(MFI) Le 19 octobre prochain, un colloque intitulé La recherche, une passion, des métiers : construire l'avenir aura lieu à Paris pour marquer le soixante-dixième anniversaire de la création du Centre national de la recherche scientifique, né un mois après le début de la Seconde Guerre mondiale. Cette institution, reflet de la société française des dernières décennies, est aujourd'hui un acteur incontournable de la recherche internationale.
|
Créé le 19 octobre 1939 à l'initiative du physicien Jean Perrin, le Centre national de la recherche scientifique, désormais largement connu sous son sigle CNRS, est devenu, au fil d'une histoire riche mêlant grands projets, découvertes et aventures humaines, un acteur incontournable de la recherche internationale. Le 19 octobre 2009 à Paris, un colloque* intitulé La recherche, une passion, des métiers : construire l'avenir, placé sous le haut patronage de l'Assemblée nationale, permettra pas uniquement « de fêter le passé, mais essentiellement de fêter l'avenir », selon la présidente du CNRS, Catherine Bréchignac. Le CNRS, qui compte quelque 12 000 chercheurs statutaires et cherche à « attirer les meilleurs », a recruté cette année 27 % de chercheurs étrangers « de très haut niveau », contre 22 % voici quatre ans, a par ailleurs précisé Mme Bréchignac.
Un laboratoire du mouvement perpétuel
Denis Guthleben, docteur en histoire de l'université de Paris 1 et attaché scientifique au Comité pour l'histoire du CNRS, raconte dès à présent, dans son livre Histoire du CNRS de 1939 à nos jours. Une ambition nationale pour la science**, tout un pan de l'histoire de la science française. Mieux : c'est tout un pan de l'histoire de la France contemporaine. Car les chercheurs, les ingénieurs, les techniciens du Centre national de Recherche scientifique n'ont jamais vécu dans une tour d'ivoire, hier pas plus qu'aujourd'hui : ils ont participé à la mobilisation, subi les affres de l'Occupation, rebâti à la Libération ; ils se sont investis dans la recherche fondamentale sans refuser d'en valoriser les fruits ; bon an mal an, ils ont ouvert leurs portes à de nouveaux partenaires, scientifiques, universitaires, économiques, sociaux.
À chaque fois, les structures ont suivi ces évolutions. Fallait-il rompre avec les pratiques autoritaires de Vichy ? C'est tout l'enjeu de la mise en place du premier Comité national de la recherche scientifique, imaginé dès 1944 comme une assemblée démocratique de scientifiques. Fallait-il gérer les grands instruments de la Big Science dans les années 1960 ? Les instituts nationaux ont vu le jour pour cela. Fallait-il songer à rapprocher les disciplines pour répondre aux nouvelles demandes de la société ? Voilà que naissent les programmes interdisciplinaires, signaux avant-coureurs d'une évolution que l'organisme tente toujours de stimuler.
Le CNRS apparaît ainsi tel qu'il est, et tel qu'il a toujours été : un laboratoire du mouvement perpétuel où, entre succès et espoirs, mais aussi échecs et déceptions, recherche et politique de la recherche n'ont jamais cessé d'être remises sur la paillasse.
* le colloque sera intégralement retransmis à l'adresse suivante : http://webcast.in2p3.fr/70ans
** Histoire du CNRS de 1939 à nos jours. Une ambition nationale pour la science, par Denis Guthleben, préface d'André Kaspi, éditions Armand Colin, 2009, 38 ?, 480 p.
|