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| 03/09/2008 | |||
| Chronique environnement | |||
| Optimisme mesuré après la rencontre d’Accra (MFI) S’inscrivant dans une série de rencontres destinées à négocier d’ici fin 2009 un « nouveau protocole de Kyoto », la conférence des Nations unies sur le réchauffement climatique – qui s’est achevée à Accra le 29 août – a débouché sur des résultats satisfaisants. Des progrès ont été enregistrés sur les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Des actions concrètes ont été définies pour l’aide aux pays du Sud en matière d’énergie solaire et d’assainissement des infrastructures urbaines. Des solutions ont été proposées pour lutter contre la déforestation, responsable de 20 % des émissions de GES. Cependant, la route est encore longue jusqu’à un accord, et les divergences restent nombreuses entre pays industrialisés et pays émergents. Première rencontre de ce type à se tenir en Afrique, la conférence des Nations unies a été l’occasion de constater à quel point le continent reste le parent pauvre des négociations sur le climat ; « le continent oublié », comme l’a dit Yvo de Boer, le secrétaire de la Convention de l’Onu sur les changements climatiques. Alors que l’Afrique n’est responsable que de 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, elle subit de plein fouet les conséquences du réchauffement. Au Ghana, les pluies ont diminué de 20 % ces trente dernières années ; en Afrique de l’Ouest, la mousson commence trente jours plus tard qu’il y a quarante ans, selon une étude allemande. Toute la côte ouest du continent est menacée par l’élévation du niveau des océans, en particulier la Gambie, le Nigeria et le Ghana. Selon plusieurs experts, les terres arides pourraient progresser de 8 %, diminuant la production agricole et l’accès à l’eau. Les catastrophes naturelles risquent d’être plus nombreuses, les conflits liés à l’environnement aussi. Ces sombres prévisions sont aggravées par une démographie à la hausse. Malgré cette situation, les investissements en faveur de l’environnement restent faibles en Afrique. Ainsi en est-il du mécanisme de développement propre (MDP) qui permet aux pays industrialisés de compenser une partie de leurs émissions de GES en investissant dans la protection de l’environnement dans des pays du Sud. « Seuls 2% des projets MDP sont effectués en Afrique contre 45% en Chine et 16% en Inde. Le mécanisme n’est pas adapté à notre continent, il est destiné aux pays en voie d’industrialisation », se plaint Ewah Otu Eleri, qui dirige le Centre international pour l’énergie et le développement, au Nigeria. Une situation que déplore aussi Diane McFadzien, du WWF : « C’est aux nations industrialisées d’encourager les pays en développement. » De son côté, le chef de l’Etat ghanéen, John Kufuor, a proposé un accord en vertu duquel les pays en développement réduiraient leurs émissions de GES dues à la consommation d’énergies fossiles, en échange d’une aide à l’acquisition de technologies propres qui permettraient, en outre, de réduire la pauvreté. Il n’a reçu aucune réponse concrète. L’Allemagne pourrait conserver l’énergie nucléaire (MFI) « Ceux qui croient que nous pourrons renoncer dans un avenir proche aux centrales nucléaires et aux centrales thermiques et les remplacer en dix ans par des énergies renouvelables mettent en danger la puissance industrielle allemande et des milliers d’emplois. » En s’exprimant ainsi, l’ancien ministre social-démocrate (SPD) de l’Economie, Wolfgang Clement, vient de briser un tabou outre-Rhin. En effet, un accord signé en 2000, à l’époque de la coalition gouvernementale Vert/SPD, prévoit la fermeture progressive des centrales nucléaires en Allemagne jusqu’en 2021. Un accord que l’actuel gouvernement d’Angela Merkel n’a pas osé remettre en cause tellement le sujet est sensible. Pourtant, à l’instar de Wolfgang Clement, de plus en plus d’hommes politiques, même de gauche, commencent à se demander s’il est raisonnable de vouloir ainsi sortir du nucléaire. La hausse vertigineuse du prix du pétrole, les doutes sur l’intérêt des biocarburants et la décision de plusieurs pays européens de relancer la construction de centrales nucléaires donnent des arguments aux partisans de l’atome. A commencer par Angela Merkel qui est personnellement favorable au nucléaire. Même l’opinion publique évolue : 54% des Allemands se disent aujourd’hui favorables au nucléaire contre 40% il y a un an. Une solution médiane pourrait être de prolonger la durée de vie de centrales atomiques en activité sans en construire de nouvelles. De leurs côtés, les groupes énergétiques profitent de ce débat pour essayer d’obtenir l’annulation de l’accord de 2000 sur la sortie du nucléaire. Ils proposent en échange la création d’un fonds qui rassemblerait une partie des bénéfices tirés de l’allongement de l’activité des réacteurs atomiques et qui financerait le développement des énergies renouvelables ou des tarifs énergétiques sociaux. Les élections législatives se tenant en 2009 en Allemagne, aucun parti politique ne devrait prendre le risque de proposer, dans l’immédiat, l’annulation de l’accord de 2000. Mais ensuite, tout est possible, même chez les sociaux-démocrates. Des éléphants de mer océanographes (MFI) S’étendant sur plus de 20 millions de km², l’Antarctique est encore mal connu des scientifiques. Les glaces y rendent impossible l’accès des navires océanographiques en hiver, et les satellites ne peuvent observer que la surface. Les mesures in situ sont donc rares. D’où l’idée de scientifiques français du Muséum national d’histoire naturelle et du CNRS d’utiliser les éléphants de mer comme océanographes. Ces gros phoques effectuent plus de 60 plongées par jour à des centaines de mètres de profondeur pour se nourrir. Durant deux hivers consécutifs, 58 éléphants de mer ont été équipés de balises Argos, permettant de suivre en temps réel leurs déplacements, mais aussi de relever la température et la salinité de l’eau à différentes profondeurs. Premier enseignement : les éléphants de mer sont capables de parcourir plusieurs milliers de kilomètres à travers l’océan Austral pour se nourrir. Les glaces ne les arrêtent pas ; ils trouvent toujours des failles pour venir respirer à la surface. Cette expérience a également permis de réaliser 16 500 relevés de température et de salinité. Des informations essentielles pour comprendre le courant circumpolaire, le plus puissant de la planète, qui encercle l’Antarctique. En mesurant la teneur en sel des colonnes d’eau, les chercheurs ont pu aussi calculer la vitesse de formation et l’épaisseur de la banquise. Une information capitale : en effet, cette eau antarctique est le moteur de la circulation thermohaline, le grand brassage océanique, dont le cycle (sur des milliers d’années) joue un rôle majeur dans la régulation du climat. Une nouvelle campagne du même type est en préparation, cette fois-ci en Terre-Adélie avec des phoques de Weddell. | |||
| Jean Piel | |||
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