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| 31/03/2006 | |||
| Chronique Livres | |||
| Focus sur le Rwanda (MFI) L’annuaire de l’Afrique des Grands lacs centre sa neuvième édition sur le Rwanda. Plusieurs articles de chercheurs lui sont spécifiquement consacrés comme ceux très critiques à l’égard du régime de Kigali de Ingrid Nifosi, de Marina Rafti sur la déliquescence de l’opposition rwandaise en exil ou encore de Stef Vandeginste sur le peu de respect des droits de l’homme dans ce pays. Bernard Leloup fait de son côté un point sur les relations complexes existant entre le Rwanda et deux de ses voisins : la RDC et l’Ouganda. On note également cinq articles consacrés à la RDC, dont trois analysant plus spécifiquement la situation de la région du Kivu. Stanislas Bucyalimwe Mararo retrace ainsi "l’histoire ambiguë" entre Kinshasa et le Kivu depuis 1987, tandis que Paul-Robain Namegabe analyse le pouvoir traditionnel au Sud-Kivu de 1998 à 2003 et que Donatien Musau Kabanga étudie le remodelage du paysage socio-économique dans les zones de conflit du Nord Kivu et du Maniema. A noter également dans cet annuaire les chroniques politiques et macro-économiques sur le Rwanda et du Burundi écrites par le président et le directeur du Centre d’étude de la région des Grands lacs d’Afrique, respectivement Filip Reyntjens et Stefaan Marysse. Ces derniers viennent également de publier un ouvrage en anglais sur l’économie politique de la région des Grands Lacs. L’Afrique des Grands lacs, Annuaire 2004-2005, collectif sous la direction de S. Marysse et F.Reyntjens, Centre d’étude de la région des Grands Lacs d’Afrique, Université d’Anvers. Editions L’Harmattan, 323 pages. Isabelle Verdier Le business de l’eau (MFI) Témoignages à l’appui, cette enquête menée « au plus près des acteurs » montre comment les grandes compagnies de l’eau, CGE-Veolia (ex-Vivendi), Lyonnaise des eaux-Suez, Thames Water, SAUR-Bouyghes-Paribas ou Bechtel, s’emparent des marchés - et les conservent - avec la connivence de décideurs politiques et de syndicalistes, grâce à des comptes opaques et des sociétés « aux apparences trompeuses ». Des pratiques « lourdes de conséquences pour les usagers, et représentent un danger réel pour la démocratie ». En prenant le contrôle de l’eau potable, elles « tiennent le monde entre leurs mains », affirment les deux auteurs, Roger Lenglet, philosophe et journaliste d’investigation, et Jean-Luc Touly, salarié de la CGE depuis 1976. Un comité de soutien aux auteurs avait rassemblé plus de 600 personnalités lors de la première publication du livre L’Eau de Vivendi. Les vérités inavouables (Alias, 2002). Le PDG de Veolia Environnement (ex-Vivendi) avait attaqué certains passages devant le Palais de justice de Paris. En rééditant l’ouvrage, les éditions Fayard ont retiré les passages condamnés – 14 lignes en tout – et enrichi de plusieurs chapitres sur les activités des autres grands groupes de l’eau. L’eau des multinationales. Les vérités inavouables, Roger Lenglet et Jean-Luc Touly. Ed. Fayard, 251 pages. Antoinette Delafin Fantômas est de retour (MFI) Qui se souvient de Louis Feuillade ? Hormis quelques poignées de cinéphiles, son blason s’est largement terni au fils des décennies. Ses créatures, pourtant, n’ont jamais été plus vivantes : les criminels Fantomas et Musidora, Judex le justicier continuent de hanter notre imaginaire. A l’heure où la vogue des séries – certes en grande majorité américaines – ne cesse de croître, il était temps de faire retour sur le père du feuilleton à la française. C’est désormais chose faite avec ce mince ouvrage, richement illustré, qui conte la vie et l’œuvre de ce fils d’un courtier en vins du sud de la France qui devint au début du siècle dernier l’un des réalisateurs-phares du studio Gaumont. En bonus, de nombreuses lettres et témoignages, dont la moins drôle n’est pas celui de Joë Hamman. Dans son autobiographie, l’acteur américain conte avec beaucoup d’humour le tournage, sous la direction de Feuillade, d’un film où il partagea la vedette avec « un lion particulièrement féroce, condamné à mort à la suite de nombreuse tentatives homicides ». Louis Feuillade, maître du cinéma populaire, Gallimard Découvertes, 125 pages. Elisabeth Lequeret Nirvana, naissance et mort d’un mythe musical (MFI) A la fin des années 1980, trois post-ados aux cheveux mal lavés sortent leur premier album : Bleach tire son nom d’un déplacement du groupe Nirvana à San Francisco, où une campagne de presse encourageait les junkies à lutter contre la propagation du sida en stérilisant les seringues à l’eau de javel (« bleach »). Bleach tient plus du work in progress que de l’album, mais il contient déjà en substance tout ce qui fera la gloire du groupe, « ce mélange de douceur et de crasse […] qui semble lutter à chaque instant pour imposer un son métallique » comme le note ironiquement le journaliste et critique Florent Mazzoleni. Personne ne le sait encore, mais le grunge est né. Nirvana sera son prophète. Pour le groupe, c’est en 1991, avec la sortie de l’album Nevermind, que tout explose : avec eux, tout un pan du rock alternatif américain sort de l’ombre et devient un genre dominant. Depuis lors, Kurt Cobain s’est suicidé, et le groupe est devenu plus culte que jamais : jusqu’à la très sérieuse Bibliothèque du Congrès qui archive désormais Nevermind au même titre que des œuvres-cultes telles que Live At Apollo de James Brown ou Pet Sounds des Beach Boys etc. Pour sortir de la légende et revenir aux origines et aux ultimes soubresauts du genre, il faudra désormais compter sur ce petit livre, intelligemment construit et richement illustré. Nirvana et le grunge, Quinze ans de rock américain, Florent Mazzoleni, Ed. Hors collection, 160 pages. E. L. | |||
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