l’ouest du Soudan et à ses répercussions politiques et humanitaires sur les pays voisins comme le Tchad et la République centrafricaine. Mais il reste encore fort à faire pour résoudre cet imbroglio régional qui implique au premier chef Khartoum mais aussi N’djamena et leurs rébellions respectives ainsi que leurs alliés africains ou étrangers au continent. | |||
| Réunis le 25 juin à Paris, à l’initiative du président français Nicolas Sarkozy et de son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, les représentants des pays du G8, de la Chine, de l’Onu, de l’Union européenne et de la Ligue arabe mais aussi d’autres partenaires ont réaffirmé leur soutien aux efforts conjoints des Nations unies et de l’Union africaine, qui elle avait décidé de ne pas faire le voyage. Ni le Soudan, ni le Tchad, ni les mouvements de rébellion du Darfour n’étaient invités à cette réunion ministérielle qui se voulait celle du groupe de contact élargi sur le Darfour. Les Etats-Unis, les Pays-Bas, le Canada, la Norvège, l’Allemagne au titre de la présidence de l’Union européenne, l’Italie, la Suède, le Danemark, le Portugal, la Grande-Bretagne, la Chine, la Russie, le Japon, l’Egypte et l’Espagne se sont ainsi retrouvés aux côtés des dirigeants français et du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et du Commissaire européen au développement Louis Michel. « Il faut agir vite », a souligné Nicolas Sarkozy en recevant les participants au Palais de l’Elysée, soulignant que cela fait des années que les gens (de la région) souffrent. Les participants ont examiné rapidement les moyens de relancer le processus politique, la situation humanitaire et sécuritaire au Darfour, la reconstruction et le développement des zones affectées par la crise et ses répercussions régionales. « Il ne s’agit pas pour nous de vouloir régler les choses à la place des Africains. L’Afrique est d’abord le problème des Africains. Ce que nous voulons, c’est les aider à prendre des décisions et, par-dessus tout, à les mettre en œuvre », a tenu à souligner le président Sarkozy qui a annoncé que la France était prête à fournir 10 millions d’euros à la force africaine au Darfour (MUAS), car on ne pouvait pas reprocher « à ces malheureux soldats africains de ne pas faire leur travail s’ils ne sont pas payés ». Des contacts hebdomadaires entre tous les participants jusqu’en septembre Les Français, comme la plupart des autres participants, se sont voulus « fermes » à l’égard non seulement des autorités de Khartoum qui ont fini par accepter le principe d’une « force hybride » Onu/Union africaine mais aussi de tous les belligérants qui refuseraient de rejoindre la table de négociations. « Le Soudan doit savoir que, s’il coopère, nous l’aiderons puissamment et que s’il refuse de coopérer, il faudra être ferme », a affirmé le président français rejoignant ainsi la position dure de la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, présente à ses côtés et qui ne veut pas abandonner l’arme des sanctions, avant de voir des actes sur le terrain. L’aide aux populations déplacées au Tchad et en Centrafrique a aussi été au menu des discussions. La France a déjà établi un pont aérien pour soutenir les opérations humanitaires au sud-est du Tchad et a engagé une réflexion avec tous ses partenaires sur les moyens d’assurer la protection des camps au Tchad. La France, avec pour le moment certains pays européens, va proposer une force de sécurisation qui pourra aussi reconstruire ou permettre la reconstruction, ce qui suppose qu’elle soit financée notamment par la Commission européenne déjà très généreuse. « Il n’est pas possible qu’on abandonne 200 000 personnes qui ne peuvent pas rentrer chez elles, d’abord parce que leur maison a été brûlée et détruite, ensuite parce que l’insécurité continue de régner, a souligné Bernard Kouchner. Il y aura, avec l’accord des Nations unies, des gendarmes et des policiers qui seront sous casque bleu. » Il a aussi annoncé qu’il irait rendre compte au commissaire africain Alpha Oumar Konaré de ce qui s’est passé à Paris et qu’il lui demanderait s’il veut participer à la prochaine réunion qui se tiendra en septembre avec la même formation, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. « Nous devons rester fidèles à nos promesses, et entre temps il y aura des contacts hebdomadaires entre tous les participants », a précisé le ministre français. Le processus politique, indispensable De son côté, le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon a souligné les progrès accomplis dans la mise en place de l’opération conjointe Onu/Union africaine et a estimé « qu’un élan supplémentaire avait été donné » et que la réunion avait permis de confirmer les mesures concrètes que devraient prendre les principaux partenaires pour mettre fin aux souffrances aux populations du Darfour. L’Onu affirme maintenir ses efforts sur quatre domaines : le processus politique, le maintien de la paix, l’assistance humanitaire ainsi que la reconstruction et le développement, maître-mot invoqué par les représentants de la Chine. Pékin a dans le passé menacé d’utiliser son droit de veto au Conseil de sécurité de l’Onu si des sanctions trop dures étaient appliquées contre le Soudan, un des ses importants partenaires pétroliers en Afrique. Mais la Chine a depuis voulu rejoindre le concert des autres nations et montrer qu’elle était aussi soucieuse du retour de la paix dans la région. Ban Ki-moon a indiqué que les envoyés spéciaux de l’Onu et de l’Union africaine, respectivement Jan Eliasson et Salim Ahmed Salim, espéraient parvenir à relancer les pourparlers de paix d’ici septembre. Le Soudan a fini par accepter le déploiement d’une force hybride Onu/UA au Darfour et a réaffirmé son accord concernant la supervision des structures de commandement et de contrôle de la force par les Nations unies. L’Onu et l’UA prévoient le déploiement de 19 000 à 20 000 soldats, 3 700 policiers et 19 unités de police pour répondre aux besoins sur le terrain dans la province occidentale du Darfour, où le conflit a fait depuis 2003 plus de 200 000 victimes et entraîné le déplacement de 2,5 millions de personnes, à l’intérieur du Soudan et dans les pays voisins, en particulier au Tchad. La Mission de l’Union africaine au Soudan (MUAS), forte de 7 000 hommes et déployée au Darfour depuis 2004, s’est révélée incapable de protéger les populations civiles de la région. | |||
| Marie Joannidis | |||
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