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| 20/08/2008 | |||
| Chronique environnement | |||
| La forêt Mau en danger (MFI) Trois cents millions de dollars : c’est la somme que le Kenya pourrait perdre dans les secteurs du thé, du tourisme et de l’énergie si la forêt Mau continue de se dégrader. L’avertissement a été lancé par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). « Cela fait plusieurs années que nous informons le gouvernement kenyan des menaces qui pèsent sur cet écosystème exceptionnel. La situation est arrivée à un tel point aujourd’hui que, si aucune mesure n’est prise, le Kenya va perdre l’un de ses atouts majeurs », insiste Achim Steiner, le directeur du PNUE. Située à 250 kilomètres de Nairobi, la forêt Mau est la plus grande forêt du Kenya. D’une superficie de 400 000 hectares, elle s’étage entre 2 000 et 2 600 mètres d’altitude. Elle est considérée comme le château d’eau du pays puisque son bassin accueille les principaux fleuves de la Vallée du Rift, alimentant plusieurs grands lacs. Quatre millions de personnes, au Kenya et en Tanzanie, utilisent l’eau de la forêt Mau. Outre cette ressource en eau, la forêt crée un microclimat indispensable à l’agriculture et aux pâturages. Par ailleurs, sa diversité animale et végétale est exceptionnelle : on y trouve des léopards, des éléphants, des bongos, mais aussi des cèdres, des podocarpus et des clairières naturelles. Ces dix dernières années, la forêt Mau a perdu 46 000 hectares, à cause d’une sylviculture mal contrôlée, de l’installation de nouveaux villages (d’où l’abattage d’arbres et une agriculture en hausse) et de l’exploitation de mines de charbon. Résultat : une biodiversité en baisse, une érosion qui s’accélère et des ressources hydriques qui s’épuisent. Si rien n’est fait rapidement, 20 % de la forêt pourrait disparaître dans les prochaines années. Le Premier ministre kenyan, Raila Odinga, s’est engagé à agir pour stopper la destruction de la forêt Mau : « Nous allons restaurer la fonction de château d’eau de la forêt et protéger sa biodiversité. Nous entendons sécuriser les ressources de millions de personnes qui dépendent de la forêt dans leur vie quotidienne ». Il reste à savoir si des mesures seront effectivement adoptées et combien de temps elles mettront avant de faire sentir leurs effets. Un Fonds amazonien contre la déforestation (MFI) Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a annoncé le 8 août 2008, la création d’un « Fonds amazonien » destiné à investir dans la préservation du premier « poumon » de la planète. Doté d’un budget d’un milliard de dollars par an, ce fonds sera financé par des dons privés et gouvernementaux. Le premier don – d’un montant de 100 millions de dollars – a été accordé par le gouvernement norvégien. « Le Brésil assumera ses responsabilités en protégeant l’Amazonie. Nous savons que l’image d’une Amazonie en voie de destruction nuit à la réputation du Brésil, même si certains pays riches devraient éviter de parler comme s’ils étaient propriétaires de notre forêt », a déclaré le président Lula lors de la création de ce fonds. Le Fonds amazonien contribuera à la lutte contre la déforestation et à des projets de développement durable. Malgré son nom, il n’est pas destiné qu’à la protection de l’Amazonie, mais aussi à d’autres écosystèmes brésiliens. D’une superficie totale de 4,2 millions de km², la forêt amazonienne se situe à 60 % au Brésil. Première réserve de biodiversité au monde, elle a vu 20 % de sa superficie disparaître ces dernières années, et la déforestation se poursuit. « Si rien n’est fait, à ce rythme, la forêt amazonienne aura disparu en 2050 », dénonçait récemment le WWF. Dangereuses inondations en Roumanie (MFI) Les inondations qui ont frappé la Roumanie à la mi-août pourraient provoquer une catastrophe écologique majeure. En effet, la pression de l’eau a fissuré la digue d’un lac de décantation qui renferme plus de huit millions de tonnes de déchets miniers, notamment des métaux lourds et du cyanure. Pour l’instant, les brèches sont contenues, mais comme l’a déclaré le président roumain Traian Basescu : « si ces déchets miniers s’écoulaient dans les rivières de la région, ils provoqueraient une pollution grave des eaux intérieures et de ceux de l’Ukraine voisine ». La menace n’est pas théorique. En 2000, la rupture du lac de décantation de la ville de Baia Mare, dans le nord-ouest du pays, avait provoqué une grave pollution au cyanure ; des milliers de poissons avaient succombé. La situation aujourd’hui est rendue plus difficile par la crise diplomatique qui oppose la Roumanie à l’Ukraine, les deux pays ne s’informant plus du débit de leurs rivières respectives. Le différend entre Kiev et Bucarest concerne le partage du plateau continental de la mer Noire, dont une partie recèlerait 100 milliards de mètres cube de gaz. | |||
| Jean Piel | |||
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