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| 04/11/2008 | |||
| Chronique Environnement : Les titres forestiers au Congo ; Crise financière et environnement ; « Sauvez votre logo » ! | |||
| Polémique sur la légalisation des titres forestiers au Congo (MFI) Le ministre congolais de l’Environnement, José Endundo, a annoncé l’extension du moratoire de mai 2002 sur les titres forestiers, qui interdit la délivrance de nouvelles concessions d’exploitation du bois. Une annonce saluée par Greenpeace : « Cette nouvelle nous permet d’espérer que des alternatives seront trouvées à l’exploitation forestière industrielle à grande échelle. Face au changement climatique, la priorité est de protéger les forêts, non de les détruire. Ce moratoire ne constitue qu’une première étape. Il est impératif de mieux contrôler ce qui se passe sur le terrain », a déclaré Michelle Medeiros, la responsable Forêts africaines de Greenpeace. Mais cette annonce des autorités congolaises pourrait bien n’être qu’un moyen de faire « passer la pilule » de la légalisation des titres forestiers. Le processus est en effet sévèrement critiqué par les associations de défense de l’environnement : 46 des 156 titres forestiers soumis à révision ont été convertis en concession légale. Or 33 de ces titres avaient été alloués après le moratoire de mai 2002, ce qui signifie que Kinshasa a légalisé des concessions au départ illégales. « Cela ne va pas inciter les entreprises à respecter la loi », dénonce Greenpeace. Les ONG critiquent le manque de transparence qui a entouré la légalisation des exploitations. « Aucun critère d’évaluation sérieux n’a été respecté, les informations ne sont pas fiables, l’opacité a été la règle. Cette légalisation des concessions ressemble à une opération de blanchiment des titres obtenus illégalement. Nous craignons de voir redoubler l’exploitation forestière destructrice », s’inquiète Michelle Medeiros. De son côté, Simon Counsell, de la Rainforest Foundation, ajoute : « Les entreprises forestières présentes en RDC mentent sur leur travail afin de préserver leur marché à l’exportation. En réalité, elles exploitent des forêts anciennes intactes, riches en biodiversité. Elles extraient d’importantes quantités d’essences de bois protégées internationalement. Le respect des obligations environnementales a été totalement négligé avant de légaliser les titres forestiers. » Le sort des populations qui vivent en forêt est aussi au cœur des critiques des ONG. « Les droits traditionnels des communautés forestières sont régulièrement violés par les entreprises de bois. De nombreuses concessions ont été accordées dans l’illégalité sans tenir compte de la situation des milliers d’individus qui dépendent de la forêt pour survivre. En outre, les droits des travailleurs sont rarement respectés dans les exploitations », dénonce Patrick Ailey, directeur de Global Witness. Selon les ONG, loin d’être un progrès, la légalisation des concessions va favoriser la poursuite du pillage de la forêt congolaise. La RDC abrite la deuxième forêt tropicale primaire au monde après l’Amazonie. La crise financière : une chance pour l’environnement (MFI) « Un new deal écologique mondial » : c’est ce que propose le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) avec son initiative d’économie verte. Comme l’explique son directeur Achim Steiner : « L’actuelle crise financière, mais aussi les crises alimentaire et énergétique témoignent d’un échec des gouvernements à diriger intelligemment en faisant confiance uniquement aux marchés. Le modèle économique libéral entraîne des pertes toujours plus importantes en capital et en ressources naturelles. Le temps est donc venu de changer de modèle. » Selon le PNUE, d’importants avantages économiques, sociaux et environnementaux pourraient découler de la lutte contre le changement climatique et des investissements dans des infrastructures propres. Des avantages tels que la création de nombreux emplois dans les technologies vertes, une agriculture et une alimentation plus saines, un environnement mieux protégé, des villes plus agréables à vivre, une croissance pas plus lente mais plus durable. Associé à cette initiative d’économie verte, le banquier allemand Pavan Sukdhev estime que « les modèles économiques du XXe siècle ont atteint leurs limites en terme d’amélioration des conditions de vie de la majorité des habitants de la planète et d’empreinte écologique. Aujourd’hui, nous voyons le climat changer, les ressources halieutiques diminuer, les terres fertiles s’épuiser. Il est possible de trouver des modes de subsistance qui gèrent les ressources de la planète sans les exploiter. Investir dans le développement durable est certainement ce qu’il y a de plus rentable pour les populations mais aussi pour les entreprises privées. » Ce new deal écologique proposé par le PNUE vise cinq secteurs : les technologies propres ; les énergies renouvelables (biomasse, éolien, solaire…) ; l’agriculture biologique ; les infrastructures relatives à l’écosystème ; les villes durables (transport en commun, construction écologique…). Des propositions concrètes seront faites par l’organisme onusien aux gouvernements dans les dix-huit prochains mois. « Sauvez votre logo » ! (MFI) C’est le nom de la campagne que vient de lancer le Fonds mondial de l’environnement (GEF, de son acronyme anglais) pour inciter les multinationales à protéger l’animal fétiche qui symbolise leur marque : le crocodile pour Lacoste, le lion pour Peugeot, le puma pour le célèbre équipementier sportif du même nom… Plusieurs centaines de marques dans le monde utilisent des références à la nature, aux animaux en particulier. « Compte tenu de l’effondrement de la biodiversité sur la planète, il est temps que ces grandes entreprises rendent à ces animaux un peu de la fortune qu’elles gagnent grâce à eux. Sinon, leur logo pourrait un jour définitivement disparaître », défend Monique Barbut, la directrice du GEF. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le tiers des mammifères est menacé d’extinction. L’UICN est d’ailleurs associé à ce projet, de même que la Banque mondiale. On estime qu’il faut consacrer entre deux et cinq millions de dollars pour enrayer le déclin d’une espèce. Si cette campagne du GEF est couronnée de succès, elle sera étendue aux logos de plantes. L’association écologiste envisage aussi de solliciter les Etats qui fondent une part de leur notoriété sur la nature. A l’instar de la Californie qui arbore un ours sur son drapeau ou du Mexique qui affiche un aigle. | |||
| Jean Piel | |||
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