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| 11/03/2008 | |||
| Chronique Environnement | |||
| Pétrole contre environnement au Soudan (MFI) L’arrivée en 2006 dans le sud du Soudan de la Société pétrolière du Nil blanc (WNPOC), filiale du groupe indonésien Petronas, menace les marais de la région, pourtant plus grande superficie au monde de marécages. C’est du moins ce que dénoncent les autorités locales, ainsi que Signe d’espoir, une ONG présente sur place. « Depuis 2006, 27 adultes et trois enfants sont morts, empoisonnés par l’eau contaminée par du pétrole », accuse Paul Both Ruoth, un administrateur du comté de Koch. De son côté, Reimund Reubelt, le directeur de Signe d’espoir, assure que « la teneur très élevée en nitrate dans l’eau, en raison des techniques d’extraction du brut, peut avoir des effets dévastateurs sur la santé, notamment celle des enfants ». WNPOC dément ces accusations et souligne que sa présence dans la région a permis de créer de nombreux emplois. Réponse d’un fermier du village de Riek, à six kilomètres de la raffinerie de Thar Jath : « Les routes et le réseau électrique ne nous impressionnent pas. Les emplois créés ont profité à des gens qualifiés des villes, pas aux villageois du comté. Nous, nos conditions de vie se sont détériorées. Les malades sont nombreux, des vaches et des chèvres sont mortes après avoir bu de l’eau contaminée. La raffinerie recrache sans cesse une épaisse fumée noire ». Selon Paul Both Ruoth, la superficie des marais aurait diminué depuis l’arrivée de WNPOC dans la région. La colère des habitants est aussi alimentée par le fait que nombre d’entre eux ont dû abandonner leurs villages, réquisitionnés pour construire la raffinerie. « Si le gouvernement ne nous aide pas, nous allons faire comme au Nigeria », menace un villageois, en référence aux enlèvements d’employés de compagnies pétrolières qui ont eu lieu dans le sud du Nigeria. La déforestation reprend au Brésil (MFI) Après être parvenu à freiner le recul de la forêt amazonienne pendant plusieurs années, le Brésil a enregistré ces derniers mois une reprise de la déforestation : 7 000 km² de forêts sont partis en fumée entre août et décembre 2007, selon les observations satellites de l’Institut national de recherches spatiales. Plus de la moitié des surfaces concernées se trouvent dans l’Etat du Mato Grosso. Un coup dur pour les autorités brésiliennes qui se vantaient, lors de la récente conférence de Bali sur le climat, d’avoir jugulé le phénomène. Le président Lula affirmait pour sa part que son objectif était de parvenir à « une déforestation zéro de l’Amazonie ». Pour tenter d’inverser la tendance, trois cents policiers ont lancé une vaste opération contre les déboiseurs clandestins, le 26 février 2008. Mais leur mission est difficile quand on sait que l’Amazonie brésilienne couvre 5 millions de km². « En outre, les amendes infligées sont ridiculement basses, et seules 2 % sont payées », déplore Sergio Leitao, le directeur de Greenpeace-Brésil. Les surfaces brulées ces derniers mois ont été remplacées par des cultures de soja et de canne à sucre. « Ce n’est pas un hasard au moment où les cours des produits agricoles s’envolent », souligne le ministre brésilien de l’Environnement. Les observateurs anticipent donc une aggravation de cette déforestation en 2008. Cela d’autant plus que des élections municipales ont lieu cette année au Brésil ; les maires risquent donc de fermer les yeux sur les destructions illégales perpétrées par leurs électeurs. « La seule solution est de valoriser l’entretien de la forêt et de rémunérer ceux qui protègent les arbres », estime Sergio Leitao. Chaque kilomètre-carré de forêt amazonienne détruit produit 22 000 tonnes de CO2. Les espèces exotiques menacent la biodiversité en Europe (MFI) 10 670 : c’est le nombre d’espèces exotiques, animales et végétales, répertoriées en Europe et menaçant la biodiversité locale. C’est ce qui ressort de travaux financés par l’UE, menés pendant trois ans par 200 spécialistes. On peut citer ainsi la berce des prés, venue d’Afrique du nord et introduite en Europe à des fins ornementales. Elle pousse désormais dans les campagnes, mais provoque des brûlures et étouffe les herbes originelles. Depuis plusieurs années, la prolifération des méduses en Méditerranée – probablement arrivées d’Asie dans les eaux de ballast de navires empruntant le canal de Suez – perturbe l’activité des stations balnéaires. La moule zébrée, venue de la mer Caspienne, colonise depuis le début de la décennie le bassin de l’Ebre, en Espagne, éliminant sur son passage tout ou partie de la faune locale. Comme l’explique Ladislav Miko, directeur de l’Environnement à la Commission européenne : « En apparence, ces espèces sont inoffensives, voire plaisantes. Comme ces jacinthes d’eau aux fleurs violettes venues d’Amérique latine, dont nous savons aujourd’hui qu’elles constituent une des principales sources de perte de la biodiversité et qu’elles peuvent être le vecteur de nouvelles maladies ». Dans 80 % des cas, l’introduction de ces espèces exotiques envahissantes est volontaire ; on trouve des plantes de plus en plus diverses chez les pépiniéristes, des animaux de plus en plus originaux dans les animaleries. Le résultat de la globalisation des échanges. « Si nous voulons stopper la perte de la biodiversité d’ici 2010, comme les membres de l’UE en ont pris l’engagement, il est urgent de prendre des mesures. Mais il faut agir collectivement car aucun pays n’a les moyens de se défendre seul face à cette invasion », plaide David Roy, l’un des auteurs de l’étude. Un vœu qui ne devrait pas être exaucé de sitôt. La Commission européenne a décidé de ne pas étudier le dossier avant 2010. | |||
| Jean Piel | |||
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