publicite publicite
Rechercher

/ languages

Choisir langue
Mots de l'actu
 
Annonce Goooogle
Annonce Goooogle
Enseigner

Dossiers pour la classe

Victor Hugo

Victor Hugo

Le poète engagé

Le « mélange des genres » prôné par le Romantisme se retrouve dans toute l'œuvre de Victor Hugo : poète, romancier, pamphlétaire, orateur hors pair, il ne cesse de mêler politique et littérature dans ses écrits. Pour ce représentant du romantisme, il n’y a pas d’antinomie entre ces deux entités.

 

Hugo est persuadé que le Pair de France qu’il est depuis 1845, doit se trouver « au-dessus de tout ce qui s’agite », tout comme le poète est guide et éclaireur des âmes. Sa poésie a une fonction politique : « civiliser les hommes par le calme rayonnement de la pensée sur leur tête, voilà aujourd’hui la mission, la fonction et la gloire du poète. » (discours d’entrée à l’Académie, 1841).


Homme de lettres ou homme politique ?

D’abord monarchiste, puis élu député dans les rangs des Conservateurs modérés, ce n’est qu’après la révolution de 1848 qu’il s’oriente vers ce que l’on peut appeler « la gauche » de l’époque, c’est à dire les Républicains, afin de créer une réelle « démocratie sociale ». La question sociale le taraude bien avant les journées de juin 1848 ; elle sera décisive dans son revirement politique et son engagement républicain. Mais ses discours politiques, comme sa poésie, « décloisonne » les genres. Ce qui valut au poète le reproche d’être homme de lettres et non pas un homme politique.

Très tôt et indépendamment de sa couleur politique, le poète s’est engagé, au nom de l’esprit mais aussi du cœur, à défendre les parias de la société, sur deux fronts omniprésents dans son œuvre : le combat contre la peine de mort et le combat contre la misère.

Le combat contre la peine de mort

Victor Hugo a 27 ans quand il écrit un témoignage à la première personne : « Le Dernier Jour d’un condamné », écrit en 1829 et Claude Gueux, écrit en 1834 sont les deux nouvelles qu'Hugo publia contre l'homicide légal. La forme narrative du monologue intérieur, forçant le lecteur à s’identifier avec le personnage principal, inspirera Dostoïevski «Crime et châtiment» et Camus « l'Etranger». Tout au long de sa vie Victor Hugo mettra son art de polémiste et de graphiste au service du combat contre la peine de mort.

Outre les œuvres romanesques, il use de son talent rhétorique dans son discours contre la peine de mort prononcé à l’Assemblée constituante le 15 septembre 1848 : un discours fondateur.



Le combat contre la misère

La sensibilité de Hugo à la misère populaire est ancienne et profonde : Jean Tréjean, première version des Misérables, est commencé en 1845 mais la version définitive sera achevée 17 ans plus tard, en exil.

A l'automne 1848, la rédaction de la Constitution est l'occasion de poser le problème de "l'assistance". La question du logement ouvrier est au cœur des débats : une loi sera votée en 1850 qui prévoit d’exproprier les détenteurs de logements insalubres. A la demande de l’économiste Alphonse Blanqui, les députés sont invités à visiter les caves de Lille où vivent dans des conditions misérables les ouvriers du textile. Victor Hugo, qui s’y rendra en avril 1851, en gardera un souvenir atroce.

Le travail de l’écrivain est sur cette question fondamental, principal source de ses interventions polémiques à l’Assemblée et de son oeuvre lyrique et romanesque.

Article publié le 06/06/2005