publicite publicite
Rechercher

/ languages

Choisir langue
Mots de l'actu
 
Annonce Goooogle
Annonce Goooogle
Comprendre l'actualité

Les mots de l'actualité

PÈRE NOËL   25/12/2006

 

Voici, comme chaque année, que s’en vient la saison du Père Noël. On en a déjà parlé souvent de ce bonhomme tout emmitouflé de rouge, qui vient faire sourire les froids de la fin de l’année.

Bien entendu, on devine que ce personnage est né en Europe occidentale, a fleuri en Amérique du Nord, en des lieux où la période de Noël est associée au froid et souvent à la neige.

Mais le mot « père », lui, est associé à autre chose : un certain âge, et souvent une respectabilité. Et pourtant, quand on parle du père Tel ou Tel, c’est que justement, on en prend un peu à son aise, c’est une façon de parler un peu cavalière, en tout cas familière.

Commençons par ce Père Noël. Pas son origine : on l’a maintes fois évoquée. Mais pourquoi lui donner du « père » ?

D’abord parce que, même s’il est gaillard et qu’il fait sa tournée avec sa hotte sur le dos, il est vieux, et il porte certains attributs de l’âge : non seulement la barbe, mais la barbe blanche.

D’autre part, souvenons-nous que ce Père Noël est une créature pour enfants ; il a donc l’air vénérable et âgé, mais la différence est si grande entre lui et ceux qu’il gâte, qu’il n’appartient pas vraiment à une classe déterminée : c’est un ancien, et puis voilà.

On peut juste remarquer que vraisemblablement il se situe dans une tranche de « très vieux », c’est-à-dire plus vieux que les parents : bien qu’on l’appelle Père Noël, il est dans la catégorie des grands-pères. C’est d’ailleurs très souvent le cas pour ceux qu’on appelle « père quelque chose ».

En face du Père Noël, symétrique, sévère et effrayant, on a le père Fouettard. Celui que les parents appellent (et qui heureusement ne vient jamais) pour faire peur, pour châtier les enfants turbulents : il viendra te fouetter avec son fouet !

Et comme le croquemitaine, il représente la sanction terrifiante qui arrive de l’au-delà, pour prêter main forte à l’autorité des parents. Son nom est tout à fait transparent, alors que le croquemitaine est plus obscur. Si la première partie est évidente et renvoie à l’image de l’ogre, on ne sait pas trop ce que représente cette mystérieuse « mitaine ».

Mais tous les pères ne sont pas aussi inquiétants. Au contraire, cet appellatif débonnaire présente en général des personnages un peu ronds auquel l’âge confère comme une patine. Ce peut être une façon familière d’exprimer un respect qui veut sortir des convenances.

Ainsi parlera-t-on éventuellement (mais rien ne nous y oblige) du père Hugo, personnage historique qui domine de sa haute stature la littérature française. Mais on se souviendra aussi que Victor Hugo est mort âgé, que durant sa longue vie il a éclairé la vie littéraire.

On ne parlerait sûrement pas de la même façon du « père Rimbaud », vu qu’il a écrit presque toute son œuvre avant l’âge de vingt ans.

Le mot « père » évoque aussi parfois un environnement rural… Le Père François, matois, rusé, et imaginaire est plutôt représenté sous la forme d’un campagnard. Il n’est pas systématiquement bienveillant d’ailleurs et peut représenter le type du vieux grigou, un peu escroc, qui a pour lui l’expérience.

En revanche, ceux qu’on appelle « père Tranquille » ou « père Peinard » sont plus ronds, plus polis. Père peinard est le plus familier des deux, car l’adjectif « peinard », qui signifie qui se tient à l’écart des risques, est franchement familier. Mais les deux expressions font penser à des gens qui ne veulent pas d’ennuis ni de tracas !

 
Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

Yvan  Amar

Article publié le 25/12/2006