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| 11/08/2009 | |||
| Contestation des peuples indigènes Six bushmen en attente de jugement | |||
| (MFI) Six Bushmen, un peuple de chasseurs du Botswana, sont en attente de jugement pour avoir chassé sans permis dans une réserve naturelle dont ils ont été expulsés par le gouvernement. La survie de plusieurs peuples indigènes est actuellement menacée par des projets industriels ou économiques en Inde comme au Pérou. | |||
| Six Bushmen arrêtés au Botswana sont en attente d’un jugement du tribunal de Molepole pour avoir chassé au début de l’année 2009 dans la réserve du Kalahari. Ce peuple indigène qui vit de la chasse et de la pêche et dont les ancêtres vivaient déjà sur ces terres il y a vingt mille ans est opposé au gouvernement botswanais qui l’a chassé de cette réserve. Les Bushmen ont dû se réinstaller dans des camps éloignés de leur territoire d’origine. Le conflit a pris une nouvelle dimension lorsque la Haute-Cour botswanaise a reconnu, en décembre 2006, que les Bushmen avaient été illégalement expulsés de leur territoire en 2002 et que le refus du gouvernement de leur attribuer des permis de chasse dans cette réserve violait la loi nationale. La justice avait également affirmé qu’empêcher les Bushmen de chasser revenait à les « condamner à mourir de faim ». Les autorités refusent malgré tout de leur procurer des moyens de transport pour retourner chez eux, elles interdisent l’utilisation des puits, seules sources d’eau de la réserve, et ne leur permettent pas de rapatrier leurs cheptels. Dans ces conditions, les Bushmen ne pourraient survivre. Selon Survival, une ONG britannique de soutien aux peuples indigènes, la présence de gisements de diamants dans la réserve serait à l’origine de l’expulsion des Bushmen. Le Botswana est le plus gros producteur de diamants au monde. Intérêts économiques contre diversité culturelle Les Bushmen, en Afrique, illustrent bien les contradictions entre intérêts économiques et traditions culturelles des peuples indigènes. Plusieurs cas de lutte contre des projets industriels qui détruisent les terres des populations locales ont été recensées à travers le monde. Ainsi, dans l’Etat d’Orissa, en Inde, les manifestations répétées des Dongria Kondh empêchent l’exploitation d’une mine à ciel ouvert de bauxite. Ils s’opposent au projet minier de la compagnie Vedanta Ressources qui implique la destruction de la montagne et de la forêt, qu’ils considèrent comme sacrées. Au Pérou, une trentaine de personnes sont mortes après les affrontements entre les Indiens d’Amazonie et les forces de l’ordre. Le gouvernement péruvien souhaite pouvoir exploiter les réserves pétrolières découvertes ces dernières années. Mais les Indiens qui vivent des ressources de la forêt et des cours d’eau se sont mobilisés contre la destruction de leur cadre de vie. En Malaisie, enfin, les chasseurs-cueilleurs penan de Bornéo ont bloqué les routes pour empêcher les compagnies d’exploitation forestière de poursuivre la destruction de la forêt d’où ils tirent toutes leurs ressources. Les zones défrichées sont utilisées pour la plantation de palmiers à huile. La production d’huile de palme sert aux industries de biocarburants et de cosmétiques. Le nécessaire essor économique des pays en développement pousse certains gouvernements à minimiser l’intérêt de conserver la diversité culturelle de leur pays par la survie des peuples indigènes. | |||
| Leïla Beratto | |||
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