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29/09/2009
Chronique environnement : La population de lions décline au Kenya ; Les forêts au cœur des négociations sur le climat ; La police de l’environnement peine à s’imposer en France.

La population de lions décline au Kenya

(MFI) Très exactement 2 749 lions en 2002, à peine 2 000 aujourd’hui : le nombre de lions dans les parcs naturels du Kenya décline continuellement depuis sept ans ; si la tendance se poursuit, il n’y aura plus de félins dans le pays d’ici vingt ans. C’est ce qu’a récemment déclaré le Kenya Wildlife Service.
Le tourisme est l’une des principales sources de devises pour Nairobi, or ce tourisme est très lié au safari, donc à la présence de lions. La place de l’animal dans la chaîne alimentaire et son rôle dans la nature font que sa disparition serait aussi préjudiciable à l’équilibre écologique de la région.
A en croire le KWS, ce déclin est dû au réchauffement climatique, à la destruction de l’habitat des félins, aux maladies et aux conflits avec l’homme. Ainsi, les éleveurs de bétail tuent des lions pour se venger des attaques commises par ces derniers contre leurs troupeaux. C’est ce qu’explique Richard Leakey, l’un des directeurs du KWS : « Les lions meurent notamment parce qu’ils ingèrent des carcasses d’animaux contaminés par du Carbofuran. L’homme représente la principale menace pour les lions. » Le Carbofuran est un insecticide souvent utilisé par les populations rurales du Kenya pour tuer les prédateurs.
Pour inverser cette tendance, le Kenya Wildlife Service a défini un plan d’action qui prévoit notamment une meilleure information des touristes, des rencontres avec les éleveurs et le suivi des migrations des animaux, plusieurs lions portant un collier de surveillance par satellite. « Si nous continuons ainsi à perdre une centaine de lions par an, l’équilibre écologique des parcs naturels du Kenya sera bientôt rompu. Nous devons tout faire pour résoudre ce problème », insiste Richard Leakey.

Les forêts au cœur des négociations sur le climat

(MFI) Dès le lendemain des laborieuses négociations organisées à New York le 22 septembre en vue de la conférence de Copenhague sur le climat, Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’Onu, a convoqué une réunion internationale sur les forêts. Un moyen de souligner le rôle essentiel des massifs arborés dans la lutte contre le réchauffement.
La déforestation est chaque année responsable de 20 % des émissions de gaz à effet de serre, soit davantage que l’impact combiné du transport routier et des trafics maritime et aérien. Les spécialistes estiment que lutter contre la déforestation serait l’un des moyens les plus efficaces de ralentir le réchauffement, l’un des moins coûteux aussi (de l’ordre de 4 euros la tonne de CO2).
L’idée est d’inciter financièrement les pays tropicaux à préserver les dernières grandes forêts primaires de la planète. Le problème est que le mécanisme envisagé – dit de déforestation évitée – est d’une complexité extrême. Comment vérifier que les programmes adoptés sont effectivement mis en place ? Comment mesurer l’étendue d’un phénomène évité ? Qui distribuera et recevra l’argent ? Quid des 350 millions de personnes souvent très pauvres qui dépendent de la forêt pour survivre ?
Le Brésil est opposé à la création d’un marché carbone sur la forêt qui risquerait d’encourager la privatisation de milliers d’hectares de l’Amazonie au profit d’entreprises étrangères en quête de crédits carbones pour leurs usines. A contrario, l’Indonésie, le Costa Rica, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et les pays du bassin du Congo veulent se tourner vers les marchés pour monnayer la préservation de leurs forêts. Des projets existent déjà, financés notamment par la Banque mondiale. Pour Bharrat Jagdeo, le président du Guyana : « On ne peut plus se contenter de projets, il faut du concret. Au Guyana, notre forêt est plus grande que l’Angleterre. On nous demande de la protéger sans nous donner de réponses sur les moyens financiers sur lesquels compter. »
Selon le cabinet McKinsey, un fonds de 15 à 25 milliards de dollars permettrait de réduire de 25 % la déforestation d’ici 2015. « Il n’y aura pas d’accord global sur le changement climatique sans accord sur le financement de la lutte contre la déforestation », a averti Michael Somare, le Premier ministre de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le sort des forêts sera bien au cœur de la réussite ou de l’échec du sommet de Copenhague, en décembre prochain.

La police de l’environnement peine à s’imposer en France

(MFI) Constructions illégales, pollution des eaux, abandon de déchets dans la nature, trafic d’espèces protégées… 60 000 infractions aux lois sur l’environnement sont constatées chaque année en France et 4 000 condamnations sont prononcées par les tribunaux. La majorité des infractions reste impunie, et la loi dite Grenelle 1, adoptée le 23 juillet 2009, ne prévoit pas de renforcer la police de l’environnement. Les Ong et les avocats spécialisés constatent un gouffre entre l’inflation des textes et leur application sur le terrain.
Dès 2005, l’inspection générale de l’environnement avait dénoncé l’insuffisance de la répression due au manque de coordination entre les multiples intervenants (police, gendarmerie, garde-forestiers, conservateurs de parcs naturels…) et au désintérêt des magistrats pour le sujet. Depuis, peu de choses ont changé. Les gendarmes ont d’autres priorités et n’interviennent que sur les grosses affaires (pollution à l’amiante, trafic de déchets toxiques..), le droit de l’environnement est complexe et les moyens sont limités. « Nous ne sommes que 50 agents par département. Certaines entreprises ne peuvent être contrôlées que tous les dix ans. On nous demande d’accomplir une mission sans nous en donner les moyens », se plaint un ingénieur des mines.
Selon les spécialistes, la faiblesse des sanctions prévues est un autre problème. Il n’existe qu’un seul crime en la matière : l’incendie volontaire. « L’abandon de déchets amiantés est un délit passible de deux ans de prison et 75 000 euros d’amende ; c’est faible au regard des conséquences possibles sur la santé publique. Certaines entreprises jugent moins coûteux de payer des amendes plutôt que de se mettre aux normes », regrette maître Adrien Debré, l’avocat de France Nature Environnement. Les situations sont très variables d’un département à l’autre. Si une Ong est active, un procureur motivé, alors les actions en justice seront bien plus nombreuses et efficaces.
Les autorités françaises ont promis une meilleure coordination des différents agents sous l’autorité des préfets et une plus grande sévérité des tribunaux. On attend une traduction concrète de cet engagement.

Jean Piel

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