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15/07/2008
Sommet de Paris pour la Méditerranée (1)
Un « pacte de coresponsabilité » pour le mieux-être de tous les citoyens


(MFI) Le sommet fondateur de l’Union pour la Méditerranée, qui s’est tenu le 13 juillet 2008 au Grand Palais, marquera-t-il un tournant « historique » dans les relations euro-méditerranéennes ? Au-delà des effets d’annonce diplomatiques qui ont occupé ce week-end mouvementé du 14-juillet, c’est au pied du mur que les maçons vont maintenant démontrer leurs talents. Tout reste à faire : la créativité est sollicitée en vue d’une plus grande sécurisation de l’espace méditerranéen – a priori pour le mieux-être des citoyens des deux rives.

« Ce sommet scelle symboliquement, entre nous tous, un pacte de coresponsabilité pour une Union de projets concrets. Cette Union, nous voulons la voir s’épanouir dans une Union pour les peuples », a déclaré José Manuel Durao Barroso lors de la session plénière, à huis clos, le 13 juillet, au Grand Palais à Paris. Le « Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée » pourrait bien donner raison à l’historien français Fernand Braudel, pour qui « la Méditerranée est un pont, et non une frontière », a poursuivi le président de la Commission européenne, assurant que celle-ci « participera avec enthousiasme et détermination (…) à ce beau projet commun » porté, assure-t-il, par toute l’Union européenne.
« Nous en avions rêvé. C’est maintenant une réalité », répétait à l’envi le président Nicolas Sarkozy, visiblement satisfait d’avoir réussi son pari de remettre sur le devant de la scène le dialogue politique au service de la paix et de la stabilité du bassin méditerranéen. Un « impératif incontournable » pour l’avenir de la région, soulignait encore M. Barroso, qui y a vu un encouragement pour la population de la rive Sud, jeune et dynamique, à construire un développement durable, favorisé par des échanges commerciaux et des flux d’investissements privés. Etant entendu, pour Benita Ferrero Waldner, Commissaire européenne pour les Relations extérieures, que les acquis du Processus de Barcelone devront servir de « base » aux futures actions de l’UPM.

Parité, égalité et pouvoir de décision exercé en commun

La principale innovation est d’ordre institutionnel. « Il n’y a pas, autour de cette table, ceux qui décident et ceux qui subissent », a dit le président français, rappelant « la parité, l’égalité et le pouvoir de décision exercé en commun » au sein de l’UPM. C’est ainsi que la France et l’Egypte entendent leur coprésidence, « dans l’intérêt général ». Toutefois, une « union pour les citoyens a également besoin d’une dimension parlementaire forte », a rappelé Hans-Gert Pöttering, le président du Parlement européen et de l’Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne, l’APEM, qui tiendra une session plénière extraordinaire à la mi-octobre, en Jordanie, pour évaluer notamment « la structure institutionnelle » de la nouvelle Union.
Le secrétariat paritaire – qui a fait l’objet de vives rivalités entre Rabat et Tunis – n’a pas fait consensus. Tout comme les modalités de financement des projets, « qui seront déterminées lors de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères en novembre 2008 », selon la Déclaration commune du sommet, paraphée par les 44 pays représentés au plus haut niveau, en présence des Nations unies, du Parlement européen, du Conseil de coopération du Golfe représenté par l’émir du Qatar, de la Ligue des Etats arabes, de l’Union africaine, de l’Union du Maghreb arabe et de l’Organisation de la Conférence islamique.
La « participation massive » au sommet des plus grandes institutions financières internationales – Banque africaine de développement, Banque européenne d’investissement et Banque mondiale – « est le signe de leur intérêt », a estimé Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères. Tout comme la présence dans les différentes rencontres préparatoires de la société civile et des « entrepreneurs européens et méditerranéens [qui] sont prêts à investir si nous leur donnons un cadre ».

A chaque projet son financement et son calendrier

Au final, l’objectif est de « tisser des solidarités de plus en plus étroites autour de projets concrets », concluait Nicolas Sarkozy. « Les entreprises sont appelées à investir dans de bons projets », renchérissait Henri Guaino, responsable de la Mission UPM qui travaille depuis plus d’un an à la sélection des projets français, qui devront être confrontés à ceux des autres pays européens et à ceux de la rive Sud. A chaque projet son financement et son calendrier. Car l’UPM, c’est avant tout « des projets à géométrie variable » avec des Etats désireux d’y participer. « Ce qui signifie que si deux pays sont d’accord, on y va », traduit Nathalie Pilhes, responsable du Pôle migrations, justice et sécurité de la Mission. Lors du sommet, la priorité a été donnée à six grands thèmes : environnement et développement durable, transports, protection civile, énergies alternatives avec le Plan solaire, éducation supérieure et recherche, développement des micros, petites et moyennes entreprises. Dont seuls quelques points ont pour l’instant été avalisés (voir article ci-joint).

Antoinette Delafin

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