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15/05/2007
Chronique Musique

Prince Zeka, l’ambassadeur du « makoul »

(MFI) Après un single paru en 2004, Prince Zeka signe aujourd’hui un véritable album nommé Maturité (Nocturne). Contrairement à beaucoup d’artistes congolais qui s’enferment dans la rumba, il sort du lot avec son style original baptisé « makoul ». Savoureux mélange de soul, de reggae, de rap et de rumba, ce disque offre une sonorité rafraîchissante. De plus, les arrangements finement ciselés font appel à une large palette instrumentale. Pas fréquents dans les musiques « dites » africaines, les violons, les cuivres, le piano et l’accordéon donnent une touche particulière à l’ensemble. Notons aussi la présence du likembé (piano à pouce), instrument propre à toute la zone Afrique centrale. En 16 titres, cet auteur compositeur et interprète s’affirme pleinement dans tous les registres. Par exemple, « Eyala » commence comme une ballade, se poursuit par un rap avant de s’achever sur des chœurs féminins. Autre mélange réussi, « Try before you cry » qui se veut plus franchement R&B. Citons enfin « Uta Okenda », un morceau plus dans l’esprit kinois. Outre le mélange des genres, l’artiste brasse aussi les langues. Il chante aussi bien en lingala et en swahili qu’en anglais et en français. Une manière, là encore, de jouer l’ouverture d’autant que les thèmes abordés se veulent universels : questions politiques, égalité et respect des droits humains, vie quotidienne… Accompagné par son groupe Dunia Moja qui, en swahili, signifie « un monde unique », dont les musiciens viennent de tous les continents, Prince Zeka prouve que l’union dans la diversité fonctionne. Au plan culturel, en tout cas !

Daniel Lieuze

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