L’Afrique, terre de blues
(MFI) Le blues serait-il né en Afrique ? Une question récurrente à laquelle avait répondu par l’affirmative, depuis longtemps, Ali Farka Touré. A écouter The Rough Guide to African Blues (World Music Network/Harmonia Mundi), le regretté bluesman du Sahel ne s’était pas trompé. A travers une sélection de 14 titres, cette compilation illustre les va-et-vient entre les artistes africains et américains. « Spécial Rider Blues » est sans nul doute le titre qui illustre le mieux ces fructueuses connexions avec justement un beau dialogue entre Ali Farka Touré et Corey Harris, figure du blues afro-américain. Ce guitariste de la Nouvelle-Orléans brille aussi avec la diva sahraouie Mariam sur la chanson « La Tumchi Anni ».
Autre rencontre au sommet : le morceau « Maloyan Devil » sur lequel le Malien Djeli Moussa Diawara croise sa kora avec la steel guitare de la pointure américaine Bob Brozman. Mais cette anthologie ne prône pas uniquement les échanges musicaux transatlantiques. Elle repousse également les frontières du blues sur le continent en allant au-delà des pays sahariens. En effet, la chanson « Feqer Aydelem Wey » nous amène en Ethiopie avec le fameux éthio-jazz d’Ayaléw Mèsfin & Black Lion Band. De son côté, la voix arabisante de la chanteuse Rasha met en lumière un jazz cuivré en provenance du Soudan sur la chanson « Azara Alhai ». Bref, du Sahara occidental à la corne de l’Afrique, ce voyage musical rappelle que le blues en terre africaine se décline au pluriel.
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