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24/06/2008
Chronique Environnement : Un nouvel atlas pour l'Afrique ; Le parc du Mercantour ; Les grenouilles.

Un nouvel atlas inquiétant pour l’Afrique

(MFI) Le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) vient de publier Afrique : Atlas de notre environnement en mutation. Un livre qui, à travers 300 images satellites et de nombreuses observations de terrain, permet de mesurer, sur trente ans, la croissance des villes, l’aggravation de la pollution et la déforestation sur le continent.
De la fonte des glaces du Kilimandjaro à l’assèchement du lac Tchad en passant par la progression du Sahel, les effets du réchauffement climatique sont particulièrement visibles en Afrique, et l’environnement se dégrade dangereusement. Les glaciers des Monts Rwenzori, à la frontière de l’Ouganda et de la RDC, ont rétréci de moitié en quinze ans. Selon le Pnue, 300 millions de personnes sont exposées à des pénuries d’eau, et les zones sub-sahariennes concernées devraient s’étendre d’un tiers d’ici 2050.
Exposées sur le mode « avant, après », les images satellites montrent une déforestation alarmante. Trente-cinq pays sont touchés, notamment la RDC, le Malawi, le Nigeria et le Rwanda. Une grande partie de la forêt épineuse de Madagascar a également disparu depuis 1973. Plus de 4 millions d’hectares de forêts disparaissent chaque année en Afrique, soit deux fois plus que la moyenne mondiale. En cause : l’agriculture, la collecte de bois de chauffage et l’urbanisation.
La perte de la biodiversité affecte 34 pays, surtout l’Angola, l’Ethiopie, le Gabon, le Cameroun et le Mali. L’Atlas du Pnue montre en outre une grave dégradation des terres. Quant à la désertification, elle menace 32 pays, parmi lesquels le Burkina Faso, le Tchad, le Niger et le Kenya.
L’organisation onusienne n’est pas totalement pessimiste néanmoins. Elle souligne que, ces huit dernières années, la population a entrepris des actions dans plusieurs régions. Des marais ont ainsi été reconstitués, la dégradation des sols arrêtée. Une prise de conscience se fait jour. Les actions les plus prometteuses concernent l’assainissement de l’eau. L’Afrique compte aussi 3 000 réserves protégées, dont 198 marines et 50 réserves de biosphère. Comme l’écrit Achim Steiner, le directeur du Pnue : « L’Afrique n’émet que 4 % des gaz à effet de serre dans le monde, mais elle souffre des conséquences du changement climatique de manière disproportionnée. Les comportements individuels sont aussi responsables de la pollution croissante. Mais la communauté internationale doit se mobiliser pour défendre le continent. Il y a urgence. »

Le parc du Mercantour scruté à la loupe

(MFI) Situés entre les massifs alpins français et italiens et la Méditerranée, le parc du Mercantour et le Parco delle Alpi Marittime vont faire l’objet d’un ambitieux inventaire de leur patrimoine naturel ; une première en Europe. L’objectif est de recenser l’ensemble de la biodiversité du parc : les animaux, les oiseaux, les insectes, les fleurs, les fougères, les arbres, les mousses… Un projet qui va mobiliser une trentaine de scientifiques européens pendant dix ans. Comme l’explique Thierry Boisseaux, le directeur du parc du Mercantour : « Il s’agit de pousser nos connaissances aussi près que possible de l’intégralité du vivant. Le nombre d’espèces répertoriées à ce jour est d’environ 2 000. Notre objectif est d’arriver à plus de 5 000 à l’issue de l’inventaire. La majeure partie des espèces inconnues relève du champ microscopique. »
S’étendant sur près de 2 450 km² répartis sur huit vallées alpines, s’étageant entre 300 et 3 200 mètres d’altitude, le massif offre une grande variété de situations écologiques, avec près de cinquante types d’habitats naturels : zone humide, forêt, rocher… Situé au croisement des influences alpine, méditerranéenne et continentale, il fait partie des 34 grands lieux de biodiversité de la planète. « La situation du parc est exceptionnelle. On passe rapidement des oliviers à la flore alpine. On croise la chouette Tenglman qui vit généralement en Sibérie, et le hibou Petit duc qui vient d’Afrique du Nord. Retrouver des espèces aussi différentes sur un même territoire est unique au monde », souligne Florent Favier, un animateur du parc.
Cet inventaire n’est pas uniquement quantitatif. Il vise aussi à comprendre comment les différentes espèces inter-agissent entre elles, si un type de mousse particulier fixe un type d’insectes précis, si certains oiseaux sont attirés par la présence de certains arbres… Autant d’informations qui permettront de mieux gérer la biodiversité du parc du Mercantour et de mieux le protéger face aux menaces environnementales.
A ce jour, un seul inventaire de ce type a eu lieu : aux Etats-Unis, dans le parc national des Appalaches.

Les grenouilles n’ont pas le moral

(MFI) La moitié des 6 000 espèces connues d’amphibiens est menacée d’extinction, dont 500 d’extinction immédiate, c’est-à-dire sans espoir de survie à moins de les élever en captivité. C’est ce que révèle une étude de l’université du Québec. « Pour n’importe quelle espèce d’oiseau ou de mammifère menacée, c’est deux à trois espèces d’amphibiens qui le sont », s’alarme Stéphane Plamondon, le conservateur de l’aquarium de Québec.
Très sensibles à la détérioration de leur milieu de vie, les grenouilles sont un excellent indicateur de la qualité de l’environnement. Leur rôle dans l’écosystème est très important puisqu’elles sont à la fois proies et prédateurs. Elles mangent des insectes nuisibles, mais sont mangées par d’autres animaux qui, du coup, pâtiraient de leur disparition.
En cause : la destruction des milieux humides provoquée par le réchauffement climatique, l’urbanisation et la déforestation. En outre, les grenouilles sont très sensibles aux pesticides qui provoquent chez elles de multiples déformations. Enfin, ce sont les premiers animaux (avec les serpents) victimes de la circulation automobile. Pour Stéphane Plamondon : « Il est impératif de davantage protéger les milieux humides, et cesser de manger des cuisses de grenouilles. »

Jean Piel

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