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22/04/2008
Chronique Environnement : Chimpanzés,le réchauffement, crise alimentaire

Des comédiens ivoiriens au secours des chimpanzés

(MFI) Une troupe de théâtre vient de parcourir l’ouest de la Côte d’Ivoire, s’arrêtant dans les petits villages de brousse, pour interpréter une pièce destinée à sensibiliser les habitants à la protection des chimpanzés. Intitulé Nos cousins de la forêt et joué par la troupe Ymako Téatry, le spectacle raconte l’histoire de deux familles qui se disputent le corps d’un singe mort. L’une des familles a pour tradition de vénérer les chimpanzés, l’autre les chasse pour les manger. Evidemment, dans la pièce, la première famille l’emporte sur la seconde.
Ce spectacle a été inauguré lorsque la population des primates de Côte d’Ivoire, la plus forte d’Afrique de l’Ouest, s’est effondrée de près de 90 % en quelques années, faisant planer une grave menace sur l’écosystème de la région. Les singes sont essentiellement tués pour leur viande.
« Comme il y a une culture orale en Afrique, on s’en est servi à travers le théâtre pour promouvoir la protection des chimpanzés et de la forêt. Le résultat est très satisfaisant », explique l’initiatrice du projet, Ilka Herbinger, directrice de la Fondation pour les chimpanzés sauvages. Après la représentation, seul 1 % des spectateurs disent vouloir encore manger du singe, contre 70 % avant.
La Fondation pour les chimpanzés sauvages réclame également à l’Office ivoirien des parcs et réserves la mise en place d’un programme de développement agricole autour du parc de Taï, à l’ouest du pays, afin de freiner la disparition des primates.


George Bush fait de nouvelles promesses contre le réchauffement climatique

(MFI) « Nous allons mettre les Etats-Unis sur une voie nouvelle et ambitieuse pour réduire les gaz à effet de serre ». C’est ce qu’a déclaré George Bush mercredi 16 avril. Le président américain a fixé comme objectif au pays de stopper la croissance des émissions de CO2 d’ici à 2025. Deux moyens pour atteindre ce but : des solutions technologiques appliquées aux entreprises, aux villes et aux transports, et un recours croissant au charbon et au nucléaire. Fidèle à son habitude, George Bush n’a cependant annoncé aucune mesure précise et contraignante, ni aucun objectif chiffré.
Si elle apparaît innovante de prime abord, la proposition de George Bush a en fait surtout attiré les critiques. La référence au charbon et au nucléaire a mécontenté les écologistes. Pour Eileen Claussen, la présidente du Global Climate Change Institute : « La proposition de George Bush est une triste plaisanterie. Il ne propose pas de réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais de stopper leur croissance, bref de les plafonner à leur niveau atteint en 2025 ; c’est très différent. Son offre est vague et signifie surtout qu’il ne fera rien jusqu’à la fin de son mandat ».
Les critiques ont été tout aussi vives lors de la réunion de Paris sur le changement climatique, organisée entre les principales économies de la planète, les 17 et 18 avril. « Une proposition digne de l’ère de Neandertal, absolument pas à la hauteur du défi mondial », a commenté sans diplomatie le ministre allemand de l’Environnement. « Une offre décevante et irréaliste. Les Etats-Unis ne peuvent pas se contenter de plafonner à un niveau élevé leurs émissions de CO2, alors que l’Union européenne s’est engagée à réduire les siennes de 20 % d’ici 2020 », a ajouté le commissaire européen à l’Environnement, Stavros Dimas.
Pour les spécialistes, l’initiative de George Bush vise à contrer les efforts du Congrès – où les Démocrates sont majoritaires – pour adopter un projet de loi visant à réduire de 20 % d’ici 2020 les émissions de GES. Selon George Bush : « Tout objectif chiffré est contre-productif et nuisible à l’économie américaine ».




(MFI) « Un crime contre l’humanité ». C’est en ces termes que Jean Ziegler, le rapporteur des Nations unies pour le droit à l’alimentation, qualifie la production de biocarburants. Et le diplomate suisse de prédire « une longue période d’émeutes » si les prix alimentaires mondiaux ne baissent pas rapidement. L’OCDE et la Banque mondiale – deux institutions peu suspectes d’alter mondialisme – estiment, elles aussi, que « Les biocarburants sont un facteur important dans la hausse des prix des produits alimentaires ».
Il y a peu, le bioéthanol était considéré comme la solution miracle pour limiter le réchauffement climatique et contenir la facture pétrolière. Le carburant idéal qui satisfaisait autant les écologistes que les automobilistes. Aujourd’hui, force est de déchanter. Depuis plusieurs mois déjà, les scientifiques émettent des doutes quant à l’intérêt environnemental des biocarburants. Leur efficacité énergétique serait médiocre et ne réduirait que faiblement les émissions de CO2. En outre, la culture intensive de colza ou de blé nécessaire à ces agro-carburants obligerait à remettre en plant des champs en jachère, d’où une menace pour la biodiversité et l’acidification des sols.
Mais c’est surtout le fait que les cultures consacrées aux biocarburants ne le sont pas aux plantes vivrières qui suscitent la colère. Surtout lorsque les Etats-Unis et l’Union européenne annoncent leur volonté de porter les biocarburants à 10 % de leur consommation d’ici 2020. Comme le dit Jean Ziegler : « Il est impossible que nous remplissions nos réservoirs aux dépens des affamés ». Et le commissaire de l’Onu d’utiliser une comparaison parlante : « Un plein de 50 litres de bioéthanol nécessite de brûler 232 kg de maïs. Avec une telle quantité de nourriture, on peut nourrir un enfant pendant un an ».
Lors de la conférence de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui s’est tenue à Brasilia les 16 et 17 avril, le mouvement paysan, Via Campesina, a critiqué le fait que « La production de biocarburants détourne une partie des terres des cultures vivrières ». Pour sa part, Jean Ziegler réclame un moratoire de cinq ans sur les agro-carburants en attendant que l’industrie mette au point des biocarburants de synthèse.
Au banc des accusés, le Brésil – qui cultive massivement du colza pour ce secteur – estime n’être en rien responsable de la flambée des denrées alimentaires. Il rappelle qu’il ne consacre que 1 % de ses terres arables aux biocarburants. Selon lui, la crise actuelle est due à la hausse de la démographie mondiale.


Jean Piel

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