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| 19/02/2008 | |||
| IVe Conférence des ministres francophones de la Justice Déclaration de Paris : la Justice, bouclier contre les impasses de la mondialisation | |||
| (MFI) La Déclaration de Paris, adoptée par la Conférence des ministres francophones de la Justice – organisée conjointement par l’OIF et la France les 13 et 14 février 2008 à Paris, établit une feuille de route concrète pour l’action de la Francophonie en faveur de l’État de droit et d’une justice indépendante et de qualité, facteur d’attractivité économique et de réduction de la pauvreté. | |||
| C’est à l’unanimité que la Conférence des ministres francophones de la Justice, clôturée le 14 février 2008 à Paris par Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie et Rachida Dati, Garde des Sceaux, ministre de la Justice de la République française, a adopté la Déclaration de Paris, nouvelle feuille de route pour les actions de la Francophonie dans le domaine de la Justice et de l’État de droit. Les ministres de la Justice des États membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) s’y engagent à renforcer davantage l’organisation et l’administration d’une justice indépendante et de qualité, à même de contribuer à prévenir la fragilisation de l’État et à constituer un facteur de développement. Pour Abdou Diouf, la Déclaration de Paris cerne précisément la conception de la Francophonie d’une « justice indépendante, accessible et de qualité, qui inspire confiance et qui s’impose comme la colonne vertébrale de l’État de droit et de la démocratie, comme un moteur du développement. Et, a-t-il ajouté, comme un bouclier qui doit protéger nos pays et nos peuples des effets pervers et des impasses de la mondialisation. » « La Francophonie n’est pas une communauté virtuelle, mais une communauté d’action » Pour Rachida Dati, cette Déclaration, qui émane des ministres de la Justice de 55 Etats*, c’est-à-dire des représentants de plus d’un tiers des états de la planète, « est le signe d’une Francophonie bien vivante ; elle ne se contente pas d’émettre des résolutions de circonstances : elle annonce des coopérations et des mesures concrètes. Elle montre que la Francophonie n’est pas une communauté virtuelle, mais une communauté d’action », a souligné le Garde des Sceaux. La Déclaration de Paris constitue une avancée significative. Selon la ministre, les nouvelles perspectives ouvertes par la Déclaration tiennent en trois engagements : « L’engagement d’œuvrer pour une justice indépendante et de qualité, enjeu essentiel et constant dans chaque démocratie. Celui de contribuer à prévenir la fragilisation de l’Etat ou à préparer les sorties de crises : la Francophonie a un rôle essentiel à jouer à cette occasion, notamment par le biais de partenariats renforcés. Celui, enfin, de rendre le droit économiquement attractif dans les pays de la Francophonie. » La Déclaration préconise notamment la constitution d’une banque d’experts spécialisés dans différents secteurs de la Justice (droit constitutionnel, droit public, droit pénal). Ces experts pourraient être rapidement mobilisés dans le cadre d’actions conduites par l’OIF. Ces équipes pourraient notamment apporter un soutien aux Etats engagés dans la lutte contre la corruption, qui ruine les fondements de la démocratie. Dans le même esprit, la Déclaration de Paris invite les Etats-membres non-signataires de la Convention des Nations-Unis contre la corruption, dite « Convention de Mérida » (2003), qui constitue le premier outil universel et global de lutte contre la corruption, ou ceux qui ne l’ont pas encore ratifiée, à le faire. Les experts nationaux de certains membres peuvent d’ailleurs conseiller d’autres membres dans l’application, complexe, de cette convention. Enfin, et puisqu’il est désormais admis que le droit est un instrument de lutte contre la précarité et la pauvreté, la Francophonie peut aider les Etats-membres à rendre leur système juridique plus performant. Cela peut par exemple prendre la forme d’une aide pour mettre sur pied une législation permettant les microcrédits ou la création de micro-entreprises : autant de mesures qui permettent de libérer les énergies et les initiatives. « Depuis 2005, a encore souligné Rachida Dati, la France conduit un programme international de recherche sur l’attractivité économique du droit. Ce travail démontre que le droit écrit n’est pas un frein au développement. Il n’y a pas un droit de la croissance et un droit de la stagnation économique. Chaque droit peut être un facteur de développement. » A chaque Etat de se saisir des propositions francophones. * L’OIF compte 68 États membres et observateurs. Les moyens d’action (MFI) La Déclaration de Paris recommande cinq grands moyens d’action concrets dont la mise en œuvre est confiée à l’OIF : · la formation initiale et continue des professionnels de la justice ; · l’intensification de la diffusion du droit et de la circulation de l’information juridique par l’informatisation ; · la valorisation de l’expertise francophone et la coopération sud-sud ; · le renforcement des partenariats avec les autres acteurs internationaux et les réseaux ; · l’observation et l’évaluation permanentes des pratiques de la démocratie, des droits et des libertés et de la coopération dans l’espace francophone. | |||
| Ariane Poissonnier | |||
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