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| 14/10/2008 | |||
| Chronique Environnement : La Réunion, laboratoire du Grenelle de l’environnement ; La crise financière ne modère pas les députés européens ; Le tiers des mammifères menacés d’extinction. | |||
| La Réunion, laboratoire du Grenelle de l’environnement (MFI) Alors que les députés français étudient actuellement les mesures définies lors du Grenelle de l’environnement (pour réduire les émissions de CO2 et protéger la biodiversité), l’île de la Réunion, située au large de Madagascar, ambitionne d’être le laboratoire des énergies naturelles afin de couvrir ainsi la moitié de ses besoins en électricité d’ici 2020. Avec 37 % d’énergies renouvelables dans sa consommation électrique, La Réunion est le mieux placé des départements d’outre-mer pour atteindre les objectifs du Grenelle de l’environnement (50 % d’énergies renouvelables avant 2020). Il est vrai qu’ici, le vent, le soleil et la mer sont disponibles en abondance. « Aujourd’hui, 60 % de notre électricité est fournie par deux centrales thermiques qui fonctionnent notamment avec du charbon importé d’Afrique du Sud, et 37 % par les énergies renouvelables. Nous voulons inverser ce ratio. Cela suppose aussi de maîtriser la demande, en hausse constante à cause du développement du confort électroménager », explique Paul Beutin, directeur local de l’Ademe, l’Agence pour le développement et la maîtrise de l’énergie. Pour promouvoir les énergies naturelles, l’espoir repose moins sur l’hydraulique, déjà sollicité au maximum, que sur l’éolien et le solaire, dopés depuis 2006 par les tarifs de rachat par EDF. Des études géologiques sont également en cours pour développer la géothermie, mais sans certitude à ce jour. Les écologistes regrettent cependant que les forages aient lieu au cœur du Parc naturel de la Réunion. Une soixantaine d’éoliennes, capables de se coucher en cas de cyclones, tournent déjà, et des panneaux solaires sont installés sur les toits des écoles. Près de 45 % des logements sont équipés de chauffe-eau solaires, et 11 000 nouveaux sont installés chaque année. L’île rêve aussi de domestiquer l’énergie des courants et de la houle de l’océan Indien qui l’entoure. « L’expérience de la Réunion nous intéresse car elle pourrait être transposée dans des pays africains qui disposent des mêmes conditions climatiques et environnementales. L’île française a cependant la chance de recevoir d’importantes aides financières de Paris, ce qui n’est pas le cas ailleurs en Afrique », souligne un délégué du Programme des Nations unies pour l’environnement, basé à Nairobi. La crise financière ne modère pas les députés européens (MFI) Les eurodéputés refusent de se laisser impressionner par l’actuelle crise financière mondiale. Mardi 7 octobre, les membres de la commission Environnement du Parlement de Strasbourg ont voté à une large majorité l’application du principe pollueur-payeur pour lutter contre le réchauffement climatique. Un principe inclus dans un vaste plan défini par la Commission européenne, qui vise notamment à réduire de 20 % les émissions de CO2 dans l’UE d’ici 2020. « Le plus grand défi au niveau mondial, c’est le réchauffement climatique. Nous ne pouvons pas attendre que les économies se portent mieux pour agir. Nous devons le faire sans tarder », a plaidé l’eurodéputée irlandaise Avril Doyle. Ce vote est un revers pour l’industrie – les secteurs de l’acier, du ciment, de l’énergie et de l’automobile en particulier – qui réclamait un moratoire, arguant de leurs difficultés à cause de la crise financière. Les partis de droite au Parlement de Strasbourg avaient déposé plusieurs amendements visant à exempter les industries de taxes sur leurs émissions excessives de gaz à effet de serre. Sans succès. Le commissaire européen à l’Environnement, Stavros Dimas, s’est félicité de ce vote qui « conforte les propositions de Bruxelles pour lutter contre le réchauffement climatique ». Le plan européen prévoit, dès 2013, la mise aux enchères des droits d’émissions de CO2 accordés aujourd’hui gratuitement aux industriels. Plus de 10 000 entreprises bénéficient de ces allocations gratuites de CO2 au-delà des maximums légaux. Le Parlement de Strasbourg a par ailleurs appelé les Etats membres à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre dans d’autres secteurs : transports, chauffage urbain, agriculture… Les 27 doivent arrêter leur position sur ce plan avant la fin de l’année, puis le Parlement européen votera en séance plénière. Les associations écologistes redoutent que les ambitions affichées par la Commission européenne soient revues à la baisse par les Etats membres au nom de la compétitivité de leurs industries. Le tiers des mammifères menacés d’extinction (MFI) La moitié des espèces de mammifères sont en déclin et plus d’un tiers sont en grave danger d’extinction, à en croire l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). L’organisation – qui fait autorité en matière de biodiversité – vient de réaliser l’étude la plus complète jamais effectuée sur le sujet. A en croire Jan Schipper, l’un des experts de l’UICN : « La crise actuelle est considérée comme celle de la sixième grande période d’extinction des espèces, la précédente ayant été la disparition des dinosaures il y a 65 millions d’années. » Parmi les animaux en grave danger d’extinction se trouvent le lynx ibérique ou le cerf du Père David, d’origine chinoise, qu’on ne rencontre plus qu’en captivité. Dans la catégorie en danger se trouvent le diable de Tasmanie – dont la population a chuté de 60 % ces dix dernières années – et le phoque de la Caspienne, victimes de la chasse intensive. L’UICN estime cependant qu’il est possible de redresser la situation si des mesures de conservation sont adoptées rapidement. Ainsi, le cheval sauvage, qui avait presque disparu en Mongolie, voit-il aujourd’hui sa population croître. « Mais plus nous attendons, plus il sera difficile d’empêcher des espèces de s’éteindre », avertit Jan Schipper. | |||
| Jean Piel | |||
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