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Capter RFI

La nouvelle donne

Nombreux sont les auditeurs de RFI qui nous posent des questions sur les moyens de capter notre radio. Et de fait, la donne a changé. Les ondes courtes ne sont plus le mode de diffusion privilégié des radios internationales et les technologies des satellites ne cessent d’évoluer. Responsable des moyens de diffusion à RFI, Francis Ayrault cherche à optimiser les moyens de réception des programmes de la radio mondiale.

Dans l’esprit de beaucoup de gens, une radio internationale telle que RFI est liée aux ondes courtes, celles qui touchent les auditeurs les plus éloignés, qu’en est-il aujourd’hui ?

F. Ayrault : C’était vrai jusqu’en 1990 et RFI, par exemple, a émis essentiellement en ondes courtes depuis sa création en 1931 jusqu’en 1990. A ce moment-là, on a assisté à deux événements majeurs. Le premier, c’est l’éclatement de certains monopoles de radiodiffusion dans les pays de l’Est et en Afrique et l’autre c’est l’évolution considérable de la technologie liée aux satellites qui fait que, depuis la fin des années 80, on peut diffuser des programmes à partir de Paris vers n’importe quel point du globe avec une qualité optimale.

C’est donc la fin des ondes courtes ? On dit aussi qu’elles coûtent très cher 

F.Ayrault : Effectivement, l’onde courte coûte très cher. Il n’y a pas plus onéreux comme moyen de diffusion. Ca coûte cher et surtout ça demande une prouesse technique de la part de l’auditeur qui entend parfois à peine la voix du journaliste. L’onde courte est désormais le vecteur qu’on utilise quand on n’a pas d’autre choix, qu’il n’y a pas de FM et qu’on n’a pas les moyens techniques ou financiers de capter la radio via le satellite. Cela dit, RFI émet encore en ondes courtes à destination des zones rurales en Afrique et un peu en Asie.

Quelle part la diffusion représente-t-elle dans le budget de RFI ?

F. Ayrault : La diffusion représente un quart du budget total de l’entreprise et l’onde courte compte encore pour trois quarts de l’argent dépensé pour la diffusion alors que la grande majorité de nos auditeurs ont d’autres moyens de nous capter.

Et l’onde moyenne ? On voit que sont proposées sur le site www.rfi.fr des fréquences en onde moyenne à Paris par exemple. C’est du passé là aussi ?

F.Ayrault : Oui, c’est un vestige d’une technologie passée, en France en tous cas. Sur l’onde moyenne, on diffuse des programmes spécifiques en langue étrangère mais les auditeurs que ces programmes intéressent nous écoutent désormais via Internet. De plus, la zone de couverture de l’onde moyenne n’est guère plus étendue que celle de la FM et sa propagation n’est pas la même en fonction des saisons ou de l’heure du jour ou de la nuit… Je me souviens par exemple d’un auditeur russe en banlieue parisienne qui nous appelait chaque automne parce qu’il ne captait plus son émission à 6 heures du soir alors que ça marchait très bien l’été. Je pense qu’il a dû changer de mode de réception. En tous cas je n’ai plus de nouvelles.

Venons-en aux moyens de diffusion actuels : le nombre de relais pour diffuser RFI en FM a beaucoup augmenté ces dernières années. Cette tendance va-t-elle se confirmer ?

F.Ayrault : Le 1er relais FM de RFI, c’était en 1991 à Dakar, et aujourd’hui on a 150 relais permanents qui diffusent RFI 24 heures sur 24. La FM est particulièrement intéressante dans les zones de population dense, c’est-à-dire dans les villes. Aujourd’hui RFI est présente notamment dans les grandes villes de l’Afrique francophone, mais il y a encore des villes qui ne sont pas couvertes. Nous pouvons donc encore développer ce mode de diffusion en zone francophone, sans parler des zones anglophones ou lusophones. Techniquement, la FM correspond à ce que 99% des gens attendent de la radio sur le plan purement qualitatif. De plus, c’est un mode de diffusion qui a l’avantage de pouvoir s’écouter en voiture et donc de bénéficier d’une grande mobilité. La FM a donc de bonnes années de vie devant elle et RFI continuera à développer le nombre de ses relais FM un peu partout dans le monde.

Parlez nous de la couverture par satellite ?

F.Ayrault : Il faut d’abord dire qu’il y a plusieurs types de satellites. En premier lieu, il y a les satellites de puissance importante que l’on capte avec des antennes de réception très petites. C’est le cas de Worldspace , un type de satellite spécifiquement destiné à la réception radiophonique et qui se prête bien à la mobilité, c’est-à-dire qu’on peut installer ces moyens de réception dans des voitures ce qui était inimaginable il y a dix ans. Et puis il y a des satellites moins puissants qui nécessitent des antennes orientées précisément vers le satellite, plus ou moins grandes en fonction des émetteurs embarqués à bord. Le diamètre de ces antennes va de 70 à 90 cm pour recevoir les bouquets de télévision dans lesquels sont intégrés des radios, jusqu’à 2,5 voir 4 mètres pour les satellites les plus anciens. Mais la technologie évolue très vite et les grandes antennes sont de plus en plus rares. Aujourd’hui, une antenne de 70 ou 80 cm de diamètre permet de recevoir de l’image, du son et des données dans une qualité optimale.

Ces moyens de réception sont-ils forcément payants ?

F.Ayrault : Pour ce qui concerne RFI, la plupart de nos diffusions sont gratuites sauf quelques exceptions aux Etats-Unis. En Afrique, par exemple, capter RFI sur Worldspace est gratuit. Il faut quand même acheter le récepteur mais ensuite, vous n’avez pas à vous abonner.

Mais certaines chaînes du groupe RFI sont payantes, celle destinée aux marins par exemple ?

F.Ayrault : Vous parlez de RFI Marine, qui est une chaîne spécifique. La capter nécessite, c’est vrai, le paiement d’un abonnement de 100 euros par an qui vous permet de recevoir des informations marines et, en plus du programme audio, des cartes au format data. Donc, si vous connectez un ordinateur à votre récepteur Worldspace, vous pourrez recevoir des cartes de météo marine actualisées plusieurs fois par jour.

Et l’auditeur de RFI Marine a accès aussi à RFI ?

F.Ayrault : Oui, et même s’il n’est plus abonné à RFI Marine, il continuera de capter RFI sans payer.

Enfin, pour lever encore un doute chez les marins, les ondes courtes c’est fini ?

F.Ayrault : Il reste une demi-heure par jour sur l’Atlantique.

On peut voir sur le site de RFI que ses programmes sont aussi accessibles via le câble 

F.Ayrault : Le câble est un moyen de diffusion qui s’est développé au début des années 80 et qui stagne un peu aujourd’hui. Cela dit, c’est vrai que nous sommes accessibles sur certains réseaux câblés moyennant un abonnement auprès de l’opérateur.

Quels sont les endroits où RFI s’écoute le plus facilement ?

F.Ayrault : L’Afrique est le continent où il y a le plus de relais en FM, 80 sur 150 relais au total. Après, si on exclut les pôles Nord et Sud, il n’y a pratiquement pas de zones où l’on ne puisse pas entendre RFI via le satellite. Si vous avez un récepteur Worldspace par exemple, vous pouvez capter RFI en Afrique, du nord au sud et d’est en ouest, avec une très bonne qualité de réception. Et c’est la même chose en Asie.


Anne-Laure MARIE

Article publié le 03/11/2006 Dernière mise à jour le 03/11/2006 17:25 TU