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| 09/03/2007 | |||
| Chronique Environnement | |||
| Menace sur la forêt congolaise (MFI) Bruxelles a accueilli, les 26 et 27 février 2007, la première conférence sur la Gestion durable des forêts en République démocratique du Congo. Comme l’expliquait Armand de Decker, le ministre belge de la Coopération, à l’initiative de cette réunion : « L’objectif est de trouver des mécanismes innovants de financement et de gestion des forêts pour que celles-ci deviennent un facteur de développement humain. La forêt doit servir à autre chose qu’à être coupée. » Deuxième forêt tropicale au monde, la forêt congolaise couvre une superficie de 368 000 km², soit les 2/3 de la France, mais ne représente que 1% des revenus de la RDC. Cette conférence a été l’occasion de dénoncer les abus dont la forêt est victime de la part des industriels, le plus souvent étrangers. Le gouvernement de Kinshasa a pourtant décrété, en 2002, un moratoire sur l’octroi de concessions. Corruption, conflit et mauvaise gestion aidant, ce moratoire n’est pas respecté et huit millions d’hectares de nouvelles concessions ont été attribués depuis. Le problème est particulièrement aigu dans la région du lac Ntumba, où l’abattage illégal de bois est très répandu. Deux sociétés sont dans le collimateur des associations écologistes : la Siforco, propriété de l’allemand Danzer, qui détient 25 % des concessions, et ITB qui appartient à une famille libanaise et contrôle près de 300 000 hectares de forêt, alors que la législation limite les concessions à 200 000 hectares. « Les forêts congolaises renferment des essences prisées comme le wengé, le sapelli, le tiamaqui. Pour les atteindre, les exploitants construisent des routes de plusieurs mètres de large, fendant la forêt et détruisant tout sur leur passage. Or cette forêt est le lieu de reproduction d’éléphants, d’hippopotames, de singes bonobo, de nombreux oiseaux. C’est aussi là que vivent plusieurs communautés pygmées qui tirent leur subsistance de la forêt : le miel, les médicaments, le gibier, les fruits, les feuilles… Sans compter la dimension spirituelle des lieux. Les compagnies forestières promettent de construire des écoles et des dispensaires. Elles ne le font jamais et laissent la forêt en friche, durablement détruite, une fois la concession épuisée », a dénoncé à la conférence de Bruxelles Matthieu Yela Bonketo, coordinateur du Ceden, une Ong congolaise. Le code forestier reconnaît pourtant les droits traditionnels des populations tribales sur les forêts, mais il n’est pas respecté. C’est pourquoi Greenpeace réclame l’annulation des concessions conclues depuis 2002 et la réorganisation de l’exploitation de la forêt congolaise afin qu’elle serve le développement du pays. Reprise inquiétante du trafic d’ivoire en Afrique (MFI) Le braconnage des éléphants d’Afrique a repris à grande échelle. Entre août 2005 et août 2006, douze saisies majeures ont été effectuées, au cours desquelles 23 tonnes d’ivoire et 91 défenses ont été récupérées sur des navires à destination de l’Asie. « Si l’on admet que les services des douanes n’interceptent que 10 % de la contrebande, comme c’est le cas avec la drogue ou les armes, cela signifierait que l’an dernier 23 000 éléphants ont été tués », souligne Samuel Wasser, biologiste à l’université de Washington. L’interdiction du commerce de l’ivoire, décidée en 1989, est largement contournée. L’ivoire est particulièrement recherché en Asie, notamment pour fabriquer des hanko, ces sceaux utilisés dans la vie courante en guise de signature au Japon, en Chine et en Corée. Le prix de l’ivoire au marché noir est passé de 100 dollars le kilo à la fin des années quatre-vingt-dix à 750 dollars aujourd’hui. On estime la population totale des éléphants d’Afrique à environ 500 000 animaux. Des tests ADN pratiqués lors de la dernière saisie d’ivoire, dans le port de Singapour, ont permis d’apprendre que les défenses provenaient d’éléphants de savane braconnés en Zambie et que les hanko avaient été gravés au Malawi. « Connaître la provenance de l’ivoire permet d’identifier les circuits de contrebande. Cela permet aussi aux rangers des parcs africains, qui souvent disposent de peu de moyens pour surveiller les contrebandiers, de resserrer leur zone de travail », se félicite Samuel Wasser. A noter que si le trafic d’ivoire constitue une menace pour la survie des éléphants, ces pachydermes sont à certains endroits trop nombreux (12 000 têtes), comme par exemple dans le parc Kruger, en Afrique du Sud, au point que le WWF recommande un abattage ciblé. Coup d’envoi de l’année polaire internationale (MFI) Comment mesurer la fonte des glaces ? Quel est l’écosystème des eaux profondes ? Comment les Inuits vivent-ils leur religion malgré les migrations ? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles des milliers de scientifiques vont chercher à répondre à l’occasion de l’année polaire internationale (API), lancée ce 1er mars. Un événement qui porte bien mal son nom puisqu’il dure en réalité deux ans, afin de permettre à chaque pôle de connaître un été et un hiver complets. L’API a pour objectif de faire progresser la connaissance scientifique des régions polaires et leur influence sur le reste de la planète ; 228 projets ont été définis dans toutes les disciplines, avec un accent particulier sur les sciences humaines. Le budget de l’opération est de 1,1 milliard d’euros, financé essentiellement par le Canada, les Etats-Unis et les pays scandinaves. « Le contexte de cette année est celui du réchauffement climatique. C’est dans les régions polaires que la nature adresse les premiers signaux de la dégradation de la couche d’ozone et des effets de la pollution chimique persistante. La fonte des glaces arctiques s’accélère. Sur le plan scientifique, c’est fascinant ; sur le plan environnemental, c’est dramatique », explique Louis Fortier, directeur scientifique d’ArcticNet, un réseau canadien de chercheurs. L’objectif de l’API est aussi de sensibiliser le grand public à la beauté et à la diversité des pôles. De nombreuses expositions et conférences seront donc organisées à travers le monde. « L’Arctique est le baromètre des changements climatiques. C’est une région de plus en plus convoitée pour ses ressources en énergie et en matières premières. Elle ne compte que quatre millions d’habitants et surtout des espaces désertiques gelés, mais son influence sur la planète est essentielle. Cette année, nous allons essayer de sonder les lacs et montagnes de l’Antarctique, dont certains sont bloqués sous cinq kilomètres de glace depuis 35 millions d’années. C’est passionnant », insiste Louis Fortier. A noter que les populations autochtones seront étroitement associées à ces travaux. « Autrefois, les Inuits étaient des objets de recherche. Maintenant, ce sont des partenaires, acteurs de la recherche », souligne le scientifique canadien. Les OGM en embuscade (MFI) L’association écologiste Greenpeace a enregistré en 2006 un nombre record de contaminations de l’agriculture traditionnelle par des OGM, suite à des disséminations involontaires ou des plantations illégales. Vingt-quatre cas de telles contaminations ont été recensés dans le monde contre vingt-et-un en 2005. « Cela prouve bien que plus les cultures OGM se développent, plus elles contaminent les autres cultures et l’environnement », dénonce Arnaud Apoteker, de Greenpeace France. Le maïs transgénique représente à lui seul le tiers des cas de contamination. « Plus que dans les champs, la contamination par le maïs est particulièrement inquiétante au niveau des stocks de semences. Des agriculteurs achètent à leur insu des semences contaminées et se retrouvent à cultiver du maïs OGM – et donc à menacer l’environnement et la chaîne alimentaire – sans le savoir », souligne Arnaud Apoteker. L’addition des disséminations involontaires d’OGM depuis dix ans représente 142 cas dans le monde dont une majorité en Europe. | |||
| Jean Piel | |||
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