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| 08/07/2008 | |||
| Chronique Environnement : L’Afrique australe; La Banque Mondiale au chevet des tigres; Vert de Chine. | |||
| L’Afrique australe en voie de protéger sa pêche (MFI) Réunis en sommet à Windhoek (Namibie), les ministres de la Pêche de huit pays d’Afrique australe ont adopté un plan pour protéger leurs ressources halieutiques. La principale menace vient des navires-usines, notamment chinois, qui ne respectent pas les eaux territoriales ni le droit international en matière de protection de l’environnement. « Chaque année, les Etats membres de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) perdent environ un milliard de dollars de revenus à cause des prises de mer illégales. Nous ne pouvons pas accepter ce pillage de nos stocks de poissons. C’est une menace pour notre économie, pour l’emploi de milliers de pêcheurs et pour la sécurité alimentaire », a dénoncé Abraham Iyambo, le ministre namibien des Pêches. La conférence de Windhoek a décidé d’interdire le transbordement des poissons en pleine mer (un moyen de passer outre les quotas) et de créer un système assurant la traçabilité des poissons. Les espèces les plus recherchées par les navires-usines sont les crustacés et les thons. Comme le raconte un pêcheur sud-africain, cité par le WWF : « Nos communautés souffrent beaucoup des chalutiers industriels qui profitent de la nuit pour pêcher illégalement dans des zones réservées à la pêche artisanale. Ils détruisent nos ressources, nos fonds sous-marins, nos filets et parfois tuent des pêcheurs en heurtant leurs barques en pleine nuit puisqu’ils naviguent tous feux éteints. » Le WWF ajoute qu’il faudrait aussi combattre la corruption des autorités locales qui facilitent les abus des navires-usines asiatiques. Les huit pays présents à la conférence de Windhoek étaient la RDC, la Namibie, l’Afrique du Sud, Madagascar, Maurice, le Mozambique, la Tanzanie et l’Angola. La pêche représente environ 10 % du PIB de la région. Chaque pays doit désormais détailler son plan d’action contre la pêche illégale, et un document final sera adopté en juin 2009. Les navires-usines qui agissent hors-la-loi ont donc encore de beaux mois devant eux. La Banque mondiale au chevet des tigres (MFI) On comptait 100 000 tigres en liberté vers 1910 ; on n’en compte plus aujourd’hui que 4000, essentiellement en Asie. La Banque mondiale vient donc d’annoncer un projet visant à freiner le déclin de l’espèce. Il s’agira dans un premier temps de mener des négociations avec les pays abritant une forte population de félins – notamment l’Inde, la Chine, la Thaïlande, la Birmanie – afin de les inciter à mieux protéger l’animal, mais aussi à définir avec eux les moyens humains, financiers et logistiques dont ils ont besoin. « Comme pour les autres défis du développement durable, le changement climatique ou les épidémies, la crise relative aux tigres dépasse les capacités d’un seul pays », a déclaré Robert Zoellick, le président de la Banque mondiale. Une Ong qui cherche à sauvegarder le tigre en Inde – pays où sa population est la plus nombreuse – s’est déclarée sceptique à l’égard de cette initiative, soulignant que la Banque mondiale finance dans le sous-continent des projets ayant un impact négatif sur la faune, comme la construction d’autoroutes. Faisant amende honorable, Robert Zoellick a répondu que « la première étape de ce combat pour la défense des tigres serait de revoir la propre politique de la Banque ». Le braconnage des félins est en pleine recrudescence en Asie. Les tigres sont recherchés pour leurs crocs et leur bile, utilisés en médecine chinoise, et pour leur peau dont on fait des descentes de lit. L’urbanisation les menace également puisqu’ils auraient perdu 40% de leur habitat ces dix dernières années. La Banque mondiale prévoit de déclarer 2010 « Année du tigre ». Vert de Chine (MFI) A un mois de l’inauguration des Jeux olympiques, le lac de Qingdao – sur lequel doivent se dérouler les épreuves de voile – est recouvert d’un immense tapis d’algues polluantes. Des milliers de volontaires se relaient pour nettoyer le site, armés de pelles, de râteaux et de sacs poubelles. Les autorités se veulent rassurantes et promettent que tout sera nettoyé avant les premières régates. Depuis l’apparition de ces algues, 170 000 tonnes ont déjà été dégagées ; les mottes ont un aspect laineux, mais dégagent une odeur pestilentielle de chou-fleur pourri. La prolifération de ces algues est directement liée à la pollution, notamment au déversement d’eaux usées chargées en azote en raison de la présence de détergents et d’engrais. Désormais premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, la Chine a promis de faire de ces JO les plus écologiques de l’histoire. Plusieurs mesures ont été adoptées en ce sens. Dès quinze jours avant la cérémonie d’ouverture, les voitures n’auront plus le droit de rouler qu’un jour sur deux (plaques minéralogiques paires les jours pairs ; idem pour les numéros impairs) ; les usines les plus polluantes (cimenteries, aciéries, complexes chimiques …) devront réduire leur activité de 30 %, et les constructions de bâtiments seront suspendues. Des mesures qui devraient coûter plus de 20 milliards de dollars à l’économie nationale, mais dont il n’est pas sûr qu’elles suffisent à rassurer des athlètes. Plusieurs délégations – l’Australie, le Royaume-Uni, l’Allemagne notamment – ont annoncé qu’elles n’arriveraient que la veille de la cérémonie d’ouverture, et non pas une semaine avant comme c’est l’usage, pour préserver la santé des sportifs. Pékin, il est vrai, est en permanence noyé sous un nuage gris à cause de la pollution atmosphérique. | |||
| Jean Piel | |||
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