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20/10/2009
Chronique SCIENCES : La prodigieuse reconquête des ammonites ; La tique : pour le pire mais aussi le meilleur.

La prodigieuse reconquête des ammonites

(MFI) Selon une étude publiée dans la revue scientifique américaine Science par une équipe de paléontologues français et suisses, les ammonites - des mollusques marins ayant échappé de justesse à l'extinction totale voici 252 millions d'années - ont reconquis les écosystèmes 10 à 30 fois plus vite que prévu. Un état de fait qui incite à « revoir complètement comment la biosphère fonctionne après une crise d'extinction de masse », souligne Gilles Escarguel (Université de Lyon-1, France), un des principaux auteurs de cette étude. Mollusques marins appartenant à la classe des céphalopodes, les Ammonites apparaissent sur notre planète au Dévonien, il y a environ 400 millions d'années, et disparaissent définitivement il y a 65 millions d'années, en même temps que les dinosaures. Entre temps, durant près de 350 millions d'années, « ces lointaines cousines des pieuvres, sèches et calmars actuels - mais dotées d'une coquille externe - constituent un groupe très prolifique dans le registre fossile », explique l'un des chercheurs ayant participé à l'étude, Arnaud Brayard (Université de Bourgogne/CNRS, France). Et, comme quelque 95 % des espèces vivant alors sur le globe, les Ammonites ont majoritairement disparu lors de la crise du Permien-Trias, voici 252 millions d'années. Il semble pourtant que ce groupe a recolonisé les océans beaucoup plus rapidement que ce qu'il était admis jusqu'à présent. L'ensemble de la communauté des paléontologues estimait que la période de survie puis celle de reconquête s'était effectuée sur un temps proportionnellement très étiré de dix à trente millions d'années. La surprise apportée par cette étude est que « la reconquête des écosystèmes littéralement explosive, s'est achevée en un million d'années » soit 10 à 30 fois plus vite. Ce qui, en d'autres termes suggère que les trois ou quatre espèces qui ont échappé à l'extinction se sont contentées des 5 % - pour se nourrir - de la biodiversité qui restait sur Terre. Alors, que faut-il en déduire : les Ammonites étaient-elles plus nombreuses que les autres espèces dans l'océan ou étaient-elles plus résistantes ? . Cette observation suppose en fait que « loin d'être seules dans leur cas, c'est l'ensemble des êtres vivants qui se sont rapidement re-diversifiés après la crise d'extinction. Une hypothèse qu'il faudra vérifier, mais qui pourrait bien directement concerner notre propre avenir », souligne Gilles Escarguel, à l'heure où les scientifiques constatent que notre planète « est en train d'entrer dans une phase d'extinction importante » des espèces. Mais le scientifique modère son enthousiasme : « Dans un million d'années, quoi qu'il se passe d'ici-là, notre espèce (Homo sapiens) n'existera plus (.) Ce que notre humanité est capable de détruire en quelques dizaines de générations, nécessitera plusieurs dizaines d'années pour le reconstruire.»

La tique : pour le pire mais aussi le meilleur

(MFI) Selon une étude effectuée par des chercheurs brésiliens, la tique ne transmettrait pas que des maladies infectieuses : sa salive contient aussi une protéine qui pourrait guérir les cancers de la peau, du foie et du pancréas. C'est en étudiant un spécimen sud-américain de ce parasite suceur de sang, l'Amblyomma cajennense, qu'ils ont découvert que cette protéine détruisait les cellules cancéreuses, tout en épargnant les cellules saines. Les travaux ont été dirigés par une chercheuse en biologie moléculaire à l'Institut Butantan de Sao Paulo, Marisa Chudzinski-Tavassi, qui, après avoir recueilli la salive des tiques en plaçant des pailles sous leurs têtes, a reproduit les quelques gouttes ainsi collectées dans des cuves à levure pour procéder à des tests sur des rats de laboratoire cancéreux. Les résultats obtenus ont dépassé ses attentes : la chercheuse raconte avoir découvert par hasard les vertus d'une protéine, baptisée Facteur X actif, en testant les propriétés anti-coagulantes de la salive de la tique - qui permettent au parasite de se gaver du sang des animaux ou des êtres humains auxquels il s'attaque. Cette protéine présente des caractéristiques communes avec un anti-coagulant répandu baptisé TFPI, ou inhibiteur de type Kunitz, qui agit également sur la croissance des cellules. Des tests en laboratoire ont ensuite été menés pour voir si la protéine produisait des effets sur les cellules cancéreuses et leurs résultats ont dépassé toutes les attentes des chercheurs. « A notre grande surprise, elle n'a pas tué les cellules saines, qui ont aussi été testées », se félicite Marisa Chudzinski-Tavassi, « mais elle a tué les cellules cancéreuses qui ont été analysées » : « Si je traite quotidiennement une petite tumeur d'un animal pendant 14 jours, non seulement cette tumeurs ne se développe pas, mais sa masse diminue. Et si vous la traitez pendant 42 jours, la tumeur disparaît complètement », explique la chercheuse. Mais « faire une découverte est une chose. La transformer en médicament en est une autre », souligne Marisa Chudzinski-Tavassi. Pour produire un médicament, il faudra des années de tests cliniques et de gros investissements, deux choses que le Brésil ne peut pas fournir à l'heure actuelle...

Dominique Raizon

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