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| 20/01/2009 | |||
| Chronique Environnement : Des insectes pour lutter contre le paludisme ; Le Parlement européen interdit vingt-deux pesticides ; Une ville flottante pour les réfugiés climatiques. | |||
| Des insectes pour lutter contre le paludisme (MFI) Utiliser des moustiques mâles stériles pour lutter contre le paludisme et le chikungunya : c’est l’idée développée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Le principe de l’opération est simple : lâchés en masse, les moustiques mâles stériles vont circonvenir les femelles. Leur accouplement n’engendra aucune descendance, et la population des moustiques disparaîtra ainsi naturellement. Cela exigera plusieurs lâchers de moustiques avant l’extinction des anophèles localement. Dans la réalité, les choses sont plus compliquées : il faut isoler les mâles parmi les moustiques capturés, puis les stériliser par irradiation. Deux opérations assez difficiles. Une première expérimentation sera menée aux alentours de Dongola (Soudan), une région agricole de la vallée du Nil, très peuplée et affectée par un paludisme endémique. Selon les entomologistes, il faudra au moins un million de moustiques mâles stériles et plusieurs lâchers par jour pendant trois mois avant de voir disparaître les anophèles. Isolée géographiquement, l’île de La Réunion – frappée par une terrible épidémie de chikungunya en 2005 et 2006 – présente des conditions d’expérimentation idéales. Mais les essais coûtent chers : au moins trois millions d’euros sur quatre ans dans chaque pays. Comme le souligne Didier Fontenaille, responsable des tests à La Réunion : « Cette technique permet d’éliminer les insecticides. Le moustique œuvre lui-même à son extinction et l’environnement n’est pas agressé. » Une opération de communication est également nécessaire car, s’ils ne sont pas prévenus, les habitants n’apprécient généralement pas de voir le nombre de moustiques subitement augmenter. Le Parlement européen interdit vingt-deux pesticides (MFI) Les eurodéputés ont adopté une loi, mardi 13 janvier, interdisant vingt-deux pesticides parmi les plus dangereux, utilisés dans les herbicides, les fongicides et les insecticides. Il s’agit de substances cancérigènes, menaçant la reproduction ou perturbant gravement le système endocrinien. La plupart de ces produits sont fabriqués par les géants de l’industrie chimique allemande, Bayer et BASF. On peut notamment citer L’Ioxynil, l’Iprodion, le Thacloprid et le Dinocap. Certains pesticides – connus pour leur dangerosité – resteront néanmoins autorisés si aucune alternative n’existe ou en cas de menace sérieuse pour la santé des plantes. Ce vote des eurodéputés est une victoire pour les mouvements écologistes qui ont su organiser la résistance face aux pressions de l’industrie chimique. « Il s’agit de l’une des législations les plus restrictives au monde en matière de pesticides. Pendant des années, l’industrie a abusé des agriculteurs avec des informations erronées. Maintenant, elle va être obligée d’innover pour fabriquer des produits sûrs », s’est félicité Monica Frassoni, coprésidente du groupe des Verts au Parlement de Strasbourg. Certaines associations écologistes regrettent cependant que des mesures plus strictes n’aient pas été adoptées pour protéger les habitants des régions agricoles exposées aux pulvérisations de pesticides. De même, si les premières interdictions prendront effet dès 2009, d’autres ne seront pas applicables avant 2018 lorsque les licences des pesticides concernés expireront. Une ville flottante pour les réfugiés climatiques (MFI) Des Maldives au Bangladesh en passant par la Papouasie, la montée des eaux – due au réchauffement climatique – risque de priver de terres 250 millions de personnes au XXIe siècle. Comment les reloger ? Personne n’a la réponse. Pour faire face à ce défi, l’architecte Vincent Callebaut a imaginé une ville-atoll, amphibie, totalement écologique, capable d’accueillir 50 000 habitants, qui dériverait au gré des vents et des courants. Le projet est certes plus proche de la science-fiction que de la réalité, mais son concepteur assure que « c’est une piste à envisager ». Sorte d’arche de Noé futuriste pour les réfugiés climatiques, cette ville flottante, baptisée Lilypad, se veut un modèle de développement durable. Au centre de l’île – ronde et en forme de nénuphar –, un lagon recycle les eaux de pluie et leste la ville. Autour se déploient trois marinas et trois structures en hauteur qui accueillent bureaux, commerces, logements et jardins suspendus, le tout relié par un réseau de rues et de traboules. A en croire Vincent Callebaut, la ville produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme, sans émettre le moindre gramme de CO2. Elle combine en effet les différentes énergies renouvelables : solaire, éolien, hydrique, marémotrice… Les besoins alimentaires seront satisfaits grâce à des champs aquacoles et des corridors biotiques placés sur et sous la coque. Un tel projet laisse de nombreuses questions en suspens : sa sécurité en cas de cyclone ou d’incendie, le sentiment des habitants de n’appartenir à aucun pays, les contraintes démographiques, les limites de l’activité économique… Vincent Callebaud estime que, dans un premier temps, Lilypad permettra d’étendre vers la mer des territoires enclavés, comme Monaco ou Singapour. | |||
| Jean Piel | |||
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