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21/10/2008
Chronique Environnement : l'ivoire aux enchères ; Les réfugiés climatiques ; La déforestation.

108 tonnes d’ivoire mises aux enchères en Afrique australe

(MFI) Pour la première fois depuis dix ans, plus de 100 tonnes d’ivoire seront mises aux enchères lors de quatre ventes internationales en Afrique australe, entre fin octobre et mi-novembre : 44 tonnes au Botswana, 4 tonnes au Zimbabwe, 9 tonnes en Namibie et 51 tonnes en Afrique du Sud.
Ces ventes ont été approuvées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Les stocks d’ivoire mis aux enchères proviennent de défenses d’éléphants morts de cause naturelle ou tués pour éviter la surpopulation.
Le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW, de son acronyme anglais) a condamné l’opération, estimant qu’elle encourageait les braconniers à écouler leurs stocks illégaux. La CITES pense au contraire que c’est un moyen de freiner le braconnage. Ainsi, la Chine et le Japon – destinations privilégiées des ventes illégales d’ivoire – seront parmi les principaux acheteurs à ces enchères.
Le profit des ventes sera utilisé pour défendre la conservation des éléphants. La dernière vente de ce type, en 1998, avait permis de récolter cinq millions de dollars. Le commerce international de l’ivoire est prohibé depuis 1989. Mais depuis 1997, la CITES a autorisé les pays d’Afrique australe à procéder à des ventes ponctuelles, estimant que la situation des éléphants dans la région le permettait.

Un nombre croissant de réfugiés climatiques

(MFI) Dans une interview au quotidien Le Monde, le Haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, s’inquiète de ce que le réchauffement climatique entraîne déjà des migrations humaines, et ce phénomène va s’accentuer. Or, les gouvernements n’en ont pas suffisamment pris conscience. Comme il l’explique : « Pour chaque centimètre de hausse du niveau des océans, il y aura un million de déplacés dans le monde. L’impact sera direct pour la sécheresse, les catastrophes naturelles ou la disparition d’îles. Il sera indirect par la pauvreté induite ou le déclenchement de conflits. Quand les janjawids attaquent des villages au Darfour, il y a une dimension politique, mais il y a aussi une compétition accrue pour l’accès à l’eau. »
Le biologiste Normann Myers a estimé à 200 millions le nombre probable de réfugiés climatiques en 2050 ; des migrations qui devraient avoir lieu à l’intérieur d’un même pays ou d’un même sous-continent. Ceux qui fuient leur région pour des raisons climatiques, ou à cause de la faim, ne sont pas des réfugiés au sens juridique du terme. A la différence des victimes de guerres ou de persécutions, ils ne sont pas protégés par la convention de Genève sur les droits des réfugiés. Le problème est d’autant plus aigu que la majorité des pays ont aujourd’hui tendance à fermer leurs frontières. Comme le souligne Antonio Guterres : « On ne peut pas tout résoudre par une gestion restrictive des frontières. C’est une illusion que nous payerons cher (…) Il faudrait des instruments de protection plus systématiques. Dans le cas des îles qui vont disparaître, leurs habitants ne peuvent pas devenir des apatrides. Il faut une place pour les accueillir tout en protégeant leurs traditions, leur culture, leur identité. » Et l’ancien Premier ministre portugais de se désoler qu’« il est plus facile de trouver 700 milliards de dollars pour sauver le système financier qu’un milliard pour l’aide à l’agriculture des pays pauvres. L’échelle des priorités dans le monde est profondément immorale ».
Les mécanismes de coopération au sein des Nations unies permettent actuellement de venir en aide aux réfugiés climatiques. Mais il n’est pas certain que cela soit le cas longtemps si le nombre de ces réfugiés se multiplie. A en croire Antonio Guterres : « Le XXIe siècle sera celui des peuples en mouvement. »

L’UE entend lutter contre la déforestation

(MFI) La Commission européenne a proposé, vendredi 17 octobre 2008, aux 27 Etats membres d’obliger les négociants en bois à produire des certificats d’origine pour protéger les forêts du monde entier. Comme l’a déclaré Stavros Dimas, le commissaire européen à l’Environnement : « 25 % des émissions de CO2 dans le monde proviennent de la déforestation. On ne s’attaquera pas au problème du réchauffement climatique si on n’enraye pas ce type d’émissions. » Actuellement, près de 20 % du bois importé dans l’UE provient de coupes illégales.
L’objectif de la Commission européenne est de réduire la déforestation tropicale de 50 % d’ici 2020 et de stopper la diminution de la couverture forestière en 2030 dans le cadre de négociations internationales.
Actuellement, 13 millions d’hectares de forêts disparaissent chaque année. Outre peser sur le réchauffement climatique, la déforestation aggrave la pauvreté puisque 60 millions de personnes dans le monde dépendent directement des forêts pour survivre, et 1,6 milliard sont affectées par la déforestation.

Jean Piel

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