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| 04/12/2007 | |||
| Questions internationales (2) Christophe Blocher, l’homme qui a fait triompher l’UDC | |||
| (MFI) Le milliardaire zurichois Christoph Blocher a transformé un petit parti rural en la première formation politique suisse. Un travail de quinze ans qui repose sur deux piliers : l’ultra libéralisme et la défense de l’identité helvétique. | |||
| A 67 ans, Christoph Blocher ressemble moins à un leader d’extrême droite qu’à un paisible employé de bureau, avec ses cheveux clairsemés, ses grosses lunettes et son confortable embonpoint. Mais dès qu’il prononce un discours, l’homme se transforme en un redoutable tribun malgré son lourd accent, sachant jouer sur la fibre nationaliste de ses auditeurs, défendant le « bon sens populaire » et les valeurs traditionnelles, faisant de chacun la victime d’une soi-disant immigration incontrôlée. C’est le roi de l’improvisation tonitruante, le pourfendeur du système politique suisse basé sur le consensus. Islamophobie et haine de l’Europe Né dans une famille de onze enfants de la région de Zurich, ce fils de pasteur protestant ne cache pas son aversion pour l’islam – il est opposé à la construction de mosquées – et pour l’Union européenne. Son ascension politique a d’ailleurs commencé après la victoire du Non lors de la votation (le référendum) sur l’adhésion de la Suisse à l’Espace économique européen, en 1992. Il était le seul leader politique opposé à cette adhésion. Sans lui, Berne ferait probablement partie aujourd’hui de l’UE. Il est également opposé à ce que la Suisse rejoigne l’Otan. « A titre personnel, Christoph Blocher n’est probablement pas raciste. Il n’a jamais tenu de propos ambigus sur la période nazie ou sur les juifs, contrairement à Jean-Marie Le Pen. Mais il encourage ce repli identitaire de la Confédération, et a trouvé là un créneau qui séduit les électeurs », estime Pascal Sciarini, directeur du département de sciences politiques à l’université de Genève. « Il aussi une soif inextinguible de pouvoir et aime à se présenter comme le sauveur messianique de la Suisse, quitte à inventer les problèmes dont souffrirait le pays. Sa technique est la désignation paranoïaque d’ennemis intérieurs (les immigrés) et extérieurs (l’Europe), et le dénigrement systématique des institutions », ajoute François Chérix, élu socialiste et auteur de Blocher, ou le mépris des lois. Libéral, mais protectionniste Après avoir fait des études d’agriculture à la fureur de son père, Christoph Blocher – colonel de réserve dans l’armée suisse – a rejoint la faculté de droit où il a obtenu un doctorat en 1971. Il est devenu milliardaire en rachetant une entreprise chimique en difficulté, et en la redressant. Il en a aujourd’hui confié la gestion à sa fille. Au plan économique, il défend un credo ultra-libéral et anti-étatique. Une odeur de soufre entoure ce collectionneur de tableaux qui se dit « anti-establishment », mais dont le carnet d’adresses vaut de l’or. On lui a prêté des sympathies avec le régime de l’apartheid en Afrique du Sud. Aujourd’hui, il est soupçonné d’avoir fomenté un complot contre un procureur pour protéger un ami banquier. Lui s’amuse de ces accusations qu’il dénonce comme « voulant affaiblir le seul homme politique qui dit la vérité et protège les intérêts des Suisses honnêtes et patriotes ». Ses adversaires politiques notent que, au-delà des mots, son action à la tête du ministère de la Justice et de la police depuis 2003 n’a guère été couronnée de succès. Ils s’interrogent aussi sur l’adéquation à notre époque de ses idées sociétales (hostilité au travail des femmes, aux échanges inter-culturels…). Enfin, ils pointent la contradiction entre ses idées protectionnistes et sa fortune faite grâce à une entreprise multinationale. | |||
| Jean Piel | |||
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