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MFI HEBDO: Science Technologie Liste des articles

22/01/2008
Chronique Environnement

Risque majeur d’inondations en Afrique australe

(MFI) A en croire le Comité international de la Croix-Rouge, l’Afrique australe fait face à un risque majeur d’inondations dans les semaines à venir. Les pays les plus menacés sont le Mozambique, la Zambie, le Malawi, le Lesotho, le Swaziland et Madagascar. Outre les fortes pluies de saison – habituelles en janvier et février –, le phénomène climatique La Nina – qui sévit actuellement dans le Pacifique –- a fait gonfler les cours d’eau ces quinze derniers jours. « Les météorologues redoutent que les précipitations durent jusqu’en avril. Si cela se vérifie, l’Afrique australe sera confrontée à des inondations à grande échelle, dont les conséquences humaines, économiques et écologiques seront désastreuses », avertit Peter Rees, responsable des opérations de secours au CICR. Le Mozambique avait déjà été éprouvé en février 2007 par de graves inondations et par un cyclone.
La Nina (la petite fille, en espagnol) est un refroidissement anormal des eaux équatoriales de surface (alors qu’El Nino est un réchauffement) qui a pour conséquence une recrudescence des ouragans et une perturbation du régime des pluies. Les causes de La Nina – phénomène moins fréquent qu’El Nino – ne sont pas connues avec certitude, mais les scientifiques évoquent le renforcement des alizés.

Le préjudice écologique reconnu par le droit français

(MFI) Le tribunal correctionnel de Paris a condamné solidairement Total, l’armateur du navire, son gestionnaire et la société de certification maritime à 375 000 euros d’amende et 192 millions de dommages et intérêts pour le naufrage de l’Erika. Dans leurs attendus, les magistrats ont estimé qu’il était possible de « demander réparation du préjudice résultant de l’atteinte portée à l’environnement ». Cela signifie que, pour la première fois en droit français, le préjudice écologique est reconnu. Les parties civiles admises comme victimes sont les régions Bretagne, Pays de Loire et Poitou-Charente, dont les côtes avaient été souillées par la marée noire provoquée par le naufrage de l’Erika. Les associations de défense de l’environnement se sont aussi vues octroyer des dommages et intérêts. Comme le souligne maître Corinne Lepage, l’avocate des collectivités locales : « Cette jurisprudence signifie que, désormais, si on cause une atteinte à l’environnement, il faudra payer. Le préjudice écologique est reconnu au même titre que les dommages causés à l’économie ou à l’image. La justice admet enfin que la nature et le vivant ont un prix. Mais ce prix doit être élevé car, sinon, on court le risque que les entreprises choisissent de se le payer. »
Pour la première fois également, la justice a accordé une indemnisation pour la mort d’oiseaux. Jusqu’à présent, les magistrats ne savaient pas comment donner une valeur à un animal en liberté ni quels bénéficiaires choisir pour d’éventuelles indemnités. Ils ont cette fois-ci décidé de faire confiance aux ONG.
Le tribunal correctionnel de Paris a également condamné une pratique économique qui conduit à mettre sur la mer des navires que l’on sait dangereux pour réduire les coûts. Affrété par Total pour transporter du fioul en Italie, le pétrolier Erika avait sombré lors d’une tempête dans le golfe de Gascogne en décembre 1999. Son naufrage avait entraîné une marée noire polluant 400 km de côtes françaises et tuant plus de 150 000 oiseaux. Le navire était en très mauvais état. Total a enregistré en 2006 un bénéfice record de 12,5 milliards d’euros.

Lutte contre la pollution automobile en Europe

(MFI) Plusieurs villes européennes ont récemment adopté des mesures pour lutter contre la pollution automobile. Ainsi en Allemagne : Berlin, Cologne et Hanovre limitent désormais l’accès en centre ville aux véhicules les plus polluants. En fonction de son taux d’émission de CO2, chaque voiture reçoit une pastille de couleur verte, jaune ou rouge (à coller sur le pare-brise) qui lui autorise ou lui interdit certains quartiers. Décrété zone écologique, le centre des trois villes n’est autorisé qu’aux voitures à pastille verte. Selon les associations écologistes, la pollution automobile serait à l’origine de 70 000 décès prématurés chaque année en Allemagne.
Après Londres et Stockholm, Milan a mis en place un péage urbain. Les voitures les moins polluantes sont dispensées de payer ; par contre les véhicules anciens et les camions doivent s’acquitter d’un droit d’entrée qui varie de deux à dix euros. En 2007, la pollution de l’air à Milan a dépassé 132 jours les normes admises par l’Organisation mondiale de la santé. L’argent collecté par les péages sera réinvesti dans le développement des transports en commun.
Les villes françaises n’ont pour l’instant adopté aucune mesure restrictive comme le péage urbain ou l’interdiction d’accès en centre-ville. Elles ont plutôt fait le choix des transports en commun, du prêt de vélo ou d’un réaménagement des rues qui handicape les automobilistes. Un dispositif de bonus-malus a par contre été instauré sur l’achat des voitures neuves en fonction de leur taux d’émission de CO2.

Jean Piel

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