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| 20/10/2009 | |||
| Angolagate : verdict le 27 octobre / Des personnages dignes d'un roman | |||
| (MFI) Le romancier à succès Paul-Loup Sulitzer, qui vendit par le passé plus de 50 millions d'exemplaires de ses nombreux romans, raconte dans une savoureuse galerie de portraits le procès de l'affaire des ventes d'armes à l'Angola. "Angolagate, chronique d'un scandale d'Etat" est le compte-rendu au jour le jour des audiences de ce procès-fleuve qui dura plusieurs mois, d'octobre 2008 à mars 2009, et dont le verdict est attendu mardi 27 octobre 2009. | |||
| « La fabuleuse histoire des ventes d'armes entre la Russie et la France » ; « De Jérusalem, Gaydamak accuse Chirac » ; « Jacques Attali, bon samaritain de Pierre Falcone ? ». Le simple intitulé des chapitres du dernier livre de Paul-Loup Sulitzer laisse entrevoir le côté hors norme du procès des ventes d'armes à l'Angola. Hors norme par sa durée : il se déroule d'octobre 2008 à mars 2009, à la chambre des Criées du Palais de justice de Paris. Hors norme par le nombre et la notoriété des prévenus : 42 personnes sont mises en cause à des degrés divers, de Charles Pasqua et Jean-Charles Marchiani à Jacques Attali et Jean-Christophe Mitterrand, en passant par les hommes d'affaires Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak, mais aussi le général français Claude Mouton, l'ancien directeur de RMC et de la Sofirad Jean-Noël Tassez, ou l'ancien membre de la cellule africaine de l'Elysée, Jean-Bernard Curial. Sans oublier l'auteur à succès Paul-Loup Sulitzer, qui a donc fait de ces innombrables audiences un livre témoignage, "Angolagate, chronique d'un scandale d'Etat", paru le 17 septembre 2009.
« Résumons : du matériel militaire était acheté par une société slovaque dans l'ex-bloc soviétique et revendu au gouvernement légal angolais. Ni la Russie, ni la Slovaquie, ni l'Angola n'ont trouvé à redire à ce commerce. Aucune arme n'a jamais transité par la France et ses territoires d'outre-mer. Aucun bateau n'a traversé ses eaux territoriales. Aucun avion n'a utilisé son espace aérien. Pourquoi la justice française s'est-elle alors mêlée de cette histoire ? C'est l'un des nombreux mystères du procès qui s'est ouvert en octobre 2008 au Palais de justice de Paris. Ce procès pose un grave problème à la France, car certains prévenus sont soutenus très officiellement par la République d'Angola, un pays où la société Total a d'importants intérêts. » Dès les premières pages, Paul-Loup Sulitzer pose la trame à laquelle de très nombreuses variations vont venir s'arrimer, s'accrocher, s'emmêler. Car autour de ces livraisons d'armes, effectuées de 1993 à 2000 pour un montant de 790 millions de dollars, c'est « une mosaïque d'affaires, imbriquées les unes dans les autres », qui apparaît. Argent et politique, moteurs - bien classiques ! - de l'affaire Il est énormément question d'argent dans ce procès, et notamment des versements en liquide effectués par Brenco France, la société de Pierre Falcone, dont on a retrouvé la liste des bénéficiaires sous le lit d'Isabelle Delubac, secrétaire particulière de Pierre Falcone. Ce, malgré «une nuit mémorable » au siège de Brenco France, avenue Kléber à Paris, au cours de laquelle tous les documents relatifs aux opérations angolaises passent à la broyeuse. Il y a aussi le montage des « préfinancements pétroliers » de la banque Paribas, qui prête de l'argent à l'Angola contre des cessions en nature de pétrole. Prêt dont l'accusation dit qu'il a servi à acheter les armes russes, puisque le bénéficiaire du prêt n'était autre que ZTS Osos, la société slovaque mandatée par Gaydamak et Falcone pour acheter les armes. Il y a encore les commissions occultes qu'aurait touchées Mitterrand fils pour favoriser les juteux rapprochements entre les Français et les Angolais. Il y a Jacques Attali, « accusé d'avoir évité un colossal contrôle fiscal à Pierre Falcone contre une importante rémunération ». La politique, cependant, n'est pas en reste. Certains prévenus considèrent que c'est pour stopper Charles Pasqua (poursuivi pour trafic d'influence et recel d'abus de biens sociaux), alors en passe de devenir un sérieux concurrent de Jacques Chirac à la présidentielle de 2002, que l'affaire éclate en 2000. Dans ce procès, il y a donc également le rôle des membres des gouvernements successifs (tout au long des années 1990) : savaient-ils ? Il y a la note de la DST, le service de renseignement français, qui « plaide en faveur de Marchiani » et qui aurait disparu du dossier de l'instruction menée par le juge Philippe Courroye. Il y a les carnets secrets d'Yves Bertrand, l'ancien chef des renseignements généraux. Il y a enfin la lettre d'Hervé Morin, ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy, en date du 11 juillet 2008, adressée à l'avocat de Pierre Falcone, et dans laquelle il écrit qu'« en l'absence de transit par le territoire français, la législation relative aux opérations de ventes d'armes et de munitions ne s'appliquait pas, aux dates retenues par le dossier de l'instruction, à l'activité exercée par M. Pierre Falcone. » A lire à la lumière du rapprochement en cours avec l'Angola, appelé de ses voux par le président Sarkozy. Le procureur Romain Victor, le 11 février 2009, requiert la condamnation de 38 prévenus et propose 4 relaxes (dont celle de Jacques Attali). Quatre prévenus sont poursuivis pour trafic d'armes ou complicité de trafic d'armes : Falcone, Gaydamak, Mitterrand et Curial, avec en outre, pour les deux premiers, blanchiment, abus de biens sociaux et trafic d'influence. Le verdict du tribunal, sous la présidence de Jean-Baptiste Parlos, est attendu le 27 octobre 2009. Il faudra lire - ou relire - les minutes de ce procès savoureusement narrées par Sulitzer à la lumière de ce verdict. Angolagate, chronique d'un scandale d'Etat, par Paul-Loup Sulitzer, éditions du Rocher, 17 euros, 170 pages. | |||
| Ariane Poissonnier | |||
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