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| 09/06/2009 | |||
| Questions internationales (2) Election présidentielle en Iran : l’économie avant la diplomatie | |||
| (MFI) Alors que Barack Obama se dit favorable à une reprise du dialogue avec Téhéran et que les capitales occidentales s’interrogent sur la diplomatie que mènera le futur président, pour les 71 millions d’Iraniens, l’enjeu principal du scrutin présidentiel du 12 juin 2009 est l’économie, au moment où leur pays traverse une grave crise. Mahmoud Ahmadinejad est critiqué pour sa mauvaise gestion. Mais il n’a pas encore perdu l’élection. | |||
| Vu de Washington, Londres ou Moscou, l’enjeu de l’élection présidentielle est la future diplomatie iranienne : Téhéran va-t-il suspendre son programme d’enrichissement d’uranium ? Va-t-il répondre positivement à la main tendue des Etats-Unis ? Va-t-il poursuivre son soutien au Hezbollah au Liban, au Hamas en Palestine, à la guérilla chiite en Irak ? Autant de questions essentielles pour l’équilibre de la région, mais qui ne préoccupent pas les Iraniens au premier chef. Pour ceux qui iront déposer leur bulletin dans l’urne le 12 juin, l’enjeu principal est l’économie. La République islamique traverse une crise profonde. L’inflation a atteint 25,4 % en 2008 et continue de s’emballer, le déficit budgétaire a doublé entre 2007 et 2008 et le chômage est officiellement de 12,5 %, en réalité plus proche de 25 %. En cause : la crise financière mondiale qui n’épargne pas Téhéran, la chute des cours du pétrole alors que l’or noir représente 85 % des recettes d’exportation du pays, les sanctions imposées par l’Onu du fait du programme atomique iranien, mais aussi le poids de l’Etat dans l’économie qui freine l’initiative privée et l’obsolescence du tissu industriel. « Alors que l’Iran détient les deuxièmes réserves mondiales de pétrole, il doit importer de l’essence faute de raffineries modernes », constate un diplomate européen, cité par Le Monde. Mais la politique de Mahmoud Ahmadinejad est aussi sévèrement critiquée. Volontiers populiste, celui-ci a creusé le déficit budgétaire et fragilisé les banques en accordant des subventions massives aux groupes qui le soutenaient et en distribuant des chèques (voire de l’argent liquide) aux habitants lors de ses tournées en province. Sans définir de politique à long terme. « Ce clientélisme est ruineux financièrement et ne permet en rien de développer un pays dont les atouts sont pourtant nombreux », soupire ce même diplomate européen. Un scrutin à l’issue incertaine Cela signifie-t-il que Mahmoud Ahmadinejad a déjà perdu l’élection présidentielle du 12 juin ? Loin s’en faut. Le président sortant bénéficie de l’appui – déterminant – du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, et des Bassidjs, ces milices islamiques qui quadrillent les quartiers. La télévision publique est sous sa coupe, et les classes défavorisées – notamment en province – restent séduites par ses origines populaires, son image d’homme pieux, simple et travailleur. Distribuer des chèques a certes creusé le déficit budgétaire, mais a aussi attiré les électeurs les plus modestes. Interviewé dans L’Express, le sociologue Essan Naraghi rappelle que « Mahmoud Ahmadinejad est une bête de scène, un orateur hors pair qui sait séduire les auditoires. En jouant sur la fibre nationaliste, il se pose en héros face aux pressions étrangères. A contrario, ses adversaires manquent de charisme et de visibilité ». Certains estiment cependant qu’il devra gagner dès le premier tour, au risque sinon de faire face à une coalition des mécontents. « L’élection présidentielle en Iran a toujours été un exercice à haut risque. Son résultat a souvent constitué une surprise », conclut le politologue Seyed Leylaz. L’Iran en bref Capitale : Téhéran Superficie : 1 648 000 km² (trois fois la France) Nature du régime : république islamique Religion : chiites (87 %), sunnites (8 %), soufis (3 %), chrétiens et bahïas (2 %) Population : 71 millions Population urbaine : 66,9 % Part des moins de 15 ans : 28,8 % Taux de natalité : 2,3 % Mortalité infantile : 30,6 pour mille Espérance de vie : 72,6 ans (femmes) ; 69,4 ans (hommes) Alphabétisation : 82% Indice de développement humain : 84e rang mondial (derrière la Tunisie, devant le Paraguay) Taux de croissance : 2,3 % (en 2008) PIB/habitant : 3 060 dollars Taux d’inflation : 25,4 % Taux de chômage : 12,5 % Principales richesses : pétrole, gaz, textile, pétrochimie, agriculture Equipement : 36 voitures, 292 téléviseurs, 311 lignes téléphoniques, 218 téléphones portables, 75 ordinateurs… pour 1000 habitants Budget de l’éducation : 5,1 % du PIB Budget de la santé : 3,2 % du PIB Budget de la défense : 5,8 % du PIB Sources : Le Monde des religions, L’Année stratégique 2009, Unicef, Pnud | |||
| Jean Piel | |||
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