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06/05/2008
Chronique Environnement : le fleuve Niger, les océans en danger, la pollution au Pérou

Au secours du fleuve Niger

(MFI) L’Autorité du bassin du Niger (ABN) a adopté, mercredi 30 avril 2008 à Niamey, un programme de 5,5 milliards d’euros (3 645 milliards CFA) en faveur du fleuve menacé notamment par l’ensablement. Divisé en quatre plans quinquennaux, ce programme insiste sur le développement des infrastructures socio-économiques le long du fleuve et sur la protection des écosystèmes.
« Les défis et les enjeux de développement du bassin, a souligné le président nigérien Mamadou Tandja, sont plus que jamais importants pour la sécurité alimentaire et les ressources en eau. Il en va de la survie des 110 millions de riverains du Niger ». « Nous devons désormais agir collectivement pour sauver le fleuve. Jusqu’à présent, les actions isolées des Etats n’ont pas suffi à la mise en valeur du fleuve qui agonise », a ajouté le président malien Amadou Toumani Touré. Ces quarante dernières années, le débit du Niger a diminué de 20 % à 55 % en raison du changement climatique, de la pression démographique, des faibles pluies, de l’ensablement et des végétaux flottants.
Une table ronde des bailleurs se réunira le 23 juin 2008 à Niamey afin de mobiliser les fonds nécessaires au premier plan quinquennal (2008-2012) d’un montant de 1,4 milliard d’euros. Parmi les financiers se trouvent, outre les neuf pays de l’ABN, la Banque islamique de développement, la Banque mondiale et la France. Parmi les projets prioritaires se trouve la construction de deux nouveaux barrages à Kandadji (Niger) et Taoussa (Mali) ; deux ouvrages censés protéger l’écosystème du bassin du fleuve et accroître le potentiel agricoles des régions limitrophes, régulièrement en proie à des crises alimentaires dues à la sécheresse.
Outre ce programme d’investissement, le sommet de l’ABN a adopté une Charte de l’eau qui garantit le partage « raisonnable et équitable » des eaux du fleuve. Cette Charte en 37 articles fait obligation aux Etats de veiller à ce que le bassin du Niger soit mieux préservé. Elle stipule que l’utilisation du fleuve doit être rationnelle et viser à satisfaire les besoins prioritaires des populations, notamment la lutte contre la pauvreté. La Charte impose également des amendes aux pollueurs ainsi que des taxes sur le prélèvement d’eau en grande quantité. Elle réglemente la construction des ouvrages qui doivent tenir compte des conséquences pour le pays situé en aval ou sur la rive opposée du fleuve.
Troisième fleuve d’Afrique, le Niger (4 200 km) couvre un bassin de 2,1 millions de km² et assure la survie de 110 millions de personnes majoritairement très pauvres. Cette population devrait doubler d’ici à 2025, d’où la crainte que le bassin ne soit soumis à une occupation sauvage et à une surexploitation de ressources déjà en voie d’épuisement. La navigation et la reproduction des poissons y sont quasi impossibles en raison du faible débit du fleuve et des plantes aquatiques nuisibles qui colonisent ses eaux. Les neuf Etats de l’ABN sont le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Nigeria, le Tchad et le Niger.


Près de la moitié des océans en danger

(MFI) Pour la première fois, des scientifiques ont dressé une carte détaillée du niveau de la pollution des océans liée aux activités humaines. L’atlas répertorie vingt types d’écosystèmes marins, des récifs coralliens aux mangroves en passant par les estuaires. Selon cette étude, plus de 40 % des océans portent les traces d’une grave atteinte écologique ; seul un infime pourcentage des mers reste préservé de toute influence humaine.
« Nous savons depuis longtemps que les océans sont en danger. Grâce à cette carte, nous pouvons quantifier le niveau de la menace et précisément la localiser. C’est un outil essentiel pour mieux protéger nos espaces maritimes. Il faut tout faire pour permettre aux océans de rester propres et continuer à fournir les ressources dont l’homme a besoin, tout en respectant les règles du développement durable », insiste Ben Halpern, professeur à l’université de Californie, à l’initiative de ce travail.
Les régions les plus menacées se trouvent en mer du Nord, en mer de Chine, le long de la côte atlantique des Etats-Unis, en mer Rouge, en Méditerranée et dans le golfe Arabo-persique. Quant aux écosystèmes marins, les plus touchés sont les barrières de corail, les récifs et les marches continentales. A contrario, les zones les mieux préservées se trouvent autour des pôles. Mais la fonte des glaces, consécutive au réchauffement climatique, et l’exploitation de nouveaux champs de pétrole au Canada inquiètent les scientifiques. Ces derniers se refusent néanmoins à faire preuve d’un pessimisme excessif. Selon Ben Halpern : « On peut encore sauver les mers. Les pollutions ne sont pas toutes irréversibles. »

Un poumon géant contre la pollution au Pérou

(MFI) Face au ministère de l’Economie, à Lima, est installée une curieuse boite bleue de 3,5 mètres de long et 5 mètres de haut, équipée de cheminées et de gros tubes en plastique. Les habitants de la capitale péruvienne la surnomment le Super arbre, mais ses inventeurs préfèrent parler d’un « poumon géant ». Cette machine aspire les particules et les gaz nocifs (notamment les fumées d’échappement des voitures) et rejette de l’oxygène. « C’est la solution idéale pour lutter contre la pollution d’une ville », assure son concepteur Jorge Gutierrez.
Baptisé officiellement PAU-20, le « poumon » de Lima permet de purifier 200 000 mètres cube d’air par jour (soit la respiration de 20 000 personnes) et remplace 1 200 arbres en terme d’absorption de gaz carbonique. En outre, ce purificateur urbain traite l’oxyde d’azote et l’oxyde sulfureux et retient les particules de carbone. Il est aussi capable de traiter l’eau.
Jorge Guterriez reconnaît qu’il faudrait plusieurs dizaines de ces machines pour en mesurer les effets positifs dans une grande ville. Par contre, elle se révèle efficace pour réduire la pollution de l’air d’un quartier situé près d’une grande route ou dans un site industriel.
Le PAU-20 coûte 100 000 dollars, consomme 2,8 kilowatts par heure (un peu plus qu’un aspirateur industriel) et 60 litres d’eau par jour. L’Espagne, les Etats-Unis, le Chili et la Corée du Sud se sont déjà déclarés intéressés.


Jean Piel

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