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29/04/2008
Environnement : Biodiversité Madagascar, Eoliennes, Glaciers des alpes

L’exceptionnelle biodiversité de Madagascar, objet d’une vaste étude

(MFI) Considéré comme un trésor de la biodiversité mondiale, Madagascar vient de faire l’objet d’une grande étude menée par 22 chercheurs américains, britanniques, allemands et suédois. L’île en effet abrite 2 % de la biodiversité du globe, et nombre d’espèces animales ne se rencontrent qu’à Madagascar. C’est notamment le cas des lémuriens.
Cette étude a répertorié plus de 2 300 espèces animales et végétales, leur nombre, leur état de conservation, leurs besoins… Cela aussi bien sur les papillons, les grenouilles, les caméléons… que sur les fleurs, les arbres, les racines. Comme l’explique Steven Sanderson, président de la Wildlife Conservation Society : « Cette étude a permis d’établir une carte des zones où la biodiversité va bien et de celles où elle est davantage menacée. L’objectif était de fournir un outil fiable et exhaustif aux autorités malgaches afin qu’elles puissent mieux protéger l’environnement. »
Cette étude internationale recommande ainsi d’élargir la réserve naturelle existante à des régions qui ont été négligées dans le passé, comme les massifs du plateau central ou le littoral. Le gouvernement de Madagascar a prévu de s’appuyer sur ce travail pour tripler les surfaces naturelles protégées, les portant ainsi à 60 700 km².


Plus d’éoliennes, pas moins de CO2

(MFI) Afin de favoriser le développement du parc éolien, le gouvernement français accorde de larges subventions aux communes. Sans conteste, ces dernières réalisent alors une bonne opération. Mais une étude récemment réalisée par la Fédération Environnement Durable émet des doutes quant à l’intérêt de cette énergie alternative dans la lutte contre le réchauffement climatique. Sans même considérer le prix – l’électricité produite par le vent étant actuellement l’une des plus coûteuses.
Des comparaisons européennes montrent que l’Allemagne, malgré un parc éolien de 18 000 mégawatts, a vu ses émissions de CO2 par habitant augmenter de 1,2 % par an depuis 2000. L’Espagne, dont le parc produit plus de 10 000 mégawatts, a connu une augmentation de CO2 de 10,4 % sur la même période. Certes, Madrid connaît ces dernières années un fort taux de croissance, et la réunification allemande a imposé d’importants investissements énergétiques dans l’ex-Allemagne de l’Est. Néanmoins, pour Marc Lefranc, auteur de l’étude : « L’éolien présente un bilan décevant du point de vue économique et environnemental. »
Comment expliquer une telle conclusion ? Selon l’Agence de la maîtrise de l’énergie (Ademe) : « L’intermittence de la fourniture d’électricité par les éoliennes contraint à recourir à des centrales thermiques quand des pointes de consommation (en hiver) se conjuguent avec une absence de vent. Plus l’éolien se développe, plus les centrales thermiques sont sollicitées, même épisodiquement. » Pour Pierre Radanne, un expert indépendant : « L’éolien n’a de sens que dans le cadre d’une politique globale de l’énergie visant à maîtriser la consommation d’électricité. Pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, la première chose à faire est de diminuer sa consommation. Mais personne ne le fait. Au contraire, dans les communes entourées d’un parc éolien, les habitants ont tendance à accroître leur consommation puisqu’ils croient que l’électricité est gratuite. »
Comme l’écrit Marc Lefranc : « Les éoliennes me font penser aux biocarburants. Au début, tout le monde y a vu la solution miracle pour réduire la facture pétrolière et protéger l’environnement. En fait, c’est très discutable. Sans effort d’économie d’énergie, l’éolien ne sert à rien. »


Les glaciers des Alpes fondent inéluctablement

(MFI) Le plus connu des glaciers des Alpes françaises, la Mer de Glace, perd en moyenne quatre mètres d’épaisseur par an depuis 1990. Sa longueur a reculé de 370 mètres depuis la même année, et selon les projections il devrait encore perdre de 600 à 900 mètres d’ici vingt ans. Son voisin, le glacier des Bossons, a diminué de 650 mètres depuis vingt-cinq ans. Ce sont du moins les observations enregistrées par le Laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement (LGGE), basé à Grenoble. Le phénomène ne concerne pas que la France. Les glaciers italiens, suisses et autrichiens sont aussi touchés par une telle fonte.
Les conséquences pourraient être dramatiques en terme de régulation du climat et de régime des précipitations. Ce qui inquiète aussi les scientifiques, c’est le risque de perte d’informations, car les glaciers sont des « mémoires » du climat. En prélevant des carottes de glaces, les spécialistes peuvent reconstituer les climats passés. Comme l’explique Michel Legrand, glaciologue auprès du LGGE : « La glace conserve, à l’état de trace, les composés chimiques de l’atmosphère. En l’étudiant, on peut ainsi repérer les années chaudes et les années froides, les mois pluvieux et les mois secs, de même que les causes de la pollution année par année. » Ainsi, les glaciologues ont constaté une diminution des pollutions en soufre ces dernières années, alors que la combustion de biomasse (feux dans les cheminées) est désormais responsable, l’hiver, de 60 % de la pollution en carbone. « Avec la fonte des glaciers, c’est tout ce savoir que nous allons perdre. Cela ne concerne pas que la France, mais les climats de tous les pays européens », se lamente Michel Legrand.
Pour les experts du LGGE, le réchauffement climatique est responsable de cette perte des glaciers. En effet, les précipitations moyennes n’ont pas diminué ces cent dernières années : le problème est donc bien la fonte des glaces qui ne peut être due qu’à la chaleur.


Jean Piel

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