| |||
| 02/03/2007 | |||
| Chronique Santé | |||
| Tuberculose : peut mieux faire, au Sud comme au Nord (MFI) Deux études permettent de mieux évaluer si les taux de guérison s’améliorent pour cette maladie qui fait toujours près de 2 millions de morts par an dans le monde. La première est parue dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) du 13 février ; la seconde émane de l’IRD. En France, la tuberculose frappe surtout les migrants et les populations en situation de précarité. La durée moyenne du traitement y est de 7,2 mois, tout comme au Sénégal où l’IRD a mené son étude (6 à 8 mois, contre 18 mois à 2 ans il y a quelques années). Traitement lourd et encore long, qui entraîne des irrégularités de prises ou des abandons, favorables à une transmission accrue et à l’apparition de bacilles résistants aux antibiotiques. Taux de succès en France : 76,2 % (mais 33,8 % seulement sont authentifiés par des prélèvements de fin de traitement). Au Sénégal, où 9 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, à peine 60 % des personnes traitées guérissent. Amélioration notable, ce taux a été porté à environ 80 % pour 1 522 patients de 16 centres de santé sénégalais dans lesquels une nouvelle stratégie a été mise en place avec l’IRD : meilleure formation des soignants destinée à améliorer la communication et le soutien aux patients ; décentralisation de l’accès au traitement sur les postes de santé locaux ; meilleur suivi de chaque malade par un « tuteur » choisi parmi les soignants ou dans la communauté (imam, parent, instituteur…). Les recherches se poursuivent à travers un autre essai conjoint IRD-OMS afin de proposer un traitement raccourci à 4 mois. On sait par ailleurs, grâce à d’autres études, que tout traitement anti-tuberculeux doit être accompagné d’un soutien nutritionnel important. Comment les antibiotiques sapent l’immunité (MFI) Alors que de nombreuses études ont conclu au lien entre l’usage immodéré d’antibiotiques et des microbes de plus en plus résistants, une étude vient de montrer comment se fabrique cette résistance, et que cette exposition immodérée est bien la cause de la résistance. Menée à l’Hôpital universitaire d’Anvers en Belgique, l’expérience a permis de constater non seulement que chaque antibiothérapie « déséquilibre gravement la flore intestinale du patient, [mais que] ces effets perdurent durant 6 mois au moins », note son rapporteur, le Dr Herman Goossens, dans le Lancet. Or, de nombreux adultes, personnes âgées, et enfants sont soumis à plusieurs traitements antibiotiques chaque année… Etant donné qu’une flore intestinale en bon équilibre est à la base d’une bonne immunité, cette exposition (ainsi que la consommation fréquente d’animaux industriels, élevés aux antibiotiques) participe donc d’un affaiblissement des défenses immunitaires des populations. Pour l’expérience, trois groupes de patients ont été constitués : le premier s’est vu administrer de l’Azithromycine ; le deuxième, de la Clarithromycine ; le troisième, un placebo. Les bactéries prélevées chez les patients aux fins du test étaient de la famille des Streptocoques. Résultats : la résistance des bactéries avait augmenté de 53 % après 4 jours dans le premier groupe, de 50 % après 8 jours dans le second, tandis qu’elle n’augmentait pas du tout dans le troisième. De plus, les deux médicaments ont déstabilisé la flore jusque dans la bouche, une déstabilisation qui perdurait également six mois plus tard. Le second antibiotique en particulier, semble avoir conféré aux bactéries un gène de haute résistance à une classe d’antibiotiques, les macrolides. « D’autres études ont montré que des gènes de résistance peuvent se propager, note le Dr Goossens. Alors nous disons aux médecins : étant donné leurs terribles effets sur l’écologie intestinale, prudence avec les antibiotiques ! » Cancer : bilan encore sévère pour les Noirs américains (MFI) Bonne nouvelle : la mortalité par cancer diminue légèrement chaque année depuis 1995 chez les Noirs nord-américains. Mauvaise nouvelle : elle est encore, parmi eux, bien plus élevée que dans les autres communautés. Selon le dernier rapport de l’American Cancer Society (ACS), portant sur l’année 2003, le taux de mortalité par cancer chez les hommes noirs était de 35 % plus élevé que chez les Blancs ; chez les femmes, le même taux était de 18 % plus élevé que chez les Blanches. C’est le cancer du poumon qui fait le plus grand nombre de victimes, aussi bien chez les femmes que chez les hommes, suivi des cancers du sein et de la prostate, le colon venant ensuite. Commentaire du Dr Durado Brooks, de l’ACS : « Le financement d’un système de soins ainsi que l’éducation à la santé jouent un rôle important dans le maintien de celle-ci, or beaucoup d’Africains-Américains n’ont pas accès à ces outils. » Il semblerait que, pour le cancer du sein, il y ait un élément d’explication complémentaire. Des études ont montré que la chirurgie pratiquée pour enlever une tumeur avant la ménopause pourrait augmenter le taux de récidive. Or, chez les Africaines-Américaines, le diagnostic moyen est posé beaucoup plus tôt : à 46 ans, contre 57 ans pour les Blanches. Une autre étude d’une équipe internationale (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Italie) vient de le confirmer : « L’opération permettant d’extirper la tumeur primaire induit toujours la formation de nouveaux vaisseaux sanguins (angiogénèse). Chez des femmes non ménopausées ayant des taux élevés d’oestrogènes, cet acte peut favoriser la croissance d’une autre tumeur », déclare le Dr Isaac Gukas, de l’université East Anglia. Il faudrait donc que les cancérologues envisagent des stratégies différentes, mieux adaptées. Et que le taux hormonal soit maintenu à la baisse, ce qui nécessite d’abord un important changement d’alimentation et de mode de vie. Connaissez-vous l’auriculothérapie ? (MFI) Technique médicale (re)découverte il y a cinquante ans par Paul Nogier, médecin de Lyon (France), transmise depuis la nuit des temps en Chine de maître à disciple, reconnue par l’OMS, l’auriculothérapie est une acupuncture du pavillon de l’oreille. Sur ce pavillon aboutissent des terminaisons nerveuses qui sont reliées à tous nos organes : stimuler les points correspondant à ces organes – selon une cartographie précise établie par le Dr Nogier – permet de réguler et de normaliser leurs fonctions. L’auriculothérapie était à l’honneur lors du dernier salon Médecine Douce, qui a eu lieu en février à Paris. Son action est aujourd’hui confirmée par les neurosciences. Le Dr David Alimi, qui l’enseigne en faculté, a expliqué que depuis 1982, l’auriculothérapie est utilisée avec succès à l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif pour traiter les douleurs post-chimiothérapiques (cancer), les douleurs post-traumatiques et même celles des membres fantômes. En 2001, il a mené une expérience basée sur l’imagerie par résonance magnétique (IRM) qui a confirmé son efficacité. De récentes recherches montrent l’intérêt de l’auriculothérapie dans l’obésité et les troubles du comportement alimentaire. Elle permet aussi de traiter, entre autres, les crises de migraine ou de les prévenir, et elle est souveraine en cas de sciatique : c’était sa toute première indication. Il s’agit donc d’une thérapeutique efficace qui, si elle était plus généralement enseignée et pratiquée, permettrait d’économiser des millions de boîtes de médicaments anti-douleur (ainsi donc que leurs effets secondaires). Et, surtout, de mieux agir sur les causes des douleurs. | |||
| Henriette Sarraseca | |||
|