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| 01/04/2008 | |||
| Union africaine: les défis de Jean Ping | |||
| (MFI) Le Gabonais Jean Ping, nouveau président de la Commission africaine, prend ses fonctions en ce début du mois d’avril 2008. Il devra faire face à de nombreux défis politiques et économiques, comme le règlement des conflits au Darfour ou en Somalie et le développement d’un continent qui cherche à renforcer sa place dans un monde interdépendant et concurrentiel. | |||
| Cet homme discret et affable de 65 ans, au teint basané et aux yeux légèrement bridés – un métissage dû à ses origines gabonaises et chinoises –, diplomate chevronné et économiste distingué, n’a certes pas la flamboyance de son prédécesseur, l’ancien président malien Alpha Oumar Konaré. Mais il sait faire preuve de fermeté et de ténacité, ainsi qu’il l’a déjà montré lorsqu’il a présidé l’Assemblée générale des Nations unies en 2005, souligne l’un de ses collaborateurs de l’époque, qui parle d’« une main de fer dans un gant de velours ». Ainsi, au cours d’une réunion sur le financement du développement, Jean Ping avait mis l’accent sur la nécessité de renforcer le secteur privé en Afrique, de conclure les négociations du cycle de développement lancé par l’OMC en 2001 à Doha, sur le besoin d’augmenter l’aide publique au développement (APD) ou encore l’importance de tenir compte du surendettement des pays à revenu faible et intermédiaire. Il avait aussi exprimé la préoccupation des pays pauvres quant au retard dans la mise en œuvre des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et invité les pays développés à faire des efforts concrets pour établir des calendriers précis afin d’atteindre l’objectif de 0,7°% du PNB pour l’APD. Il a aussi demandé, à de nombreuses reprises, l’appui de la communauté internationale pour aider les Africains à trouver des solutions à leurs conflits. Tous ces thèmes restent d’actualité au moment de sa prise de fonctions à l’Union africaine ; il y aura fort à faire pour mobiliser les pays membres et donner un nouveau souffle à la Commission africaine comme a tenté de le faire, avec plus ou moins de succès, Konaré. Une vaste palette de contacts africains et internationaux Jean Ping, né le 24 novembre 1942 à Omboué, au Gabon, a une longue expérience aussi bien de la vie politique dans son pays que des négociations internationales à tous les niveaux. Il a plusieurs fois représenté le Gabon à des conférences internationales : Unesco, Mouvement des pays non alignés, Organisation de la Conférence islamique (OCI), Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), Banque mondiale, Forum Chine/Afrique, Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad) ou Conférences Etats-Unis/ Afrique organisées dans le cadre de la loi en faveur de la croissance de l’Afrique et son accès aux marchés (Agoa). Sans oublier, bien sûr, les réunions panafricaines. Il a aussi contribué aux nombreuses médiations entreprises par le président Omar Bongo Ondimba, en vue de ramener la paix et la stabilité en Afrique centrale : République du Congo, Tchad, République centrafricaine et Sao Tomé et Principe. Titulaire d’un doctorat d’État en sciences économiques de l’Université de Paris I / Panthéon-Sorbonne, il a occupé les fonctions de ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la coopération et de la francophonie du 25 janvier 1999 au 6 février 2008, poste qu’il a quitté après son élection le 1er février à la tête de la Commission africaine au premier tour de scrutin. Jean Ping a également été ministre des Mines, entre autres fonctions ministérielles, et a même présidé l’Opep. Il a d’ailleurs publié, en 2002, chez l’Harmattan, un livre intitulé Mondialisation, paix, démocratie et développement en Afrique : l’expérience gabonaise, préfacé par l’ancien chef de la diplomatie française Hubert Védrine. Jean Ping analyse dans cet ouvrage les liens entre paix, développement et démocratie. S’il refuse la « diabolisation » systématique de la classe politique africaine, il en souligne les contradictions voire les errements. Jean Ping s’interroge : pourquoi ? Comment ? Selon lui, la réponse se trouve dans les rapports entre les hommes et leur sens du dialogue, dans les institutions et leur stabilité, dans le partage des valeurs. Elevé au grade de Grand Officier de la Légion d’honneur par l’ambassadeur de France au Gabon, au nom du président Jacques Chirac, il sait se montrer ferme avec Paris, quand l’ancienne puissance coloniale a expulsé deux étudiants gabonais dont les permis de séjour avaient expiré, réclamant la réciprocité pour des Français vivant au Gabon « en situation irrégulière ». Cet incident entre les deux pays a été vite réglé et les accords récemment signés en matière d’immigration et de co-développement doivent entrer en vigueur. Jean Ping, qui s’est ainsi constitué une vaste palette de contacts africains et internationaux, mise aujourd’hui non seulement sur les occidentaux et les bailleurs de fonds traditionnels mais également sur les nouveaux partenaires du continent africain que sont les puissances émergentes comme la Chine, l’Inde et le Brésil. | |||
| Marie Joannidis | |||
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