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| 24/02/2009 | |||
| Algérie Bientôt la liste définitive des candidats à la présidentielle | |||
| (MFI) C’est dans une ambiance assombrie par un attentat sanglant dans la région de Jijel que le processus électoral algérien entre dans une nouvelle phase. Le Conseil constitutionnel a dix jours, à compter du 24 février, pour se prononcer sur la validité des onze candidatures reçues en vue de l’élection présidentielle du 9 avril 2009. Abassi Madani, chef en exil du Front islamique du salut, parti dissous, lance pour sa part un appel au boycott du scrutin. | |||
| Le 22 février au soir, le bâtiment d’une entreprise algérienne de gardiennage, la Spas, chargée de la sécurité des entreprises de la région de Jijel, a été attaqué au mortier artisanal. Neuf agents ont été tués, et trois autres blessés, lors de cette assaut contre leur base de Ziama Mansouriah, à 360 km à l’est d’Alger. La société avait déjà été la cible d’un attentat en 2008, mais la région de Jijel n’a pas connu d’attentat de cette envergure depuis plusieurs années. Il s’agit également de l’attaque la plus meurtrière depuis plus de six mois en Algérie. Elle survient après plusieurs actions qui ont, notamment, coûté la vie à sept militaires. Trois avaient été tués à un faux barrage, à 50 km à l’est d’Alger. Quatre autres étaient morts dans l’attaque d’un convoi militaire à Tébessa, à 630 km à l’est de la capitale. Ces derniers mois, les forces de sécurité ont multiplié les opérations de ratissage, surtout dans les maquis de l’Est algérois, tuant des dizaines d’islamistes, dont plusieurs « émirs », d’autres hauts responsables d’al-Qaïda au Maghreb décidant de se rendre. Abdelaziz Bouteflika a prévenu qu’il continuerait « à lutter contre le terrorisme avec tous les moyens nécessaires », tout en assurant que « la porte reste ouverte aux repentis ». L’Algérie entrera, le 19 mars, en campagne pour la présidentielle du 9 avril. Onze candidats ont déposé leur dossier En vue de cette échéance, onze candidats ont déposé au Conseil constitutionnel leur dossier de candidature. L’actuel président, 71 ans, élu en 1999 puis réélu en 2004, avait déjà annoncé, le 12 février dernier, sa candidature à un troisième quinquennat, comme la Constitution l’y autorise depuis une récente modification. Parmi les dix autres candidats, sept chefs de petites formations politiques tentent leur chance. Mohamed Hadef (Mouvement national d’espérance), Omar Bouacha (Mouvement El Infitah), Ali Zeghdoud (Rassemblement algérien), Faouzi Rebaine (AHD 54), Moussa Touati (Front national algérien), l’islamiste Mohamed Djahid Younsi (Mouvement El Islah) et la trotskiste Louisa Hanoun. Celle-ci, secrétaire générale du Parti des Travailleurs, avait déjà tenté l’aventure en 2004, et n’avait recueilli qu’environ 1 % des suffrages exprimés. Deux autres candidats à la candidature, Rachid Bouaziz et Loth Bonatiro, se présentent sous l’étiquette d’indépendants. Belaïd Mohand Oussaid, dit Mohamed Saïd, candidat de l’opposition islamiste, vient de créer le Parti liberté et justice (PJL) qui n’est pas agréé par les autorités. Tous ont fourni un dossier administratif qui comporte, entre autre, une déclaration publique de patrimoine et un certificat médical délivré par des médecins assermentés. Ils devaient également réunir, à l’appui de leur dossier, six cents signatures d’élus ou soixante quinze mille signatures de citoyens. Sur ce plan, le mieux loti est Abdelaziz Bouteflika. Les trois partis de l’Alliance présidentielle qui le soutiennent annoncent avoir recueilli « 4 038 000 signatures de citoyens, soit trois fois plus qu’en 2004, et 11 736 signatures d’élus locaux » en sa faveur. L’Alliance est composée du Front de libération nationale (FLN, nationaliste), du Rassemblement national démocratique (RND, libéral) et du Mouvement de la société pour la paix (MSP, islamique). Abassi Madani : « Une réalité pourrie et une corruption rampante » Pour sa part, l’islamiste algérien Abassi Madani, basé au Qatar, a appelé le 24 février ses compatriotes à boycotter l’élection. Le communiqué, signé de son nom, le présente comme le président du Front islamique du salut (FIS). Selon la copie obtenue par l’AFP, le texte indique : « Peuple algérien, nous vous appelons en cette occasion historique à boycotter la prochaine élection présidentielle. Les élections sont devenues, en Algérie, un moyen de consacrer une réalité pourrie et une corruption rampante. L’Algérie va de mal en pis et il s’avère que le seul moyen d’y mettre fin est de changer le régime le plus vite possible. » Abassi Madani, qui vit depuis un an au Qatar, est le chef historique du Front islamique du salut (FIS, dissous). Son mouvement a été accusé par le gouvernement algérien d’être à l’origine de la vague de violences qui a éclaté dans le pays après la suspension du processus électoral en 1992. | |||
| MFI | |||
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