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17/06/2008
Chronique Musique : Rokia Traoré, citoyenne du monde

Rokia Traoré, citoyenne du monde

(MFI) Après le succès de Bowmboi qui fut disque d’or en 2003, la petite perle malienne fera-t-elle de même avec son nouvel opus Tchamantché (Tama/Universal) ? Trop tôt pour le dire, même si ce quatrième enregistrement de Rokia Traoré a de beaux atouts. « Dans ma langue maternelle, le bamanan, Tchamantché signifie le milieu. C’est en fait la recherche d’équilibre. Dans la vie, les choses bougent, il faut tout le temps faire la balance entre le passé et le futur, tout en tenant compte du présent », précise la chanteuse. Ce titre reflète parfaitement l’esprit de ce disque qui se veut à la fois africain et universel. La chanson Dounia, par exemple, évoque avec émotion le devoir de mémoire du peuple malien envers son passé glorieux. Tandis que Zen, chantée en français, est une invitation très personnelle à l’inaction.
Autre réussite, la reprise The man I love, de Billie Holiday, interprétée en anglais et qui fait de Rokia Traoré une authentique jazzwoman. « J’avais besoin d’un nouveau départ pour cet album, j’adore expérimenter et essayer de faire les choses différemment », souligne la musicienne. Plus blues, voir rock, ce disque est marqué par le jeu particulier de la guitare Gretsch qui rappelle le son des années soixante. Un apport nouveau qui n’empêche pas l’utilisation d’autres instruments comme la harpe classique ou le n’goni mandingue. Une manière pour cette fille de diplomate de ne pas se couper de ses racines bien qu’elle joue la carte de l’ouverture : « Je travaille avec les instruments de l’Afrique ancestrale, mais je ne fais pas de la musique traditionnelle, car je ne veux renoncer à aucunes de mes identités. Je suis africaine et européenne, je suis malienne et française à la fois. » Avec ce dernier opus, Rokia Traoré se positionne clairement comme une citoyenne du monde.


En savoir plus : www.rokiatraore.net

Daniel Lieuze

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