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Les mots de l'actualité

EXTRADITION   20/11/2008

 

Rose Kabuye extradée d’Allemagne vers la France : c’est bien de cela qu’on discute aujourd’hui. De quoi s’agit-il au juste ?

L’extradition est une procédure judiciaire qui consiste, pour un État, à envoyer quelqu’un dans un autre pays, lorsqu’il y est poursuivi ou condamné. Il s’agit fréquemment du pays d’origine et, bien souvent, le prévenu l’a fui en espérant une impunité. Mais il peut arriver – et c’est le cas dans l’affaire qu’on a mentionnée – que la procédure ait lieu entre deux pays sans rapport direct avec la nationalité de l’extradé.

On voit que l’extradition n’est, à proprement parler, ni une sanction pénale, ni une condamnation. Mais c’est le refus de se constituer en terre d’asile et de permettre à un individu d’échapper à la justice d’un autre État.

Il y a donc, entre de nombreux États, ce qu’on appelle des « accords d’extradition » qui, d’ailleurs, ne couvrent pas toutes les situations. Un gouvernement peut refuser d’extrader quelqu’un qui, par exemple, est poursuivi dans son pays pour des délits politiques, pour des délits ou des crimes qui ne sont pas considérés comme tels dans le pays d’accueil, etc.

L’origine du mot est facile à comprendre, et éclairante sur sa signification. « Ex- » signifie « en dehors de ». Et « -tradition » provient du verbe latin trahere, qui veut dire (entre autres sens) remettre, livrer… « Extrader », c’est, mot à mot, livrer en faisant sortir, en renvoyant. Et, en général, c’est l’État qui demande une extradition qui vient chercher, à domicile peut-on dire, la personne extradée.

D’autre part, on peut se souvenir que le radical trahere est à la base du verbe « trahir ». On se rend donc bien compte que le mot, même s’il correspond à une procédure officielle, n’est pas sans ambiguïté.

« Extrader », « extradition » sont des mots qui ont pour ainsi dire un symétrique : « expulser », « expulsion ». Pourquoi un symétrique ? Parce que l’extradition consiste à chasser quelqu’un d’un pays à cause d’un délit commis dans un autre pays ; alors que l’expulsion consiste à chasser quelqu’un d’un pays à cause de ce qu’il y a fait : on n’en veut plus, qu’il aille ailleurs ! On le chasse donc, non pour le punir (car dans ce cas-là, on le garderait pour le juger, éventuellement l’incarcérer), mais pour éviter qu’il récidive. On le considère comme menaçant, potentiellement dangereux, et on l’expulse car il est indésirable.

Persona non grata, pourrait-on dire ? Cette expression latine, on l’a deviné, est au sens strict réservée à un usage diplomatique. On appelle en effet persona grata (au sens propre, personne bienvenue), le représentant d’un État dans un autre, lorsqu’il est agréé par l’État hôte. Et l’expression s’emploie notamment pour le personnel des ambassades.

Persona non grata désigne de façon officielle, comme un euphémisme, ceux qu’on renvoie chez eux lorsque les relations se sont tendues entre les deux nations, ou simplement lorsqu’un représentant diplomatique s’est livré à des activités jugées trop indélicates, en particulier quand elles ont affaire à l’espionnage.

 
Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

Yvan  Amar

Article publié le 20/11/2008