Musiques métisses : le Sahel à l’honneur
(MFI) Coup d’envoi de la 33e édition de « Musiques métisses ». Jusqu’au 11 mai, ce célèbre festival en terre charentaise, dans le sud-ouest de la France, propose pas moins de 25 artistes et groupes sur deux scènes. Contrairement à d’autres manifestations enfermées sur des thématiques, le rendez-vous d’Angoulême offre toujours une programmation très large. Mais pour ce cru 2008, les musiques du Sahel constituent tout de même l’axe majeur. Comme le montre la présence du guitariste malien Afel Bocoum. Fervent défenseur des mélopées du fleuve Niger, il creuse comme son aîné, Ali Farka Touré, le sillon du blues du désert. Autre valeur malienne, Tinariwen, le groupe symbole de la rébellion touareg avec son rock des sables où les riffs de guitares électriques portent les chants en tamashek. Dans un autre registre mais toujours ancré dans l’esprit sahélien, Mounira Mitchala, la dernière Découverte RFI, reflète son Tchad natal meurtri par la guerre. Au chapitre des rappeurs qui font régulièrement leur entrée dans ce festival estampillé « musiques du monde », le Sénégalais Didier Awadi défend inlassablement les couleurs panafricaines avec son hip hop engagé. Parmi les autres têtes d’affiche, l’afro-américaine Dee Dee Bridgewater et sa rencontre avec des musiciens maliens risque d’être l’évènement de Musiques métisses. Egalement très attendue, Rokia Traoré, la perle du Mali qui présente en avant-première Tchamantché, son nouvel album. Côté valeurs sûres, Ismaël Lô et Orchestra Baobab illustrent la présence sénégalaise. Enfin, notons la participation d’Asa, la nouvelle sensation folk-soul originaire du Nigeria. Bref, comme à l’accoutumée, l’Afrique arc-en-ciel demeure la principale ossature artistique de Musiques métisses.
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