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04/04/2007
Chronique Musique

Zêdess toujours aussi caustique

(MFI) Le gentil trublion burkinabé est de retour avec « Sagesse africaine » (Lusafrica). Un nouvel album international marqué par le titre explosif «Un Hongrois chez les Gaulois». Sur cette chanson, Zêdess critique, avec un humour au vitriol, la politique de «l’immigration choisie» menée par Nicolas Sarkozy. Un morceau qui a fait l’objet d’un clip tourné à Ouagadougou, dont le succès a été immédiat grâce à sa propagation sur Internet. Outre ce pamphlet d’actualité, à l’heure où l’ancien ministre français de l’Intérieur est candidat à l’élection présidentielle, le chanteur vise aussi la politique américain en Irak sur «Moi, Bush!». Mais, il y a également des titres plus légers tout aussi truculents comme «Prisonnier du portable» ou « Souriez parisiens ». Zongo Seydou, alias Zêdess, nous fait aussi une petite leçon d’économie sur « Licenciement » en brocardant la politique sociale des multinationales. Depuis son premier enregistrement paru en 1990, l’artiste ouagalais n’a cessé d’être le poil à gratter de la société. Chantant dans la langue de Molière, il fait mouche auprès d’un large public francophone. Pour lui, la musique est le cinquième pouvoir dont le rôle principal de combattre l’ignorance. Fidèle au beat jamaïcain, le reggaman de « Ouga » s’est entouré de quelques célébrités pour donner une dimension universelle à son message. Citons, la cantatrice malienne, Mama Kouyaté ; l’ivoirien Meiway ; le collectif français Massilia Sound System ; ou encore la star ivoiro-burkinabé, Madina. Bref, avec ce nouveau disque, Zêdess prouve, si besoin était, qu’il demeure l’un des rares chanteurs-humoristes du continent, avec le congolais Zao, à rayonner au delà de son pays.

Dee Dee Bridgewater, l’Africaine

(MFI) La diva du jazz vient d’effectuer un virage remarquable et remarqué avec son nouvel opus intitulé « Red Earth » (DDB Records/Universal Jazz). Avec ce titre « Terre rouge » en référence à la terre du Mali, ce disque offre un subtil dialogue entre les mélodies ouest africaines et le jazz. « Depuis quelques années, je ressentais au plus profond de moi le besoin de trouver mes racines africaines dont je n’ai pas de trace aux Etats-Unis. En écoutant les différentes musiques des pays de l’Afrique noire, le Mali m’a parlé avec une force spirituelle inéluctable », précise Dee Dee Bridgewater. Un pari audacieux qui lui a permis de montrer à ceux qui voulaient l’enfermer dans le monde du jazz, qu’elle pouvait s’intégrer à d’autres musiques. « Comme la voix est le premier instrument au monde, j’avais envie de rencontrer les voix fortes maliennes », ajoute la chanteuse. Parmi les illustrations de cette fusion vocale, le titre « Dee Dee » offre un beau mariage entre le chant bambara de la griote Mamani Keita et celui, en anglais, de la jazz-woman. Tout comme « Oh my love » ou, cette fois, c’est Oumou Sangaré, qui lui offre la réplique. Pour réaliser cet album, l’artiste américaine a convié le gratin de la musique malienne. Mise à part les chanteuses, une belle brochette de musiciens, comme Toumani Diabaté ou Djelimady Tounkara, apportent le son des griots. Derrière ces rencontres de haut vol, se cache un personnage central : Cheick Tidiane Seck. Pianiste, arrangeur hors pair, et grand spécialiste des fusions improbables, il a assuré la direction artistique ce cd entièrement enregistré au Mali. Bref, avec « Red Earth », Dee Dee Bridgewater est désormais une reine africaine d’un nouvel empire baptisé jazz-mandingue.

Daniel Lieuze

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