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| 10/02/2008 | |||
| IVéme conférence des ministres francophones de la justice La justice pénale internationale, d’hier à aujourd’hui | |||
| (MFI) La Francophonie a contribué à l’évolution récente du droit international, marquée par le développement de la justice pénale internationale, à sa mesure et par un double mouvement : son engagement à consacrer les principes de la justice pénale internationale d’une part, son implication dans la consolidation institutionnelle des juridictions qui l’incarnent d’autre part. | |||
| La Francophonie manifeste un engagement significatif à consacrer les principes de la justice pénale internationale. La Déclaration de Bamako (2000), particulièrement, se réfère à la nécessité de lutter contre l’impunité. Celle-ci figure parmi les engagements pris par les Etats pour la promotion d’une culture démocratique intériorisée et le plein respect des droits de l’homme ; exigence qui prend toute sa mesure à l’endroit des Etats en conflit et en situation de sortie de crise. Cet engagement spécifique est réitéré au Sommet de Ouagadougou (2004), dont la Déclaration adoptée souligne la responsabilité de l’Etat dans la protection des droits fondamentaux de ses citoyens ; il est repris par la Déclaration de Saint-Boniface (2006). Selon les règles de la responsabilité de protéger ainsi définies, l’Etat doit veiller à ce que les violations des droits de l’homme soient dûment sanctionnées sur son territoire. La contribution de la Francophonie au développement de la justice pénale internationale se vérifie, ensuite, par sa forte implication à la consolidation institutionnelle des juridictions chargées de sanctionner le droit pénal international. A cette fin, la troisième Conférence des ministres de la Justice des pays ayant le français en partage (1995) a appelé les Etats membres « à participer activement à la poursuite des travaux relatifs à la convention instituant une cour criminelle internationale ». Par la Déclaration de Bamako, les membres de l’espace francophone se sont engagés à la ratification rapide du Statut de Rome portant création d’une Cour pénale internationale. Enfin, la Déclaration de Saint-Boniface « invite l’Organisation internationale de la Francophonie à renforcer, en tant que de besoin, son assistance aux Etats pour leur permettre d’assumer les engagements prévus par le Statut de Rome ». 29 juillet 1899 : premier pas significatif en faveur de la défense et de la mise en œuvre des « lois de l’humanité », avec l’adoption de la clause « Martens », figurant au préambule de la Convention sur les lois et les coutumes de la guerre. 28 juin 1919 : date de la signature du traité de Versailles, lequel prévoyait la mise en accusation de l’empereur allemand Guillaume II pour « offense suprême contre la morale internationale et l’autorité sacrée des traités ». 1er août 1920 : date de la signature du traité de Sèvres, dont l’une des clauses était l’extradition par la Turquie des responsables du génocide arménien. 13 février 1920 : le Conseil de la Société des Nations charge un comité de juristes de réfléchir à l’élaboration d’une cour permanente de justice internationale, compétente pour juger « les crimes contre l’ordre public international et le droit des gens universel ». 30 octobre 1943 : déclaration commune à Moscou des Etats-Unis, de l’Union Soviétique et de la Grande-Bretagne dans laquelle est affirmée leur volonté de punir les criminels de guerre après leur victoire. 8 août 1945 : le Tribunal militaire international de Nuremberg est institué pour juger les crimes de guerre et contre l’humanité commis par les Nazis. 19 janvier 1946 : le Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient est créé à Tokyo pour juger les responsables de la Guerre du Pacifique. 21 novembre 1947 : une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies charge la Commission du droit international (CDI) d’élaborer un code des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité. 9 décembre 1948 : la CDI de l’Onu se voit confier la mission de préparer un projet de Cour pénale internationale. 9 décembre 1948 : Déclaration universelle des Droits de l’Homme, et Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, qui prévoit la création d’une Cour criminelle. 14 août 1949 : Conventions de Genève sur le droit humanitaire, instaurant un système de protection des non combattants. 12 décembre 1950 : l’Assemblée générale confie à une commission d’experts la préparation d’un avant-projet de statut de la Cour, qui serait chargée de juger, mais sans compétence obligatoire, les individus ayant perpétré des « crimes de droit international ». 14 décembre 1954 : le contexte de Guerre Froide empêche la définition consensuelle du crime d’agression, la discussion du projet est suspendue par l’Assemblée générale. 26 novembre 1968 : les Nations Unies adoptent la Convention sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. 3 novembre 1973 : l’apartheid est défini par la Convention internationale sur l’élimination du crime d’apartheid, qui fait mention d’une Cour pénale internationale à créer. 8 juin 1977 : adoption des Protocoles Additionnels aux Conventions de Genève de 1949, prévoyant la protection des victimes dans les conflits internationaux et dans les conflits non internationaux. 10 décembre 1984 : adoption de la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels inhumains ou dégradants. 4 décembre 1989 : à suite à une requête de Trinité-et-Tobago, l’Assemblée générale des Nations unies demande à la CDI de reprendre ses travaux sur la création d’une juridiction pénale internationale. 16 juin 1993 (amendement en 1999) : la Belgique incorpore dans sa législation nationale la loi de compétence universelle, qui autorise un Etat à déroger aux principes classiques de territorialité et de personnalité dans le cas de crimes les plus odieux. 25 mai 1993 : la résolution 827 du Conseil de sécurité de l’Onu institue le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, avec pour mission de poursuivre les personnes responsables de violations graves du droit international sur ce territoire depuis le 1er janvier 1991. 8 novembre 1994 : la résolution 955 du Conseil de sécurité de l’Onu crée le Tribunal pénal international pour le Rwanda, chargé de poursuivre les personnes responsables d’actes de génocide et d’autres violations graves du droit international humanitaire commis sur le territoire du Rwanda ou par des citoyens rwandais sur le territoire des Etats voisins, entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994. 13-16 juillet 1995 : massacre de plusieurs milliers de Musulmans de Srebrenica, pour lequel Radovan Karadzic et de Ratko Mladic, ex leaders de l’entité serbe de Bosnie-Herzégovine, en fuite depuis plus d’une décennie, ont été inculpés par le TPIY. 16 juillet 1996 : la CDI de l’Onu adopte un Code des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité. 17 juillet 1998 : adoption, dans le cadre de la conférence plénipotentiaire qui se réunit à Rome, de la Convention instituant la Cour pénale internationale (CPI). 2 septembre 1998 : dans le cadre du procès de Jean-Paul Akayesu, le Tribunal international pour le Rwanda prononce la première condamnation pour génocide depuis la définition de ce crime par la Convention de 1948. 16 octobre 1998 : arrestation d’Augusto Pinochet à Londres. 25 novembre 1998 : à Londres, l’immunité d’Augusto Pinochet est levée par un vote de la Chambre des Lords. 24 mai 1999 : pour la première fois dans l’histoire, un chef d’Etat en activité, Slobodan Milosevic, est mis en accusation pour les crimes commis au Kosovo par une institution judiciaire établie à l’échelon international. 14 août 2000 : faisant suite à la demande du gouvernement sierra léonais, le Conseil de sécurité, dans sa résolution 1315, demande à Koffi Annan d’engager des négociations afin de mettre sur pied un tribunal spécial chargé de juger les « principaux responsables de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de certains crimes prévus par le droit sierra léonais commis depuis le 30 novembre 1996 ». 1er avril 2001 : Slobodan Milosevic est arrêté et son procès devant le TPIY débute le 12 février 2002. Celui-ci décèdera en détention le 11 mars 2006, ce qui a clos son procès. 16 janvier 2002 : les Nations unies et le gouvernement de la Sierra Leone signent officiellement l’Accord établissement un Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) afin de « poursuivre ceux qui portent la responsabilité la plus lourde » des violations graves du droit international humanitaire et du droit sierra léonais commis sur le territoire de la Sierra Leone depuis le 30 novembre 1996. 11 avril 2002 : avec la ratification du statut de Rome par dix nouveaux Etats, le seuil des 60 ratifications est atteint. Le statut de la Cour pénale internationale entre en vigueur le 1er juillet 2002. 12 juillet 2002 : les Etats-Unis obtiennent du Conseil de sécurité le vote d’une résolution exemptant leurs ressortissants de poursuites de la Cour pénale internationale. 17 mars 2003 : un accord est trouvé entre le gouvernement cambodgien et les Nations Unies en vue de la création de « chambres extraordinaires » devant être mises sur pied et intégrées aux tribunaux existants, afin de juger les responsables du génocide au cours duquel le quart de la population a été décimée sous les Khmers rouges entre 1975 et 1979. 16 décembre 2003 : la CPI est saisie par le président ougandais Yoweri Museveni pour que celui-ci enquête sur les violences perpétrées depuis 1986 dans le nord du pays par l’Armée de résistance du Seigneur (ARS). 10 mars 2004 : le TSSL débute ses travaux à Freetown. 19 avril 2004 : la CPI est saisie par le président de la République démocratique du Congo pour les crimes commis dans le cadre des conflits interethniques qui ont fait des millions de morts depuis les années 1990. 10 décembre 2004 : inculpation et la mise en résidence surveillée d’Augusto Pinochet par la justice chilienne, pour les crimes commis pendant "l’Opération Condor", prévoyant l’élimination des opposants aux dictatures militaires d’Amérique latine dans les années 70 (Chili, Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay). 9 mars 2005 : inauguration de la Chambre pour les crimes de guerre en Bosnie-Herzégovine, afin de désengorger le TPIY, d’aider à la refondation du système judiciaire bosniaque et de favoriser la réconciliation entre communautés en traduisant devant leurs juges les criminels y ayant commis des crimes durant la guerre. 31 mars 2005 : la Cour pénale internationale est saisie par le Conseil de sécurité de l’Onu à propos des crimes contre l’humanité commis au Darfour. 19 septembre 2005 : la justice belge délivre un mandat d’arrêt international contre Hissène Habré, ancien président du Tchad de 1982 à 1990, en même temps qu’une demande d’extradition est adressée au Sénégal, où celui-ci réside depuis lors. 25 novembre 2005 : la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Dakar se déclare incompétente pour examiner la requête d’extradition formulée par les autorités judiciaires belges qui se considèrent compétentes en matière de crimes contre l’humanité sur le fondement de la compétence universelle. Le gouvernement sénégalais s’est alors tourné vers l’Union africaine afin qu’elle se prononce sur « la juridiction compétente » pour juger l’ex-dictateur. 16 mars 2006 : le procureur du Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) lance un acte d’accusation contre l’ex-président libérien Charles Taylor, qui est poursuivi pour crimes contre l’humanité, du fait du soutien qu’il a apporté à la rébellion au cours de la guerre civile qui a fait quelque 120 000 morts. 29 mars 2006 : l’ex-président libérien Charles Taylor est livré au Tribunal spécial pour la Sierra Léone (TSSL), créé le 14 août 2000 par la résolution 1315 du Conseil de sécurité. 2 juillet 2006 : suivant les recommandations du Comité d’éminents juristes africains, mis en place par l’Union africaine et qui a pris acte de la condamnation du Sénégal par le Comité des Nations unies contre la torture, l’Union africaine appelle le Sénégal à juger Hissène Habré « au nom de l’Afrique ». 3 juillet 2006 : début officiel à Phnom Penh des travaux des Chambres extraordinaires chargées de la poursuite des crimes commis par les Khmers rouges. 30 mai 2007 : dans sa résolution 1757, prise en vertu du chapitre VII de la Charte de l’Onu, le Conseil de Sécurité crée un tribunal international pour juger les assassins de l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri. Jugeant selon le droit libanais, ce tribunal est également compétent pour 14 autres assassinats commis sur des personnalités libanaises anti-syriennes. 4 juin 2007 : pour cause de délocalisation, ouverture à La Haye, au siège de la CPI, du procès de Charles Taylor. L’ex-président libérien doit répondre de 11 chefs d’inculpation devant le TSSL. 31 juillet 2007 : début, à Phnom Penh, de l’instruction du procès des responsables du génocide cambodgien. | |||
| Renaud de la Brosse | |||
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