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| 04/08/2009 | |||
| Campagne contre l’exploitation des jeunes footballeurs africains | |||
| (MFI) Les associations françaises Foot solidaire et France Terre d’Asile ont organisé une tournée dans plusieurs pays d’Afrique pour sensibiliser les joueurs de football aux risques d’exploitation. Attirés par l’opulence affichée du monde du football européen, les jeunes quittent leur pays de plus en plus tôt mais se retrouvent souvent sans contrat. | |||
| « Le sport professionnel fait rêver. Le foot, c’est encore pire », déclare Pierre Henry, directeur général de l’association France terre d’asile et vice-président de Foot solidaire. Les deux associations ont organisé, fin juillet-début août 2009, une en tournée au Mali, au Togo, au Sénégal et au Cameroun pour sensibiliser jeunes joueurs et clubs aux dangers de l’exode vers les clubs de football européens. « Ce n’est pas un phénomène nouveau que celui de l’exploitation des jeunes Africains dans le milieu du foot. Il y a dans ce milieu beaucoup d'appelés et très peu d'élus au final. Beaucoup de jeunes, recrutés en France, se retrouvent alors démunis, en abandon pur et simple », souligne Pierre Henry, qui dénonce le « miroir aux alouettes » qu’est le football professionnel et l’absence de scrupules des « intermédiaires véreux qui se présentent comme des agents aux joueurs et leur extorquent de l’argent ». Les centres de formation français ont, la plupart du temps, des partenariats avec différents clubs d’Afrique comme de France, qui y envoient leurs meilleurs éléments se former, dans l’espoir d’en faire, un jour, des joueurs professionnels de haut niveau. Mais à côté de ce système de partenariat, il existe des agents de joueurs, qui servent d’intermédiaire entre le joueur et les clubs, et dont certains abusent de la crédulité des adolescents africains. Ils demandent par exemple des honoraires importants mais les joueurs ne voient jamais la couleur d’un contrat dans un club. On ne compte plus les exemples de jeunes qui ont tout quitté et dont la famille s’est endettée pour leur permettre de réussir en Europe. «On ne peut pas « gagner avec l’Afrique » en exploitant la naïveté de la jeunesse » dit Pierre Henry, en référence au slogan de la Fédération internationale de football (Fifa) pour la Coupe du monde 2010, qui se déroulera dans quelques mois en Afrique du Sud. Des jeunes exposés de plus en plus tôt Aujourd’hui les tournois se multiplient et les jeunes sont repérés par les recruteurs des clubs professionnels de plus en plus tôt. Le directeur de Sport et Citoyenneté, un groupe français de réflexion scientifique sur le sport, Julian Jappert, déplore le manque de données sur la question de l’exploitation des jeunes joueurs africains. « On va vers une accentuation de la migration des mineurs en général, accentuation qui se confirme dans le domaine du foot. Ce que l’on sait c’est que l’âge de la première migration est en constante baisse », explique-t-il. Pourtant, une directive de la Fifa interdit le transfert de joueurs de moins de 18 ans. L’association Foot solidaire déclare, quant à elle, s’être occupée d’un millier de jeunes âgés de 14 à 18 ans ces dix dernières années. Foot solidaire et France terre d’asile mènent une campagne de prévention et d’information en partenariat avec les élites et les fédérations locales. « Il faut aider les parents à se poser les bonnes questions lorsque des enfants ou des ados partent en Europe », explique Pierre Henry. Les associations souhaitent construire des projets avec les fédérations pour « moraliser ce sport et faire en sorte que lorsqu’il y a un transfert en Europe, l’argent [reçu par le club africain] soit au service d’une véritable politique sportive », déclare Pierre Henry qui regrette toutefois le manque de structure adéquate. Les associations espèrent que leurs recommandations inciteront les fédérations africaines à développer, entre autres, l’encadrement et les programmes sport-études. Engagements à tous les niveaux Lors de son congrès du 2 juin 2009, la Fifa a réaffirmé sa volonté de lutter contre le phénomène d’exploitation des joueurs : « Nous avons le devoir envers la jeunesse du monde entier de protéger les jeunes joueurs et nous devons le faire afin de mettre un terme à l’esclavage de ces jeunes joueurs. » En 2007, un livre blanc de la Commission européenne insistait sur l’urgence de contrôler les transferts des joueurs et de faire de la protection des mineurs une priorité. En France, le ministère de l’Immigration s’est saisi du dossier. Un nouvel état des lieux de la situation est prévu par Foot solidaire et France terre d’asile en juin 2010. Tous s’accordent à dire que d’ici là, les clubs ont encore des efforts à faire pour « faire vivre [à leurs jeunes] un rêve dans un environnement sécurisé ». Leïla Beratto | |||
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