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| 31/10/2007 | |||
| Une ville trois fois sainte | |||
| (MFI) Jérusalem est le berceau des trois religions monothéistes. Une importance confessionnelle qui explique pour partie la crispation politique autour de son contrôle. | |||
| Aucune autre ville au monde n’est aussi sacrée que Jérusalem. Celle-ci abrite en effet les Lieux saints des trois principales religions monothéistes : judaïsme, christianisme et islam. Pour les Juifs, Jérusalem est sacrée car elle est considérée à la fois comme la capitale du roi David et un lieu de pèlerinage biblique des patriarches hébreux. La ville abrite en outre le seul vestige du second Temple, détruit par Titus en 70, ce qu’on appelle Kotel en hébreu ou le Mur des Lamentations. Jérusalem entretient également le sentiment national israélien puisqu’elle symbolise le retour du peuple juif dispersé ; d’où la phrase rituelle, l’année prochaine à Jérusalem, qui conclut la prière de Pessah, la Pâque juive. Pour les chrétiens, Jérusalem est associée à la naissance du Christ (à Bethléem), à sa vie (à Nazareth) et à sa crucifixion au mont du Golgotha. Le chemin de Croix est marqué par neuf stations, d’est en ouest de la Vieille ville, et par cinq autres à l’intérieur du Saint-Sépulcre, tombeau provisoire du Christ après sa mort. C’est là aussi où il ressuscita. Ce lien entre le christianisme et Jérusalem fût en outre entretenu par les Croisades en Terre Sainte au Moyen-Age. Egalement ville de la Vierge Marie, Jérusalem est l’un des patriarcats historiques avec Antioche, Rome, Alexandrie et Constantinople. Quant aux musulmans, ils considèrent Jérusalem comme le troisième Lieu saint de l’islam après La Mecque et Médine, en Arabie Saoudite. C’est en effet de l’Esplanade des Mosquées que Mahomet aurait accompli le « voyage nocturne » rapporté dans le Coran et qu’il serait monté aux cieux. Jérusalem doit aussi son importance dans l’islam à son rôle dans l’Apocalypse ; c’est en effet là que se réuniront les musulmans quand surviendra la Fin des Temps, au jour du Jugement Dernier. D’aspirations religieuses en revendications politiques La quête de légitimité religieuse et politique de chacune des confessions entraîne des débats d’ordre archéologique et sémantique. Les Juifs appellent Mont du Temple ce que les musulmans nomment Esplanade des Mosquées. En effet, pour ne rien simplifier, le Mur des Lamentations est adossé à cette Esplanade, et plus particulièrement à la mosquée Al-Aqsa. Chacun accuse l’autre de mener des travaux et des fouilles, certes pour affirmer sa légitimité historique sur Jérusalem, mais aussi pour détruire les preuves du bien-fondé des revendications de l’autre. Religion et politique sont donc étroitement – et dangereusement –mêlées. Ainsi, une aspiration religieuse, le retour à Sion – le retour du peuple juif exilé – est devenu une revendication politique sur Jérusalem. L’extrême sensibilité à l’égard des Lieux saints s’est vérifiée à deux reprises au moins : en 1996, l’ouverture d’un tunnel archéologique par Israël sous l’Esplanade des Mosquées a entraîné des affrontements entre Israéliens et Palestiniens qui ont fait 76 morts. Quant à la deuxième intifada, elle a éclaté en 2000 après la visite d’Ariel Sharon, alors chef du Likoud, à l’Esplanade des Mosquées. | |||
| Jean Piel | |||
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