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Reportage


Anaïs, l’art d’être plusieurs

En concert à Paris


Paris 

25/01/2006 - 

Ex-membre du groupe de rock Opossum, Anaïs a décidé de se lancer en solo début 2003. Elle était au Café de la Danse, à Paris, hier soir, pour une représentation de son spectacle, The Cheap show, dont elle a tiré son unique album.



Anaïs, Croze, de son vrai nom, monte sur scène discrètement, dans un décor minimaliste, le sourire aux lèvres. Elle y retrouve sa guitare. Mais ne vous fiez pas à cet air paisible, cette jeune femme est une véritable bête de scène. Elle jouit d’un naturel époustouflant et séduit son public dès le premier instant, en devenant tour à tour une chanteuse québécoise, une fille quittée, une amoureuse transie, une mère prête à accoucher…

Passant des sons pop aux rythmes rap, en passant par le rock, le blues, la soul, le métal…, Anaïs assure un spectacle drôle et émouvant. Elle s’amuse à détourner Eddy Mitchell, Carla Bruni, Linda Lemay ou encore Francis Cabrel. Et tout cela, toute seule. On pourrait parfois croire qu’elle est accompagnée d’un orchestre ou de choristes, mais elle s’auto accompagne, grâce à une pédale Jam Man. Et les musiciens virtuels envahissent la scène !

Pourtant, l’exercice est loin de paraître si évident pour la principale intéressée : "Je suis très stressée et parfois ça peut même durer pendant le concert entier. Quand je suis fatiguée ou malade, par exemple. Mais j’apprends peu à peu à prendre l’énergie du public pour finir le concert détendue." A croire qu’elle oublie qu’elle possède plusieurs atouts : elle compose ses mélodies, écrit ses textes, chante et joue la comédie. Rien de moins ! Une personnalité multicarte qui lui permet de proposer un spectacle plutôt qu’un concert. "Je suis inclassable, dit-elle avec fierté. Quand un journaliste me dit que je fais du blues, du rock, du métal et du rap et me demande où me classer, je lui réponds que je n’en ai aucune idée. Et ça me convient tout à fait comme ça !"

En solo


Entre 1999 et 2003, Anaïs fait partie du groupe rock Opossum. Quand le groupe s’éteint, elle choisit de poursuivre sa route en solo. "Nous avions des envies différentes et j’ai décidé d’assumer les miennes et donc de construire un spectacle seule sur scène. Et puis, la fin d’un groupe, c’est comme une rupture amoureuse. On n’a pas envie de se lancer dans une autre histoire de suite. Alors, je préférais rester célibataire." Une expérience solitaire qui s’avère à la fois plus difficile et plus aisée : "Quand on est fatigué, un groupe permet de s’appuyer sur les autres, mais si on a envie de partir en improvisation, par exemple, toute seule, au moins, on n’a pas à se soucier des membres du groupe." En mars 2003, commence donc la tournée du Cheap show et, en janvier suivant, l’album est enregistré.

Son inspiration est très éclectique. Elle cite Judy Garland pour ses performances de music-hall, la Canadienne Peaches pour son minimalisme, Jerry Lee Lewis pour ses côtés roots et violent, Brenda Kahn pour sa dérision, Chris Isaac et d’autres chanteurs de country, les White Stripes parce que "ils ont tout compris au blues et au rock"… Elle est intarissable aussi sur Marie Dubas, fantaisiste française des années 1930 et 1940, "qui savait faire rire mais aussi parler de choses plus réalistes, sur la France de cette époque".

Un début de carrière solo débuté sur les chapeaux de roues, qui laisse l’artiste épuisée. "J’ai peur d’arriver à saturation et de lasser le public, mais en même temps, mon album est récent et je ne suis pas encore allée dans certaines villes, Lille par exemple. Alors, je continue !" C’est sans doute pour cette raison que cette Aixoise aime retourner chez elle, dans le Sud de la France, pour savoir où elle en est, retrouver la "vraie vie".

Les accords basiques


C'est là-bas, vers l'âge de 15 ans, qu'elle a écrit ses premières chansons. Celle qui se rêvait comédienne, puis réalisatrice, s'est aperçue qu'elle passait son temps à chanter. Pas étonnant : à sept ans, elle commence des cours de chant avec une professeure qu'elle vénère encore aujourd'hui et qui lui donne les bases techniques indispensables à son métier. Enfant, Anaïs apprend aussi le solfège et le violon. Toujours pas de guitare. "La guitare, je ne sais en jouer que pour mes morceaux, reconnaît-elle amusée. Je ne connais même pas le nom des accords !".

A 29 ans, cette Aixoise fait peu à peu sa place dans le paysage musical francophone après une tournée menée à toute allure, avec un passage par les Découvertes du Printemps de Bourges en avril dernier, et la sortie de son album live, diffusé à 40000 exemplaires grâce à un excellent bouche à oreilles. Le prochain album est en préparation. Il sera, cette fois-ci, enregistré en studio et avec des musiciens. "Les chansons que j'imagine pour la suite ont davantage d'arrangements. Elles sont plus posées. Donc je l'enregistrerai avec des musiciens." Dès qu'elle en aura le temps…

Anaïs The Cheap show (V2/Sony BMG) 2005
En tournée en France jusqu'en mai 2006.

Mélanie  Bosquet