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11/12/2007
Chronique Environnement

L’Afrique, première victime du réchauffement

(MFI) Dans son rapport annuel, le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) souligne que l’Afrique sub-saharienne, pourtant peu pollueuse, sera affectée de manière disproportionnée par le réchauffement climatique. Comme l’écrit le Pnud : « Quand la température monte en Afrique, la production agricole s’effondre, des gens meurent de faim, les problèmes de santé s’aggravent, les femmes passent des heures à chercher de l’eau. Dans les pays riches par contre, la gestion du changement climatique se réduit le plus souvent à régler le thermostat, à des étés plus longs, à des saisons modifiées. »
Pourtant, l’Afrique entière émet moins de gaz à effet de serre que le seul Etat du Texas. Certes, le continent n’est pas la seule région en développement à souffrir d’une fréquence accrue des sécheresses et des inondations, mais elle est la plus vulnérable. Le Pnud estime que si la température augmente de 2,9° et les précipitations diminuent de 4 %, alors le revenu par habitant en Afrique sub-saharienne chutera de 25 %. Or la moitié des Africains vit avec moins de deux dollars par jour.
Publié juste avant la conférence de Bali réunie pour définir la suite à donner au protocole de Kyoto sur les gaz à effet de serre, ce rapport annuel du Pnud chiffre à 1,6 % du PIB mondial le coût de la lutte contre le réchauffement. « C’est un investissement significatif. Mais il représente moins de 60 % des dépenses militaires mondiales. Ne pas agir coûterait bien plus cher à long terme », écrit le Pnud. L’organisme onusien estime que c’est aux pays industriels de s’acquitter d’un tel investissement puisque ce sont les principaux responsables du réchauffement climatique. « Les pays riches doivent diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre de 80 % d’ici à 2050, les pays en développement de 20 % », conclut le Pnud.

L’Allemagne se met au vert

(MFI) Le gouvernement allemand a adopté, mercredi 5 décembre, une série de mesures ambitieuses contre le réchauffement climatique. Des mesures qui surviennent alors que se poursuit la conférence de Bali, réunie pour définir la suite à donner au protocole de Kyoto – qui arrivera à expiration en 2012 – sur les émissions de gaz à effet de serre.
Le but des autorités allemandes est de réduire de 40 % leurs émissions de CO2 d’ici 2020, alors que l’Union européenne s’est fixée un objectif de 20 à 30 %. Un budget de 2,6 milliards d’euros a été adopté à cette fin. Au cœur du dispositif : les énergies renouvelables. Elles devront représenter 30 % de la production d’électricité d’ici 2020, et les consommateurs seront incités à y recourir pour se chauffer grâce à l’octroi de 500 millions de subventions par an. Pour économiser l’énergie, un vaste programme de rénovation des logements anciens est prévu, et des normes de construction plus strictes ont été décidées pour les habitations nouvelles. Enfin, les taxes sur les véhicules seront modulées en fonction de leurs émissions de CO2. Au total, 14 lois et décrets ont été adoptés dans ce cadre par les autorités allemandes.
« Nous nous affichons clairement comme un pays précurseur. Notre programme vise autant les entreprises que les municipalités et les particuliers. L’Allemagne veut montrer qu’un pays développé peut concilier croissance économique et protection du climat », a déclaré Sigmar Gabriel, le ministre de l’Environnement.
Les mouvements écologistes ont salué un « premier pas important », mais ont regretté « l’insuffisance des mesures concernant les transports ». A contrario, le patronat redoute des coûts d’investissements dangereux pour la compétitivité des entreprises. Pour sa part, l’Institut de recherche sur l’innovation, à Berlin, évalue le coût de ce programme à 31 milliards d’euros jusqu’en 2020, pour 36 milliards d’euros d’économies d’énergies réalisées.

Des avions qui volent au gaz naturel

(MFI) La compagnie aérienne Qatar Airways envisage de faire voler ses avions au gaz naturel plutôt qu’au kérosène. Elle serait alors la première au monde à le faire. « Nous discutons actuellement avec Qatar Gas, Shell, General Electric et Rolls Royce pour concevoir des moteurs alimentés au gaz. Le projet est loin d’être utopique et pourrait aboutir plus vite que prévu », a déclaré Ali al-Rais, le directeur commercial de Qatar Airways, sans toutefois donner de calendrier. Qatar Airways est la propriété du gouvernement du Qatar, qui détient 15 % des réserves mondiales de gaz.
Deuxième fabricant de moteurs d’avion au monde, Rolls Royce travaille depuis plusieurs années sur des énergies alternatives au kérosène, tant pour des questions de coût, de protection de l’environnement que de raréfaction du pétrole. Le gaz est en effet l’une des options retenues aujourd’hui. Les moteurs au gaz ont par contre l’inconvénient d’être plus bruyants. De son côté, le constructeur français CFM réfléchit à la possibilité d’utiliser pour les avions du biocarburant, avec un mélange de 30 % d’huile végétale et 70 % de kérosène. Il n’y aurait pas besoin de changer les moteurs, et les émissions de CO2 seraient réduites de 20 %. Néanmoins, ces moteurs ne présentent pas encore des performances suffisantes pour pouvoir être utilisés commercialement.

Jean Piel

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