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| 08/12/2006 | |||
| Françoise Ligier : musique, théâtre et littérature sur les ondes | |||
| (MFI) Le décès, à 77 ans à Paris, de Françoise Ligier, est celui d’une grande dame de la radio internationale à qui l’on doit notamment la création des concours Découvertes RFI, qui ont permis la promotion de tant d’artistes du continent. | |||
| Ayant démarré sa carrière dans l’audiovisuel en 1949, Françoise Ligier a longtemps travaillé à l’OCORA (Office de coopération radiophonique, rattaché à l’ORTF en 1969), en tant que productrice réalisatrice et responsable des programmes. Elle crée les premiers concours de RFI (concours théâtral inter africain en 1969, concours de nouvelles en 1971 ainsi que le Prix Découvertes RFI en 1981) permettant ainsi l’émergence d’artistes francophones majeurs : un des premiers lauréats du concours Découvertes est le Congolais Zao, l’auteur fameux d’Anciens combattants, qui démarre alors sa carrière internationale. Lorsque Radio France Internationale conquiert son autonomie au sein du pôle audiovisuel public, Françoise Ligier est aux côtés de Hervé Bourges pour assurer la direction des programmes de RFI. Ayant pris sa retraite en 1995, elle rejoint Alpha Omar Konaré, alors président du Mali, auprès de qui elle exerce des fonctions de conseillère culturelle : elle contribue à la mise en place d’un réseau d’historiens dans le cadre du projet « Bibliothèque vivante » et fait partie des maîtres d’œuvre de la grande rencontre des Chasseurs d’Afrique de l’ouest, organisée à Bamako en 2000. Elle partage sa vie entre Bamako et Paris jusqu’en 2003. RFI et le théâtre africain : Trente ans sur les ondes… et les planches Aujourd’hui encore, lorsqu’elle évoque le fameux concours théâtral interafricain de RFI, Annick Beaumesnil a du mal à retenir ses larmes. Celle qui a succédé, en 1995, à Françoise Ligier tient à rappeler que « ce concours a révélé plusieurs auteurs africains, dont une bonne brochette continue d’occuper actuellement le devant de la scène ». On peut citer les Congolais Sony Labou Tansi et Guy Menga, les Camerounais Jean-Baptiste Obama, Abel Zomo-Bem et Protais Asseng, les Ivoiriens Koffi Kwahule et Tiburce Koffi, les Togolais Kossi Efoui et Kangni Alemdjrodo. A l’origine, le concours théâtral est lancé à la demande des directeurs de radiodiffusions d’Afrique. L’objectif est de remplacer dans la plupart des grilles de programmes l’émission « Les maîtres du mystère », produite par la radio-sœur de RFI, France Inter, par des créations théâtrales d’Afrique et d’Océan indien. Dans les faits, cette émission devenue par la suite « L’Anthologie du mystère » (qui proposait de petites pièces policières faites par des Français et enregistrées en France), allait encore subsister de longues années, tandis que les productions théâtrales s’imposaient parallèlement. Destinée au continent, la compétition sera brièvement ouverte en 1992 aux ressortissants de tous les pays faisant partie de la Francophonie. Mais l’expérience ne dure que quatre ans et en 1996, peu avant son extinction, les organisateurs recentrent le concours sur l’Afrique et l’Océan indien. Malgré ces ajustements, le concours théâtral interafricain est resté constant dans la poursuite de ses principaux objectifs. En trente ans, plusieurs centaines d’œuvres ont été enregistrées et diffusées par RFI et toutes les radios partenaires. Une soixantaine de pièces ont été éditées, une dizaine d’entre elles ayant été traduites, éditées et jouées jusqu’en France, tandis que 80 % des créations en français, provenant directement ou indirectement du concours, furent jouées principalement en Afrique, ainsi qu’en France et dans de nombreux autres pays d’Europe. Le Prix RFI Spectacle vivant – la compétition qui a succédé au concours – conçu pour assurer la promotion des compagnies africaines de théâtre ou de danse à Paris, s’est assez vite révélé comme la chasse gardée des danseurs. « Pendant les trois premières éditions, on n’a eu que des groupes de danse », témoigne Annick Beaumesnil. « Du coup, c’est la danse – contemporaine – qui est restée. » Mais c’est vrai, reconnaît-elle, « chaque fois que je rencontre des auteurs africains, ici ou sur le continent, ils évoquent et regrettent le concours théâtral ». L’auteur togolais Kossi Efoui, qui a remporté en 1990 le prix RFI-Théâtre pour sa pièce Le carrefour, estime aujourd’hui encore que « la disparition du concours théâtral interafricain représente une grosse perte, non seulement pour les auteurs africains, mais aussi pour l’ensemble des auteurs écrivant en français. C’est d’abord la perte d’un véritable espace d’expression. (…) Le concours RFI-Théâtre était un remarquable relais, qui permettait à un manuscrit d’arriver dans les mains d’un metteur en scène. » Thierry Perret et Gervais Nitcheu Le concours Découvertes : des lauréats devenus célèbres (MFI) Le décès de Françoise Ligier survient au moment même où RFI organisait, au Cameroun, l’édition 2006 du Prix RFI Découvertes. Cette année, devaient concourir Bélo (Haïti), Patrick Ruffino (Bénin) et Lang’i (Congo) pour une finale à Doula, le 30 novembre. En 25 ans d’existence, le concours a révélé nombre de grandes voix d’Afrique… 1981 : Nahawa Doumbia. 1982 : Zao 1984 : Nzongo Soul; Maika Munan ; Manfei Obin; Afia Mala. 1987 : Gilberto Gil Umbelina; Clément Masdongar 1990 : François-Régis Gizavo 1993 : Habib Koité et Bamada 1995 : Amadou et Mariam 1997 : Rokia Traoré ; Sally Nyolo 2000 : Tiken Jah Fakoly (Prix RFI Musiques du monde) | |||
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