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07/07/2009
35ème session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie
(2) Les conséquences de la crise financière inquiètent les francophones


Les conséquences de la crise financière inquiètent les francophones

(MFI) L’Assemblée parlementaire de la Francophonie – réunie les 5 et 6 juillet 2009 à Paris – s’est attachée aux conséquences de la crise financière dans la lutte contre la pauvreté et le développement. Les parlementaires ont appelé les pays du Nord à ne pas diminuer l’aide publique au développement.


« La francophonie riche doit aider la francophonie pauvre », a déclaré Mamadou Seck, président de l’Assemblée nationale du Sénégal lors de la 35e session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF). Parmi les victimes de la crise, figurent en effet les pays d’Afrique francophone tels que le Sénégal et le Mali, victimes de la diminution des Investissements directs à l’étranger comme de la réduction des transferts envoyés par les migrants. Ils devraient ainsi voir leur croissance chuter et la pauvreté s’aggraver.
« Il nous faut sortir la majorité de nos Etats de la pauvreté » a affirmé Guy Nzouba-Ndama, président de l’APF et président de l’Assemblée nationale du Gabon. Inquiets de l’aggravation de la crise alimentaire, les parlementaires de la commission de la Coopération et du développement ont proposé une résolution sur la crise alimentaire et la vie chère.


Une aide liée aux stratégies nationales de développement

Les parlementaires ont rappelé que les pays du Nord s’étaient engagés à consacrer 0,7 % de leur PIB à l’aide publique au développement pour la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et qu’ils devaient s’y tenir. Selon l’OCDE, 119,8 milliards de dollars ont été versés en 2008 au titre de l’aide publique au développement – le taux le plus élevé jamais perçu par les pays du Sud puisque celle-ci était de 103,7 milliards de dollars en 2007. « Cependant, cette aide ne doit pas être revue à la baisse, a prévenu Henriette Martinez, députée française. La croissance économique est absorbée par la forte croissance démographique des pays africains et la diminution de la pauvreté ne sera effective que grâce à un important financement du développement ».
Pour le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, c’est l’efficacité de l’aide qui doit être appuyée. Une meilleure coordination de l’aide bilatérale et multilatérale est nécessaire, renchérit Henriette Martinez, pour qui il faudrait davantage impliquer les donateurs dans les stratégies nationales de développement des pays bénéficiaires, comme le préconise la Déclaration de Paris de 2005.


Une offre importante de formation pour aider au développement

L’investissement dans le secteur agricole est une des principales solutions pour réduire la pauvreté, a rappelé de son côté la commission de la Coopération et du développement de l’APF. Par ailleurs, la Francophonie devrait aider les pays du Sud à acquérir les moyens de se développer en favorisant le développement durable et l’autonomie alimentaire, a estimé un parlementaire lors du débat. Là encore, l’expertise avérée de la Francophonie permet la mise à disposition d’une offre importante de formation pour aider au développement, a insisté Abdou Diouf. Qu’on en juge : à l’issue de la session 2009, les parlementaires ont décidé d’organiser des séminaires sur la question foncière, la gestion, la gouvernance universitaire, les négociations commerciales qui sont utiles dans le cadre des négociations à l’OMC, tout comme l’énergie et l’environnement, fondamentaux pour celles sur le changement climatique.
La commission devrait également poursuivre ses travaux sur le développement de l’intelligence économique dans tous les pays francophones d’ici à la prochaine session, ainsi que sur l’amélioration de la gouvernance économique qui prendrait en compte les attentes des populations et la protection de l’environnement.

Leïla Beratto


Parlement francophone des jeunes
Assister les victimes de la crise sans récompenser ses auteurs


(MFI) Soucieux des conséquences de la crise financière, le Parlement francophone des jeunes, réuni parallèlement à l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, a proposé la création d’une commission permanente sur la crise alimentaire au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Les jeunes parlementaires ont demandé que soient aussi adoptées des mesures interdisant les pratiques spéculatives sur les denrées alimentaires. Concernés par le travail précoce des enfants et des jeunes, lié aux faibles ressources des familles, ils ont demandé aux Etats d’intégrer dans l’enseignement primaire un programme sensibilisant les enfants à leurs droits. Par ailleurs, alors que la solidarité entre pays de l’OIF leur semble être un atout, certains jeunes souhaitent voir se renforcer la justice dans les mesures d’après crise. « Les gouvernements doivent répondre de manière décisive et efficace à la crise financière en assistant ses victimes mais sans récompenser ses auteurs », a notamment dit Gérard Jacquet, membre de la section haïtienne.
L.B.




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