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16/01/2008
Chronique Musique : Montreuil aux rythmes de l’Afrique ; Bibi Tanga

Montreuil aux rythmes de l’Afrique

(MFI) L’Argo’notes, la maison populaire de Montreuil, près de Paris, va vibrer aux sons de l’Afrique, ce vendredi 18 janvier, avec une carte blanche à Safoul Productions. Association dirigée par Seydou Guèye, qui a produit notamment Tony Allen, cette structure travaille à la promotion des arts et des artistes africains en France depuis des années. L’occasion de redécouvrir trois artistes de référence qui prouvent la vitalité de la création musicale et chorégraphique africaine.
Originaire d’Afrique du Sud, le premier, Sam Tshabalala, vit en France depuis 1984. Héros de la résistance culturelle au régime de ségrégation de l’apartheid avec sa célèbre formation The Malopoets, il a débuté sa carrière en 1978 et fut le premier groupe sud-africain à se produire au Market Théâtre de Johannesburg. Après avoir enregistré plusieurs albums sur les grands labels internationaux, Sam Tshabalala fonde, en 1993, le groupe Sabeka et joue devant Nelson Mandela. Un riche parcours qui fait qu’aujourd’hui, cet artiste est un véritable « performer ». Pour cette scène montreuilloise, Sam Tshabalala propose un spectacle détonnant dans lequel les traditions sud-africaines se mêlent aux cultures actuelles.
Le second n’est autre que Doudou Ndiaye Rose Junior. Fils du réputé tambour major du Sénégal du même nom, ce percussionniste s’est initié au Sabar à Dakar. Un apprentissage qu’il perfectionne à la Mudra Afrique, l’école de danse créée par le regretté chorégraphe Maurice Béjart. Au fil des ans, Doudou Ndiaye Rose Junior a forgé sa propre identité. A l’occasion de cette carte blanche, ce percussionniste - danseur présente son travail novateur ouvert aux cultures non africaines au sein de sa compagnie Sabpaxgëëw.
Enfin, le troisième invité nous rappelle que Montreuil est la deuxième ville malienne après Bamako, puisqu’il s’agit de Tom Diakité. Chanteur, compositeur, multi instrumentiste, cet artiste malien a collaboré entre autre avec Salif Keïta, Mory Kanté avant de se produire en solo. Pour cette soirée, Tom Diakité défend son dernier opus Fala, dont nous aurons l’occasion de reparler.

L’inclassable Bibi Tanga

(MFI) Après Le vent souffle, un premier album remarqué en 2000, Bibi Tanga fait de nouveau parler de lui avec son second opus Yellow Gauze (Abeille Musique). Un disque inclassable enregistré avec Le Professeur Inlassable, sorcier français des platines. L’artiste centrafricain est un musicien à part sur la scène des musiques africaines avec son registre éclectique marqué par les jams session afro-américaines. Chantés principalement en anglais, les 14 titres nous plongent dans des climats particuliers avec un swing nonchalant. Comme le titre d’ouverture « Ayo » (seul morceau en sango, la langue centrafricaine), un chant sombre marqué par une rythmique obsédante qui vous donne les fourmis dans les pieds. Sur « It’s the earth that moves », l’artiste réactualise avec succès la musique disco des années 80. Tandis que le titre « Keep that groove away » rappelle la soul sensuelle de la star Prince. Multi-instrumentiste (saxophone, basse, claquettes…), il combine les sons et rythme les mots avec son complice aux machines qui donne une dimension électro-jazz à l’ensemble. Résultat : l’harmonisation est proche parfois de l’alchimie. Né à Bangui, capitale centrafricaine, Bibi Tanga arrive à Paris à l’âge de 9 ans avec ses parents et ses 6 frères et sœurs. Nourri par James Brown, Bob Marley grâce à sa mère et son père, le jeune Tanga découvre aussi l’afro beat de Fela Kuti et la rumba du grand Franco, quand il retourne régulièrement en Centrafrique. Un héritage musical qui se ressent dans son style actuel. Bref, Bibi Tanga fait figure de dandy black à la poursuite de son idéal musical…

Daniel Lieuze

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