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09/12/2008
Chronique Environnement : les gorilles en RDC ; Le Brésil adopte un plan contre la déforestation ; La Chine et le réchauffement.

Un espoir pour les gorilles en RDC

(MFI) Fait rarissime : les rangers du parc national des Virunga, dans l’Est de la République démocratique du Congo, ont découvert la naissance de cinq bébés gorilles. L’heureux événement s’est produit sur les flancs du mont Mikeno, à 4 500 mètres d’altitude.
Depuis septembre 2007, le parc national des Virunga est contrôlé par les troupes du chef rebelle Laurent Nkunda. Chassés de la région, les rangers avaient depuis lors perdu tout contact avec les quelque 200 gorilles de la réserve et craignaient que les combats ne les aient décimés. Après d’âpres négociations, le directeur du parc, Emmanuel de Merode, a obtenu le mois dernier que les gardes puissent y retourner. C’est alors qu’ils ont découvert les cinq bébés, nés pendant les 14 mois de contrôle rebelle. Comme l’explique Emmanuel de Merode : « C’est exceptionnel dans une zone de guerre. La population du parc a connu une croissance de 11 % ces dix dernières années, soit à peine plus d’1 % par an. Avoir cinq naissances dans un groupe de 30 gorilles correspond à une croissance de 15 %. C’est impressionnant. »
Il faut cependant se garder de tout optimisme excessif. Seuls deux des sept familles de gorilles du parc ont été localisées jusqu’à présent. Ces naissances ne permettent donc pas de tirer des conclusions sur la population totale des gorilles des Virunga. On sait qu’en 2007, au moins dix gorilles ont été abattus. Avant que les combats ne déchirent la région, le parc national des Virunga abritait 200 gorilles, soit 30 % de la population mondiale de l’espèce.

Le Brésil adopte un plan contre la déforestation

(MFI) Réduire la déforestation de 70 % d’ici 2018 : c’est l’engagement pris par le Brésil. C’est la première fois que le géant sud-américain, qui abrite la plus grande forêt tropicale de la planète, adopte ainsi un objectif chiffré. Le Brésil est le 4e émetteur de gaz à effet de serre au monde, et la déforestation représente 75 % de ces émissions. « Grâce à la seule réduction de la déforestation en Amazonie, notre plan prévoit que 4,8 milliards de tonnes de CO2 en moins seront émises dans l’atmosphère d’ici 2018 ; c’est un effort supérieur à celui annoncé par les pays riches », a déclaré Carlos Minc, le ministre brésilien de l’Environnement.
Les associations écologistes se sont félicitées de cette annonce, mais restent prudentes. « Mieux vaux tard que jamais. Mais ce plan est loin de répondre au défi que représente la lutte contre la déforestation. Le point positif est que nous avons maintenant un objectif à respecter alors qu’avant le gouvernement ne reconnaissait pas sa responsabilité dans les émissions de CO2 », souligne Roberto Smeraldi, le directeur des Amis de la Terre, à Rio de Janeiro.
La déforestation de l’Amazonie atteint 12 000 km² par an depuis 2004. Le chiffre était encore supérieur auparavant. L’essentiel de cette déforestation est illégal. Elle est l’œuvre d’agriculteurs qui réclament toujours plus d’espace pour leurs plantations de soja et le pâturage du bétail. Le Brésil étant le premier exportateur mondial de viande et de soja, le gouvernement cède souvent aux exigences du lobby de l’agrobusiness. « Le gouvernement doit clarifier sa position. Il hésite toujours entre laisser la frontière agricole avancer sur la forêt et préserver le rôle primordial de l’Amazonie qui rend service à la planète entière », estime José Sarney, un député du Parti vert.

La Chine peine à atteindre ses objectifs de lutte contre le réchauffement

(MFI) En 2005, Pékin s’était fixé comme objectif de réduire sa consommation énergétique de 20 % par unité de PIB d’ici 2010. Fin 2008, la réduction n’est que de 5,38 %. Quant à la pollution de l’air et de l’eau, elle n’a diminué respectivement que de 3 et 4 % sur la même période, alors que les autorités ambitionnaient une baisse de 10 %.
« Le travail qu’il reste à faire pour les deux années à venir va être très difficile. Mais le gouvernement mettra tout en œuvre pour y parvenir », a déclaré Xie Zhenhua, le vice-ministre de la Planification, en annonçant ces résultats. Pékin a, pour la première fois, reconnu également que ses émissions de gaz à effet de serre étaient comparables à celles des Etats-Unis.
Ce résultat médiocre s’explique par la forte dépendance de l’Empire du milieu au charbon, qui fournit toujours les deux tiers de sa production d’électricité. La Chine a lancé un ambitieux programme de construction de centrales nucléaires, de barrages et de parcs éoliens. Elle espère que les énergies renouvelables représenteront 15 % de sa consommation énergétique totale d’ici 2020. La récession économique pourrait aussi aider Pékin à atteindre ses objectifs : le secteur sidérurgique, gros consommateur d’électricité, a vu ses commandes chuter ces dernières semaines. Mais cela n’est évidemment pas du goût des autorités chinoises.

Jean Piel

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