Rechercher

/ languages

Choisir langue
 
Liste des rubriques
MFI HEBDO: Science Technologie Liste des articles

27/01/2009
Chronique Environnement : Une carte numérique des sols africains ; Un réseau social écologiste sur le Web ; Mexico privée d’eau.

Une carte numérique des sols africains au service de l’agriculture

(MFI) Mieux connaître les sols d’Afrique pour que le continent puisse mieux nourrir ses habitants : c’est l’objectif du Service d’information des sols africains (ASIS, selon son acronyme anglais), un projet conçu par le Centre international d’agriculture tropicale (Ciat), basé à Cali (Colombie). L’ASIS souhaite établir, d’ici quatre ans, une carte numérique des terres africaines à partir de soixante sites sentinelles répartis dans les différentes régions arables du continent. Le procédé utilisé sera la spectroscopie par infrarouge (dont l’un des codécouvreurs est nigérien), couplée avec des images satellites.
Cette carte permettra de connaître la nature des sols et leur « état de santé ». Un outil ensuite utilisé par les gouvernements et les organisations non gouvernementales pour définir leur politique agricole, le type d’aide à apporter aux cultivateurs, le choix des semences… Un sol est considéré comme sain lorsqu’il parvient à héberger à la fois un écosystème, des cultures, à stocker le carbone de l’atmosphère et retenir les eaux de pluie.
La dégradation des terres arables est souvent due à leur surexploitation. En Afrique, le manque d’engrais contraint les paysans à cultiver les terrains au-delà de leur capacité de régénération, épuisant leur substance nutritive. « En moyenne, les agriculteurs africains utilisent 8 kg d’engrais par hectare et par an, contre 200 kg en Chine », souligne Nteranya Sanginga, l’un des directeurs du Ciat. Au total, 500 millions d’hectares de terres agricoles seraient dégradés en Afrique, d’où un manque à gagner évalué à 30 milliards d’euros par an.
Etablir une carte numérique des sols ne constitue pas une première mondiale. Mais ce sera une première à l’échelle de toute l’Afrique. Comme l’explique Pedro Sanchez, responsable du département d’agriculture tropicale à l’université de Columbia (New York) : « Un jour, on m’a demandé l’étendue de l’érosion pluviale au Nigeria. J’ai été incapable de répondre. Puis on m’a demandé quelles quantités d’engrais seraient nécessaires pour l’ensemble de l’Afrique et combien cela coûterait. Là encore, je n’ai pas su répondre. C’est ainsi qu’est née l’idée d’une carte numérique des sols africains ».
Une carte qui ne résoudra évidemment pas tous les problèmes de sous-alimentation et d’agriculture en Afrique. Encore faut-il ensuite que les gouvernements agissent et qu’ils disposent de moyens.

Un réseau social écologiste sur le Web

(MFI) La branche française du Fonds mondial pour la nature (WWF) a récemment créé sur Internet un réseau social du type de Facebook, mais uniquement consacré à la défense de l’environnement et des espèces. Deux mois après son lancement, il compte déjà 2 300 membres.
Comme sur Facebook, chacun peut rejoindre ou fonder un groupe d’intérêt ; 240 existent déjà, correspondant généralement à des associations, des campagnes de sensibilisation ou des événements particuliers. Intitulé « Planète-attitude », ce réseau propose des forums, des vidéos et des photos déposées par les membres. On peut y trouver des dossiers de fond comme des informations ludiques. « C’est un lieu d’échanges et de diffusion de l’information, pas une succursale du WWF. L’objectif est de créer un engouement environnemental et de promouvoir des initiatives », explique Pierre Chasseray, du WWF-France. « Planète-attitude » a été créée sur le même modèle que le site de soutien à Barack Obama lors de sa campagne électorale, avec pour structure la plate-forme « Ning ». Il n’est pas nécessaire d’être membre du WWF pour y participer, mais, comme sur Facebook, les internautes doivent d’abord s’inscrire. L’adresse du site : www.planete-attitude.fr

Mexico privée d’eau

(MFI) « Mexico connaît un déficit de 170 millions de mètres cubes d’eau. Jusqu’à fin mai, nous allons devoir réduire de moitié l’approvisionnement de la capitale trois jours par semaine. » Tel est l’avertissement lancé par José Ramon Arvarin, le directeur général de la Conagua, la Compagnie nationale de l’eau. C’est la première fois en trente ans que les autorités mexicaines adoptent une telle mesure de rationnement.
Cette pénurie d’eau s’explique par des précipitations insuffisantes depuis plusieurs mois. Du coup, les barrages limitrophes de la capitale ne sont plus qu’à 63 % de leur capacité, contre 85 % habituellement. Mais ce n’est pas la seule raison. Le déboisement et l’urbanisation – 500 000 logements ont été construits ces dix dernières années – sont aussi au banc des accusés.
Les habitudes de consommation sont également à revoir. Les 20 millions d’habitants de Mexico consomment en moyenne 300 litres d’eau par jour, soit le double des capitales européennes. A Madrid, les habitants n’utilisent que 114 litres d’eau par jour. En outre, le mauvais état des canalisations provoque la perte de 38 % des ressources hydriques de la capitale mexicaine. L’eau de pluie n’est pas récupérée et seulement 6 % des eaux usées sont retraitées. « Il faut réparer les canalisations, mais aussi changer les habitudes de consommation en informant les habitants de la valeur de l’eau et en augmentant son prix », souligne José Ramon Arvarin.
Cette « crise de l’eau » risque d’avoir de graves répercussions sociales, à quelques mois des élections régionales au Mexique. En effet, les quartiers chics ne souffrent jamais de restrictions d’eau ; les piscines privées y sont toujours remplies et les pelouses parfaitement arrosées. A contrario, les quartiers populaires connaissent des coupures d’eau quotidiennes depuis des années, et leurs habitants dépendent de camions-citernes pour être approvisionnés.

Jean Piel

retour