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05/02/2008
Chronique Musique : Le meilleur de la rumba congolaise ; le reggae de Kom Zot

Le meilleur de la rumba

(MFI) L’âge d’or de la rumba congolaise renaît aujourd’hui avec la sortie d’une double anthologie intitulée Rumba Sessions (Marabi/Harmonia Mundi). A travers une sélection de 31 titres, ce coffret est à la fois un hommage et un témoignage à ce style musical né sur les deux rives du fleuve Congo, à l’aube des indépendances, et qui, depuis, a conquis tout le continent africain. Parmi les acteurs de ce patrimoine culturel, figurent les deux pionniers de la rumba que sont Wendo Kolosoy et Antoine Moundanda. Elégant papy de 84 ans, le premier apparaît sur pas moins de 16 morceaux. Parmi ces derniers, on retrouve Marie Marie, une chanson d’amour des débuts du chanteur. Autre standard, Youyou Aleli Veka, dont le propos s’adresse aux couples afin qu’ils vivent en harmonie. Autre perle, Chérie Kabisa chantée en swahili. Avec sa voix suave qui n’a pas perdu son grain malgré les années, « Papa » Wendo demeure un monument vivant des rythmes kinois.
L’autre figure marquante de la scène congolaise, c’est Antoine Moundanda. Originaire de Brazzaville, lui aussi a bercé des générations de mélomanes depuis près d’un demi siècle. Accompagné de son groupe le Likembé géant (en référence au piano à pouce, plus connu sous le nom de sanza), il s’illustre sur N’Sangou, chanson qui met en évidence les bons et mauvais côtés des tontines (coopérative informelle). Tout aussi significatif, Kesse Kesse est un titre qui déplore la perte d’identité des jeunes Africains partis étudier en Europe. Pour soutenir leur voix et séduire leur public, ces deux Congolais usent des bonnes vieilles recettes : guitares distinguées, mélodies sensuelles, swing discret. Enregistré, entre autres, à Kinshasa au studio M’eko, dans l’un des quartiers les plus populaires de la ville, ces deux cd prouvent que la rumba congolaise dite « classique » n’a pas pris une ride.

Kom Zot, les ambassadeurs du reggae réunionnais

(MFI) Bien que la Réunion soit une terre de maloya, rythme identitaire de cette île de l’océan Indien, elle s’est construite aussi une petite réputation en matière de reggae grâce, notamment, au groupe Kom Zot. Il vient de signer son cinquième album Fé in Zés sur son propre label MaronRprod. Par ce titre en créole réunionnais qui signifie « Faire un geste », ces rastas de l’outre-mer affirment le besoin d’humanité pour que tout un chacun essaye de changer le monde. Comme sur Fo trouvé, une autre chanson qui rappelle qu’«il faut trouver» sa place dans la société. Toujours au chapitre des messages, Ini Anou – titre essentiellement chanté en français – en appelle aux enfants d’Afrique. Pour cette main tendue au continent, Kom Zot a convié l’Ivoirien Hass Keita. Sur le plan musical le beat rasta en version réunionnaise fonctionne à merveille. Il faut dire que la réalisation de cet enregistrement a été confiée à une signature : Tyrone Downie, l’ex-clavier et arrangeur de Bob Marley. Pour confirmer cette couleur jamaïcaine, signalons aussi la présence d’Albert Griffiths sur le titre de clôture Sons of Majesty. Originaire du Chaudron, quartier « chaud » de Saint-Denis de la Réunion, Kom Zot s’est formé en 1991. Depuis il n’a cessé de défendre le reggae « made in Réunion » Aujourd’hui avec ce nouvel album, cette formation pourrait bien faire une percée au-delà de l’océan Indien.

Daniel Lieuze

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