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| 14/04/2009 | |||
| Elections générales le 22 avril 2009 Afrique du Sud : des élections sans surprise mais sous tension | |||
| (MFI) L’Afrique du Sud se prépare aux élections générales du 22 avril 2009 avec un favori en tête, Jacob Zuma, l’ancien vice-président et nouveau chef du Congrès national africain (ANC), le parti majoritaire au pouvoir. L’homme est désormais lavé officiellement de toute accusation de corruption. Mais l’atmosphère sud-africaine reste violente et marquée par des divisions au sein de la majorité noire. | |||
| Jacob Zuma s’est félicité de la levée, le 6 avril, des accusations qui pesaient sur lui, soulignant à plusieurs reprises qu’il avait été « victime d’abus de pouvoir systématique », allusion à son rival, l’ancien président Thabo Mbeki qu’il a réussi à évincer de la tête de l’ANC puis de l’Etat. Ce dernier avait succédé au vieux sage Nelson Mandela élu à la tête de l’Afrique du Sud en 1994 lors des premières élections multiraciales gagnées par l’ANC après la chute du régime d’apartheid. Les partisans de Thabo Mbeki ont créé un nouveau parti, le Congrès du Peuple (Cope) qui, dans les derniers sondages, ne décolle pas vraiment et se place même derrière le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA) qui se veut multiracial mais attire surtout la minorité blanche. Un tribunal de Durban (sud-est du pays) a formellement retiré les accusations de fraude, corruption et racket pesant depuis décembre 2007 sur Jacob Zuma, soupçonné d’avoir sollicité, alors qu’il était vice-président du pays (1999-2005), des pots-de-vin auprès du groupe d’armement français Thales, pour lui éviter des ennuis judiciaires. Mais le chef de l’ANC, aujourd’hui âgé de 67 ans et d’origine zouloue, a aussi défrayé la chronique en 2006 quand il a été acquitté du viol d’une jeune femme séropositive, faute de preuves, affirmant devant le tribunal qu’il s’était lavé du virus en prenant une douche. Ce qui avait suscité un tollé dans un pays frappé massivement par le sida. Il a aussi récemment choqué les Blancs anglophones en affirmant que les Afrikaners, descendants des premiers colons hollandais, étaient les seuls Blancs à être de vrais Sud-Africains. Autodidacte, engagé très jeune dans l’ANC et emprisonné dix ans à Robben Island Jacob Zuma se targue aussi de bien connaître les jeunes et les pauvres et n’hésite pas à rappeler qu’il a connu la misère quand il était enfant. Autodidacte, né le 12 avril 1942 à Nkandla (Kwazulu-Natal), il a très vite travaillé pour subvenir aux besoins de la famille. « Les circonstances ne m’ont pas permis d’aller à l’école, j’ai décidé de me construire moi-même », raconte-t-il. Très jeune, il s’engage au sein de l’ANC. Peu après l’interdiction du mouvement, il rejoint la branche armée et sera arrêté en 1963. Il passe dix ans en prison à Robben Island, au large du Cap, où Nelson Mandela a été détenu. Dans les années 1990, pendant la transition vers la démocratie, il négocie avec succès avec des radicaux zoulous. Mais ce tribun souvent démagogue prend bien soin de rassurer tout le monde y compris les investisseurs étrangers quant à la poursuite d’une politique d’économie libérale pour que son pays reste la porte ouverte sur le continent. Il doit toutefois aussi tenir les promesses qu’il n’a cessé de faire dans un pays qui malgré ses richesses connaît à la fois une grande pauvreté et une grande violence. L’Afrique du Sud joue aussi un important rôle sur le plan diplomatique même si elle a dû apprendre à connaître le reste du continent africain où elle fait des affaires et mène des médiations. Ainsi elle a joué un rôle important dans l’émergence de l’Union africaine et a parrainé le Nepad en invoquant la « Renaissance africaine ». Concernant le règlement des conflits, Pretoria s’est impliqué en Côte d’Ivoire, où l’ancien Président Mbeki a œuvré de novembre 2004 à octobre 2006 comme médiateur à la demande de l’Union africaine. Au Burundi, les Sud-Africains ont joué un rôle militaire et diplomatique déterminant pour assurer le retour au calme, le maintien de la paix, et l’avancement du processus de transition politique. En République démocratique du Congo, l’Afrique du Sud a largement contribué à la conclusion de l’accord de transition politique (Sun City en avril 2003) et reste fortement impliquée. Elle est également active au Soudan et aux Comores et a constitué un relais essentiel au Zimbabwe. Un pays caractérisé par de très grandes inégalités Sur le plan international, ce pays joue un rôle important aussi bien au sein des non-alignés que parmi les pays émergents membres du G20. Elle a aussi participé à ce titre aux derniers sommets du G8. Pays à revenu intermédiaire, l’Afrique du Sud n’est pas encore parvenue à réduire les très fortes inégalités qui la caractérisent même si elle a su renouer avec la croissance, attirer les entreprises étrangères et qu’elle a lancé depuis 2004 un grand programme social… Elle souffre de faiblesses structurelles : infrastructures insuffisantes, lutte sans répit contre le sida, inégalités criantes et faible qualification de la main d’œuvre issue des populations noires « historiquement désavantagées » sous l’apartheid, même si une nouvelle classe moyenne a vu le jour. Le taux de chômage reste élevé et la crise internationale risque de pénaliser les revenus miniers du pays et d’aggraver la violence et la criminalité. | |||
| Marie Joannidis | |||
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